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La hache du ministère public

La hache du ministère public

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Le livre d’Alessandro Sallusti sur l’entretien avec le juge radié Luca Palamara : “Le système” publié par Rizzoli, pourrait devenir le détonateur de l’explosion finale.

Après environ 30 ans, la bombe du pouvoir judiciaire a explosé, peut-être de manière irréversible, en Italie.

Depuis que Reginald Bartholomew, ambassadeur à Rome de 1993 à 1997, a organisé une réunion confidentielle à la Villa Taverna entre sept juges italiens encore inconnus et Antonin Scalia, juge à la Cour suprême des États-Unis de 1986 à 2016, une réunion au cours de laquelle le juge italo-américain, en accord avec l’ambassadeur, a voulu réprimander les juges italiens pour les violations continues des droits de la défense pendant la période de Tangentopoli (de tangente, « pot-de-vin » et de poli, « ville » en grec).

Bartholomew n’a jamais indiqué aucun des noms des sept juges, mais cela en dit long sur la manière antilibérale et justicialiste dont la justice est administrée en Italie, car il est vrai que les États-Unis se sont immiscés dans les affaires intérieures italiennes, mais, ce qui est encore plus grave, c’est que les sept juges se sont laissés convoquer par les représentants d’une nation étrangère, bien qu’alliée, en violation de leur serment à la Constitution et à la République italienne.

Le premier point à clarifier est lié à deux aspects structurels sur lesquels repose le système judiciaire italien :

  • Le premier aspect est lié à ce que l’on appelle les “poursuites obligatoires“, selon laquelle tout procureur adjoint qui a connaissance d’un crime, quel que soit le lieu et la manière dont il a été commis, est tenu d’ouvrir une enquête. Pour donner un exemple de l’absurdité de ce principe, il peut arriver, et c’est arrivé, que sur une montagne anonyme et reculée d’Afghanistan, des talibans kidnappent un soldat italien, la magistrature devrait alors ouvrir un dossier classique et commencer à enquêter, ce qui semble impossible, étant donné que les Talibans n’ont pas de parquet auquel le magistrat italien peut s’adresser et collaborer pour que les auteurs de l’enlèvement soient poursuivis conformément à la loi. Sans compter que Kaboul se trouve à 5 000 kilomètres de Rome à vol d’oiseau,  qu’il y a les limites géographiques particulières de ce pays, avec en outre, une forme d’État presque primitive qui relève très souvent de tribus qui s’affrontent depuis des siècles.
  • Le second aspect est terriblement lié au premier alors que les procureurs et leurs substituts ont été assimilés à des magistrats dans la Constitution et non comme la logique le voudrait, à de simples “avocats de l’accusation“. Cet autre énorme problème a permis et permet encore, malgré quelques très petits ajustements législatifs, de déclencher d’énormes conflits d’intérêts dans lesquels l’accusé, souvent et volontairement, est obligé de prouver son innocence au lieu que ce soit a  l’accusation de prouver sa culpabilité.

D’autres points critiques illustratifs sont ceux liés au fait que les magistrats mais surtout les procureurs ne sont responsables devant rien ni personne de leurs erreurs et, quand tout va bien pour les accusés qui ont été acquittés, ce sont les contribuables qui paient. Sans parler du fait que plusieurs procédures pénales peuvent être ouvertes pour le même délit et assister impuissant au premier procès, au deuxième procès, au troisième procès et au quatrième procès, chacun avec des peines différentes.

À présent, Palamara intervient pour détruire le monde judiciaire italien déjà détruit, et à un certain moment de son livre, il déclare :

  • « Un bon procureur, s’il a dans son bureau un couple d’adjoints et de substituts intelligents, un huissier de justice qui fait les enquêtes sur le terrain tout aussi compétent et amical avec les services secrets, et si ces messieurs ont des relations étroites avec un couple de journalistes de journaux importants – et surtout avec le juge qui doit décider des procès, peut-être en fréquentant son domicile – … Eh bien, si une situation comme celle-ci est créée, ce groupe et ce parquet, croyez-moi, ont plus de pouvoir que le Parlement, que le Premier ministre… surtout parce qu’ils font partie d’un “Système” qui les a mis là et qui les laisse faire, en plus de les défendre, bien sûr ».

Une accusation d’une intensité nucléaire qui mériterait que le Conseil supérieur de la magistrature intervienne avec son président, pour arrêter cette avalanche et initier une sérieuse réflexion et un changement radical.

Si nous ajoutons à cela les accusations de Palamara sur le monde politique, le tableau est complet car l’accusation de l’ancien juge ne concernerait qu’une seule force politique, le PD, auparavant le DS, préalablement le Pds et, à l’origine le Pci.

Et dans ces sièges de parti, il affirme que c’est là que l’on a décidé qui serait le Procureur et tout autre poste avec des négociations lors de dîners, dans des bars et des restaurants entre les flatteurs et les amis politiques.

Si les allégations du livre étaient vraies, et il n’y a aucune raison de croire qu’elles ne le sont pas, un pays sérieux et digne de ce nom exposerait le tout afin de pouvoir tout reconstruire.  Voilà la première vraie réforme qui devrait être faite car sans une justice qui fonctionne tout explose.

About Author

est né à Naples où il a obtenu un diplôme en histoire et en philosophie. Il a collaboré avec plusieurs magazines et journaux, dont "Ore 12", l'Avanti, l'Eco del Golfo et le magazine Events Karate. Il est l'auteur de la monographie intitulée "I furbetti della Penisola" et termine actuellement "Andreotti, Craxi et Moro visti dalla CIA".

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