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Matérialité, émotion, intelligence et pensée abstraite: Quelles sont les prérogatives de l’Homme vrai ?

L’étude de la soi-disant « théorie évolutionniste » aujourd’hui à la mode est une sorte d ‘« opacité » de la vérité, une mystification du mensonge et de l’ignorance dont elle descend. C’est une représentation classique de l’intelligence « enfantine » typique de cette phase de développement.

L’homme est habitué, en tant qu’enfant irresponsable et inconscient, à jouer avec les idées et avec l’énergie de la pensée comme s’il s’agissait d’un jeu, ignorant les effets qui en découlent sur la structure et la qualité de sa vie personnelle et sociale, ainsi que sur les possibilités de réels progrès futurs.

L’histoire enseigne, à peu il est vrai, les conséquences terribles des organisations malheureuses proposées par les hommes, en ce qui concerne la vie économique, politique et sociale des groupes nationaux et ethniques, les civilisations s’alternant sans cesse en raison de leur désintégration, due uniquement à la corruption de la pensée humaine et aux comportements qui en résultent.

Pourtant, les individus étudient, pensent et produisent des idées, étant, la plupart du temps, totalement inconscients de la vraie sagesse et des règles de la nature, en dépit des connaissances importantes et variées des écrits anciens produits par les maîtres et les philosophes de tous les temps.

Il semble que l’esprit des humains d’aujourd’hui est bien préparé à percevoir des mensonges grossiers, parfois déguisés en vérités solennelles, et des idées fausses ainsi que de vaines pensées de toutes sortes, produites par un travail zélé d ‘étude et de recherche, qui, pourtant est tout sauf l’affirmation de la vérité. L’étude de la sagesse ancienne ou moderne n’est pas à la mode (ironiquement), puisque le contenu de la vérité ne change pas avec la succession des époques.

Mais à quoi est dû le niveau d’ignorance dans lequel se trouve l’humanité ?

La prédominance chez les individus de l’émotion et du matérialisme, qui conduit inévitablement à la recherche du plaisir et de la sensation liés pour la plupart des gens, à la possession de choses matérielles.

Par conséquent, la vie prend comme dimension dominante la dimension matérielle et dans ce cas, n’apparaît pas l’ombre de la moindre pensée abstraite, la seule réellement capable de secouer l’homme de sa torpeur et de mettre un peu de lumière dans son esprit ignorant et enfantin.

Certainement, parce que le monde des idées (« … le nuage des choses possibles… » comme Patanjali l’a défini) n’est aucunement lié à son propre avantage personnel, ni au plaisir, encore moins à l’émotion ou à l’esprit concentré sur le contingent mais plutôt à la recherche de ce qui est invisible, transcendantal, métaphysique, au-delà de la possibilité d’être perçu par les sens si ce n’est par le sixième sens :

  • l’intuition,
  • la vision mystique,
  • la pensée du philosophe, du génie et de l’artiste,

Sans lequel l’humanité enfantine se serait déjà autodétruite, dans ce néant vide de raison, dans des activités stériles de vérité, porteuses uniquement de matérialité qui évoque des émotions et des pensées, source de tout délit et crime contre l’ordre naturel des choses et contre les hommes eux-mêmes.

Et oui, parce que l’homme, dans sa tentative enfantine, mais en tout cas terriblement nuisible, organise toute sorte de plans et élabore toutes sortes d’idées et de projets dans le seul but de satisfaire ses désirs, sa propre recherche de sensations ainsi que la satisfaction du désir de pouvoir et de possession, qui ne sont rien d’autre que l’autodestruction de soi et de la création qui l’entoure.

Et donc la soi-disant science officielle  va jusqu’à élaborer des théories du type darwinisme social, en d’autres termes une conception de la vie relationnelle des hommes fondée sur la compétitivité entre les forts, à l’exclusion des faibles, selon (l’affirment-ils) une juste loi sélective de la nature qui récompense l’efficacité et qui est donc comprise comme une capacité de domination par rapport aux autres individus.

Cette approche prive l’homme sans qu’il le sache, de ses principales prérogatives, qui le distinguent clairement de l’animal : l’intelligence qui permet une domination de l’instinct (survie) d’où les animaux (innocents) tirent leur force pour leur existence et leur développement.

Mais l’homme devient « roi de la création », pour sa capacité à comprendre les mécanismes de la vie et les lois à la base de la nature qui l’entoure et, par conséquent, assume la prérogative de vaincre son « animalité » et de s’élever dans un acte de dignité suprême, au-dessus de ces forces dont il est capable d’être conscient.

Cependant, l’humanité d’aujourd’hui, bien que fière de sa capacité de connaissance et de compréhension de la nature et des mécanismes fondamentaux de la création, ne tourne pas sa meilleure partie se basant sur le processus mental scientifique et donc abstrait vers une plus grande noblesse de la vie quotidienne. Elle se jette dans le monde ancestral des animaux, dont elle sait venir et dont elle assume des comportements identiques et rejetant sa propre dignité, annule l’intelligence naturelle qui la place au-dessus de tout royaume naturel.

Avec pour résultat le crime, le confort de la pensée « relative » tellement à la mode. Tout est possible, tant que cela fait partie d’un intérêt personnel, c’est-à-dire de l’éthique et de la morale construites « sur mesure », acte grave et suprême d’irresponsabilité de cette humanité enfantine, source de destruction continuelle des civilisations qu’elle construit et de ralentissement du développement de la condition humaine vers l’apparition de l’Homme vrai : Fils de Dieu, intelligent, bénéfique aux autres créatures et au monde, ainsi que solidaire et sauveur de ses semblables.

La folie de l’humanité d’aujourd’hui est douloureuse. Elle a été bien mise en évidence par l’un des plus grands docteurs de l’Église chrétienne, Saint Augustin, dans son œuvre Omnia « Les Confessions », dans laquelle il se plaignait du comportement stupide de ses contemporains les renvoyant aux folies et aux fantasmes d’auteurs complètement déconnectés du monde de la réalité. Ils attachaient une grande importance aux livres d’histoire sans la moindre preuve réelle et concrète d’un fondement de vérité ou sur des faits relatés qui n’étaient que de simples fantasmes d’écrivains s’efforçant de remettre en question l’authenticité des Saintes Écritures.

L’humanité enfantine avec son intelligence puérile n’a jamais donné naissance à une stupidité et une bêtise plus grandes !

Et de même, la théorie darwinienne de l’évolution qui, bien que dotée d’une certaine intuition, ne peut à elle seule expliquer l’immense pouvoir et la complexité du processus évolutionniste, mais que la science officielle « mutile » pour se référer à l’évolution du comportement humain, selon l’hypothèse de la nécessaire compétitivité entre les individus, basée sur la loi du « meilleur ». De cette approche ignorante découlent d’importantes iniquités sociales et économiques qui caractérisent le monde actuel, avec une inégalité terrible et grave dans la répartition de la richesse mondiale, au point que peu, trop peu d’individus possèdent plus de la moitié des ressources mondiales, alors que la majorité de la population vit encore dans des conditions de pauvreté indescriptibles.

De même en dérivent des attitudes criminelles de tout type, souvent « légalisées » par un système juridique qui est une copie parfaite des perversions présentes dans l’ esprit des hommes, totalement aveuglés par leur intérêt personnel et la dimension matérialiste-émotionnelle de leur existence.

L’intellect, lorsqu’il est minimalement développé, s’arrête à l’analyse des conditions qui peuvent bénéficier à l’individu par rapport aux autres, et dans le cas de l’intellectuel, à un matérialisme analytique sinistre et ignorant, qui réduit la science à un profond trou noir d’ignorance, reconfirmant le dicton de la sagesse antique : « L’intelligence tue le réel ».

L’homme doit donc s’engager à développer le raisonnement abstrait, la « raison kantienne », seule ressource qui le distingue de l’animal et qui peut le ramener à une relation équilibrée avec la nature et les autres hommes.

Il est nécessaire de penser au-delà de son propre intérêt personnel, à la recherche de l’inconnu, de l’invisible, du transcendant, de l’équilibre et de la beauté, comme le véritable artiste qui poursuit l’inspiration par la méditation, la vision mystique, puis ramène cette intuition dans l’œuvre d’art en utilisant l’esprit de raisonnement. C’est ainsi pour le génie et le mystique de tous les temps, comme pour le véritable philosophe.

 C’est seulement ainsi que la vérité, qui est devant les yeux de tous, apparaît dans toute sa lumière, sa beauté et sa magnificence, mais non pas parce qu’elle était cachée mais parce que les hommes ne pouvaient pas l’observer, aveuglés par leurs désirs de possession et de plaisir, comme tout autre animal mammifère.

Par conséquent, le secret de la vie consiste à guider le « miroir » de l’intelligence dans la bonne direction :

  • vers le bas, les « ténèbres de la matière », avec toutes ses conséquences en termes de conditionnement fort de la nature animale présente chez l’homme et seulement dormante pour donner de la force aux activités de la pensée, les émotions, la recherche de la sensation du plaisir, le désir des possessions et les crimes qui en découlent, jusqu’à une science réduite à une « chambre noire » pour les ignorants et les aveugles, ou
  • vers le haut, vers « la lumière du Soleil », de la pensée abstraite qui, développée de manière appropriée, conduisant à l’intuition et à la vision, à la perception de la réalité, ramenant la psychologie humaine à son équilibre naturel de respect de l’autre et de la nature environnante, d’attitudes de solidarité et d’assistance, ainsi que d’introspection de l’invisible afin de saisir les profils de la réalité cachée et de la vérité.

Comme l’a dit un ancien maître de l’humanité : « … la Vérité te rendra libre… », et un autre « ….. il n’y a qu’un seul mal l’Ignorance et un seul bien la Connaissance… ».

L’intelligence dirigée vers la « Lumière du Soleil » manifestera l’ Homme vrai, intelligent, le Fils de Dieu, solidaire et sauveur des règnes naturels inférieurs et de lui-même.

By Prof. Simon Moshe Cohen

graduated from Harvard University in literature and philosophy of art. Professor of Moral Philosophy at the University of New Delhi, he studies and researches the most current themes of literature and modern art, highlighting its content and its links with the inner and outer life of humanity today.