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Économie

La valeur dans la société – Concept, Origine et Répartition

Les individus des sociétés contemporaines ont-ils une conception précise de la « valeur » ? Autrement dit, sont-ils conscients de l’origine de la richesse et de l’importance de leur travail ainsi que des effets qui déterminent la qualité de leur travail sur le bien-être de la société dans son ensemble ? L’impression est qu’il existe une grave pénurie « d’éducation culturelle » qui produit des effets négatifs sur les processus de production de la richesse et sur les mécanismes de leur distribution.

Conscience de la valeur sociale

Dans le monde contemporain, la perception des revenus est réalisée à travers l’utilisation de la monnaie. Par conséquent, le public acquiert une partie de la richesse en formation en transférant un stock de « pouvoir d’achat » (monnaie-argent) sous la forme de salaires et de traitements (travailleurs) ou d’intérêts-dividendes-bénéfices (capitalistes).

De ce phénomène provient l’aspect bien connu de «l’illusion monétaire » en ce sens que le revenu (la valeur en formation) est perçu en termes « financiers », c’est-à-dire comme des stocks de trésorerie. Par conséquent, en présence d’une augmentation de la valeur « nominale » (monétaire) des ressources économiques, les individus pensent posséder une plus grande richesse (valeur).

En réalité, cette circonstance pose les prémisses d’un processus inflationniste en raison d’une hausse généralisée des prix si l’augmentation de la demande de consommation des citoyens ayant enregistré une augmentation de leur disponibilité monétaire (revenu) ne correspond pas à une croissance « réelle » du volume des biens et des services présents sur le marché, résultat de la production des entreprises. Celles-ci peuvent, en présence d’une augmentation de la demande de leurs produits, réagir avec une augmentation des prix et/ou de la production. Ce qui n’est pas surprenant, car l’objectif des producteurs est l’augmentation des bénéfices, qu’ils estiment possible grâce à l’utilisation du levier de prix et/ou à l’augmentation de la production.

En outre, rétrospectivement la richesse financière pour être correctement « mesurée » doit se rapporter au pouvoir d’achat de la monnaie, évidemment connecté au niveau des prix (taux d’inflation), en ce sens que des prix plus élevés = une capacité inférieure d’achat pour des revenus monétaires constants. Cela implique qu’une augmentation nominale (monétaire) du revenu par habitant ne peut pas représenter une augmentation de la richesse « réelle » des individus, si elle correspond à la même augmentation de prix en termes relatifs (en pourcentage).

Il n’est donc pas surprenant de constater que le public perçoit la « valeur » en termes monétaires et, qu’en fait, il est pratiquement « inconscient » de la notion réelle de la richesse possédée.

Concept et origine de la valeur

Le terme « économique » sous-entend le concept de « travail » dans son sens le plus large, avec pour résultat la production de biens et de services pour satisfaire les besoins des individus (consommation). C’est le cas pour les produits de subsistance, pour le développement des connaissances (éducation scolaire, information professionnelle et générale), pour la santé et l’hygiène publique et pour tout autre besoin privé et collectif grâce à la fourniture des services publics. Dans de tels cas, les biens (et services) produits assument la qualité « d’économique », car ils ont une « utilité » en raison de leur capacité à répondre aux besoins spécifiques de consommation et de production. Dans les sociétés primitives, le travail « économique » traitait des activités de chasse et de pêche, et ce n’est que plus tard qu’il a assumé l’aspect « organisé » de la production agricole, suivi de l’expansion de l’artisanat et du commerce. Le progrès technique et l’accumulation de capital, résultant des activités marchandes, ont jeté les bases de l’avènement de la « révolution industrielle » et de la naissance du travail en usine. Le développement de la richesse et l’innovation technologique ont conduit au démarrage de la production de biens « immatériels » et à la multiplication de ces « matériaux », facteurs de la division accentuée du travail en systèmes de production modernes. Ce processus (division du travail) fixe les conditions d’une utilisation « massive » de la monnaie, faute de quoi il n’est pas possible de partager la valeur du produit entre les participants aux productions (traitements-salaires-profits). Et comme cela a déjà été dit, l’« illusion monétaire » provient de ce phénomène qui implique une perception de la richesse possédée principalement en termes monétaires et financiers.                                                                     L’aspect essentiel et absolu que nous tenons à souligner est que la « notion de valeur » coïncide, pour l’essentiel avec celle de « biens- utilité économiques » et non pas avec « la disponibilité monétaire ». Ce qui signifie que la valeur est le résultat d’une activité de travail visant à produire « l’utilité » essentielle à la vie des individus et que, par conséquent, la richesse de la nation correspond à la quantité totale de biens et de services produits et disponibles pour les activités de consommation et d’investissement. Il y a donc croissance de l’économie si la production augmente ainsi que la quantité globale du produit qui en résulte.

Répartition de la valeur

Le revenu (valeur différentielle) est produit de manière « primaire » par des entreprises de tout ordre et de tout grade, autrement appelées sociétés de production. La « nouvelle richesse » ainsi générée (revenu) est distribuée à la source au moyen de traitements et de salaires, de rémunération versée au capital sous forme d’intérêts, de dividendes et de profits, et enfin à l’administration publique sous forme de taxes et d’impôts. Le fonctionnement de l’appareil étatique et la fourniture de services publics sont assurés par l’utilisation des ressources économiques acquises en tant que « recettes fiscales ». En présence d’un excédent de dépenses (« sorties » supérieures aux « recettes »), se manifeste un déficit de trésorerie qui peut être compensé par l’émission de titres publics.

Il apparaît donc clairement au lecteur que la valeur produite « à l’origine » dans les entreprises est répartie ensuite entre les citoyens et l’administration publique. Il est également évident que le fonctionnement de l’appareil étatique ne peut avoir lieu sans la mise en place d’un flux adéquat de recettes fiscales qui ne peut être atteint qu’en présence d’une économie productive et efficiente ou à travers les processus de production menés dans les entreprises, publiques et privées de tout niveau. Il s’ensuit que l’administration publique n’est en mesure d’assurer une production de services efficace que si l’économie du pays est saine et en pleine croissance, en raison de la prospérité des entreprises. En outre, la dette contractée due aux déficits de trésorerie peut être remboursée par la formation d’excédents économiques ultérieurs (montant des recettes plus élevé que celui des sorties) en raison de la croissance des recettes fiscales durables, c’est-à-dire de la croissance de la richesse. La situation observée dans le contexte économique moderne est bien différente. Des économies sont « asphyxiées » avec de sérieuses difficultés à suivre la voie du développement, si elles ne sont pas, de plus, affectées par de véritables phases « récessives », et ceci en raison d’une « gouvernance » inefficace, trop souvent « déprimée » et des politiques monétaires nuisibles pour leurs effets sur la production, négligeant d’élaborer des politiques économiques appropriées pour soutenir les entreprises, l’emploi et la vie économique des familles. De plus, les déficits de trésorerie des ministères sont constants, voire en hausse, d’une année à l’autre. Ce qui entraîne une augmentation de la dette publique à des niveaux « non viables » en termes de paiements d’intérêts et de remboursement de titres arrivant à échéance qui, est réalisée généralement en émettant de nouvelles dettes, suivies par des politiques fiscales « agressives », typiques d’un État « prédateur », qui n’a pas l’intention de réduire et/ou d’abandonner les privilèges économiques de la classe dirigeante, politique et bureaucratique. Il en résulte une réduction de l’augmentation des ressources disponibles du secteur « privé » de l’économie, le seul capable de générer une « valeur primaire », par rapport aux productions réalisées par les entreprises. La société est donc ainsi « stratifiée » en catégories de « producteurs » et de « parasites », ces derniers étant soutenus par les ressources du secteur privé.

La possibilité de remédier à la situation décrite ci-dessus ne peut se faire que d’une seule manière, réorganiser le système d’administration publique en visant à éliminer les disparités généralisées (gaspillage et corruption) et l’inefficacité grave et pernicieuse de la conduite de l’économie (politiques économiques) et ce dans l’intérêt primordial de la population.

Éducation, valeur et distribution de la richesse

L’impression est que la société civile n’a pas une représentation « conceptuelle » adéquate de la notion de valeur et de son origine. Et en effet, la majorité des individus en âge de travailler sont orientés vers la recherche d’un emploi dans le but d’abord de satisfaire leurs aspirations, n’adhérant pas toujours aux compétences et aux talents réels développés, puis, dans le cas d’une « frustration » des vœux exprimés, ils se retrouvent dans une situation où ils sont prêts à accepter toute opportunité d’emploi, en raison de la nécessité urgente et pressante de produire un revenu minimum pour assurer leur autosubsistance. Le fait est que le citoyen moyen ne prend pas toujours conscience de son rôle au sein de l’entreprise dans laquelle il travaille (société ou organisme d’administration publique), en ce sens qu’il est généralement « sourd » aux besoins économiques d’une institution, en termes de productivité, de coût et de responsabilité dans l’accomplissement de ses fonctions, le « salaire » étant le seul objectif réel en raison du phénomène de « l’illusion monétaire ». Mais alors il se peut que le revenu perçu ne corresponde pas à une quantité « d’utilité » identique à celle produite en termes de performance professionnelle et offerte à l’employeur, public ou privé. Il en résulte des conséquences indésirables sur l’efficience et l’efficacité des processus menés par les entreprises : dans le cas des entreprises, par une réduction de la valeur globale générée ; dans celui de l’administration publique, par une efficacité réduite de l’utilisation des ressources reçues du secteur privé, principalement par le biais du régime fiscal et ensuite par l’émission de titres de créance. Ce phénomène regrettable cause de graves dommages économiques à l’ensemble de la communauté, car on assiste ainsi à une réduction du produit global (richesse nationale) et à une utilisation inefficace des ressources drainées par le secteur privé, entraînant un fonctionnement insatisfaisant de l’appareil étatique.

Une action éducative appropriée est donc nécessaire, principalement de type scolaire, capable de sensibiliser le public au contenu de la « notion de valeur ». De cette manière, chaque citoyen devient plus responsable envers lui-même et envers toute la communauté pour la « qualité » de sa performance au travail, étant pleinement conscient que la richesse est générée de manière « primaire » par les entreprises de tout niveau  et qu’elle est ensuite distribuée aux familles et aux organes de l’administration publique en utilisant la monnaie afin de satisfaire les besoins privés et publics de la société moderne. Par conséquent, toute attitude d ‘« indifférence » d’un individu à l’égard de la qualité de son travail semble être un acte contraire à « l’ordre naturel » de l’économie, causant de graves défaillances dans le fonctionnement des systèmes de production modernes et nuisant à la collectivité économique.

Une société économique fondée reelement sur la connaissances ne peut donc pas négliger le besoin pressant d’assurer une pleine conscience de ses citoyens sur la notion exacte de la valeur comprise comme un stock de « produits utilitaires » avant même que comme « disponibilité monétaire », sur les particularités du « travail économique » et sur la production de « l’utilité » qui en résulte ainsi que sur les modes de comportement qui permettent une utilisation équilibrée libérant les individus de l’illusion monétaire.

 

By Prof. Moreno Pierangeli

alias Prof. Luigi Moreno Panzone.
Né à Cerratina di Pianella - Pescara - le 15.09.1957, de Cosetta Maria et Lelio Edmondo.
En 1979, il obtient le diplôme de Pianiste, sous la direction avisée de Maestro Luciano Cerroni.
En 1982, il obtient un diplôme en économie et commerce avec une note de 110 sur 110 avec mention.
En 1983, il rejoint l'Université G. D'Annunzio en tant que chercheur permanent.
En 1987, il rejoint la même université en tant que professeur titulaire du IIe niveau, dans le groupe de disciplines "techniques bancaires et professionnelles" en charge de la même chaire.
De 1988 à 2005, il occupe le poste de directeur général de plusieurs grandes institutions financières et bancaires.
De 1990 à 2000, il occupe le poste de contrôleur légal des comptes dans divers établissements bancaires.
Il est l'auteur de plusieurs publications dans les domaines de l'économie des intermédiaires financiers et de la finance d'entreprise et de marché.
En 2017, il co-fonde la revue scientifique The Global Review, dans laquelle il signe sous le pseudonyme de Moreno Pierangeli, en honneur et en mémoire de sa mère qui est décédée subitement à la même période.
Il occupe actuellement le poste de vice-président de l'OIDE - Organisation internationale des investissements économiques, dotée de la personnalité juridique internationale.