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Agriculture vs Développement dans les pays du tiers-monde

L’histoire du développement économique des nations pendant les derniers siècles se caractérise depuis le début de la révolution industrielle par un apport technologique considérable et par la croissance de la productivité du travail (en usine) accompagnés généralement par un processus d’urbanisation et de « prolétarisation » des masses, avec un déplacement massif des individus à la recherche d’un emploi en usine, de la campagne vers les centres urbains.

Ce processus a également mis en évidence une croissance de la productivité agricole, avec une réduction des effectifs et dans certains cas avec la baisse des prix alimentaires et de la rémunération horaire des employés. En outre, le capital national lié aux terres agricoles a également été réduit en raison de la perte de valeur dans certains contextes géographiques. La phase suivante du développement fut l’avènement et l’expansion du secteur tertiaire (services) caractérisé typiquement par une productivité plus faible du capital et du travail sans pour autant être moins rentable.

La recherche de profits croissants, ou tout au moins sans déclin, a motivé le début d’un processus de mondialisation économique caractérisé par un mouvement intense des capitaux et des marchandises. L’avantage de la délocalisation de la production vers les zones économiques défavorisées repose principalement sur la présence d’une main-d’œuvre bon marché abondante, ainsi que sur des avantages fiscaux et des législations du travail moins contraignantes.

Il est donc possible de produire ainsi les mêmes produits mais à un coût nettement inférieur, d’exporter vers les marchés riches avec de meilleurs résultats en termes de revenus.

Dans de tels scénarios, les populations des pays touchés par ce phénomène n’ont pas amélioré sensiblement leur niveau de vie en raison des politiques de bas salaires qui ne permettent pas une croissance effective de leurs normes économiques. L’augmentation de la production se traduit en fait, par des flux d’exportation plus élevés plutôt que par une croissance de la demande intérieure. Le même phénomène est attribuable à l’exploitation des ressources naturelles des pays pauvres, qui en général n’a guère contribué à la croissance substantielle de la consommation et au niveau de vie économique des populations locales.

Dans la plupart des cas observés, un processus regrettable d’abandon des terres à la recherche d’un « emploi salarié » dans les centres urbains ou dans les lieux d’exploitation des ressources naturelles s’est manifesté parallèlement, avec pour résultat des taux de chômage élevés et de faibles niveaux de salaire horaire insuffisants pour assurer une véritable autonomie économique.  Les individus se sont donc retrouvés dans la situation déplaisante de perdre leur propre liberté découlant d’un travail axé sur l’activité agricole même pauvre pour devenir « des prisonniers rémunérés » quelquefois à un niveau insuffisant.

Ainsi, le processus de mondialisation économique n’a pas produit des avantages substantiels pour la majorité des peuples des pays en développement, aggravant même dans certains cas la précarité de la situation économique et sanitaire des individus et des groupes.

L’auteur est donc fermement convaincu de la nécessité de « faire un pas en arrière » dans de nombreux contextes environnementaux impactés par une croissance due au capital « étranger », en raison du développement des productions industrielles et de l’exploitation des ressources naturelles.

C’est-à-dire que dans ces pays, les politiques économiques pourraient se concentrer sur le soutien des petites activités agricoles sans créer d’obstacles au développement de l’industrie et de la production capitaliste. De cette manière, il serait possible de réduire le nombre des travailleurs industriels à la recherche d’un emploi, en employant une partie de la main-d’œuvre dans le développement de la production agricole centrée sur des petites propriétés qui, en outre , seront très utiles pour alimenter l’offre de produits locaux sur les marchés urbains et répondre à une demande croissante due au processus d’urbanisation. Le résultat serait une augmentation de la production au niveau national, avec une propagation du bien-être économique dans les zones périphériques, normalement exclues du développement économique.

Les politiques économiques devront donc être centrées sur trois objectifs principaux :

  • Assurer une éducation scolaire de base pour la population des campagnes, permettant ainsi une formation professionnelle ultérieure, afin d’utiliser sciemment les meilleures techniques de production agricole adaptées au territoire en raison des conditions climatiques et des caractéristiques des terres cultivables ;
  • Promouvoir la diffusion de l’utilisation des technologies de l’eau, afin de rendre les terres irrigables et d’assurer une quantité adéquate d’eau potable dans les villages. Ces investissements peuvent assumer le profil « d’interventions d’organismes publiques » ;
  • Mettre en œuvre des politiques de « prêts facilités » pour les petits exploitants agricoles afin d’encourager l’utilisation des machines et des équipements pour accroître la productivité des terres et améliorer la qualité des produits.

De telles initiatives ne pourront aboutir qu’à un développement du bien-être économique et du style de vie des larges couches des populations africaines et asiatiques qui sont aujourd’hui  principalement  abandonnées dans des conditions absolument désastreuses et misérables, véritable scandale planétaire contraire à l’ordre naturel des choses et de la création.

En y réfléchissant bien, les investissements publics nécessaires pour favoriser un tel développement ne semblent pas être exorbitants, du moins par rapport à d’autres interventions d’infrastructures visant à soutenir la production industrielle. Ils seraient compatibles avec les maigres ressources disponibles dans les budgets étatiques des pays en développement.

D’un autre côté, les organisations internationales chargées de soutenir le développement de l’économie dans toutes les régions de la planète pourraient également consacrer une partie des ressources disponibles et financer la réalisation de tels projets agricoles dans les pays qui présentent les caractéristiques nécessaires à la réussite d’une telle initiative.

Ing. Joelle H Touitou
Computer Engineer and Business Woman with extensive experience in various fields within the Israeli and American Hi-Tech industries. Joelle has developed numerous algorithms in the field of medical engineering and has worked for many years in executive positions in business development, marketing, and sales. Today, she collaborates with several humanitarian organizations, and holds the position of Ambassador at the international economic organization OIDE.
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