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Une impulsion irrésistible au suicide

La crise de l’esprit européen s’accélère nettement.

Une grande partie de la population, sur laquelle une paideia (culture) subversive a travaillé pendant des décennies, a fondamentalement accepté un mode de vie convulsif, révolté et tordu, à condition qu’il puisse lui paraître de plus en plus confortable et sans responsabilité.

Même dans une situation de dégradation de ce modèle séduisant et hypocrite, il est compréhensible qu’on écoute chaque sirène divergente et qu’on suive chaque illusion de substitution établie directement ou indirectement par le système, afin de ne pas avoir à se retrouver tragiquement le dos au mur et face à un choix sans échappatoire.

Il n’est donc pas surprenant que ceux qui célèbrent

  • leur propre insignifiance,
  • leur disparition progressive, et
  • leur nullification finale,

accusent avec une stupidité idéologique ceux qui tentent de les remettre sur la bonne voie

  • de réactionnalisme,
  • d’apocalypticité,
  • de conspiration,
  • de populisme brut,
  • d’instincts vulgaires,
  • de fascisme, mal absolu du monde.

Il n’y aura jamais un processus logique ou social, même s’il est véridique ou même durement pressant, capable de changer sa vision du monde maintenant totalement corrompue, sinon une authentique tragédie d’époque, que nous voudrions lui souhaiter cordialement, sauf que nous y serions malheureusement nous-mêmes impliqués.

Ce qui nous étonne est de voir que trop de gens, qui autrefois se définissaient eux-mêmes conscients d’un tel clinamen (bien compréhensible et anticipé par nous depuis des décennies) et qui se représentaient eux-mêmes comme des lutteurs contre-tendance, se sont maintenant rendus heureux, bien qu’avec mille subterfuges et présomptions.

S’approchant de plus en plus du redde rationem (jugement dernier), ils semblent tout simplement risibles, non seulement pour le bêlement multiplié et douloureusement démoralisé du troupeau de gauche maintenant privé de toute raison historique et enveloppé davantage dans la fausse représentation de leurs droits le plus souvent déviés, utiles pour les véritables bas-ventres et pour éviter l’heure inévitable du déclin, comme beaucoup d’ex-droitiers ou pire d’ex-fascistes, maintenant incapables de se tenir clairement en garde contre toute représentation et tout fantôme du système dominant.

Il n’y a plus de marges pour la médiation.

Tout a été consommé au-delà de l’espoir, de la mesure et de l’opportunité. Il ne reste qu’une opposition totale, mortelle, sans aucune attente crédible sinon au-delà de la ruine et de la guerre d’élimination. Le fait qu’il s’agisse de phases et d’instruments peut-être complètement différents de ceux du passé ne change rien au diagnostic. Nous devons le comprendre une fois pour toutes.

Pour plus de clarté, nous devons également dire que toutes les occasions qui, dans le passé, nous empêchaient de parler en toute sincérité de l’un des tabous majeurs de notre modernité, à savoir la religion qui est venue s’exprimer de façon onctueuse sur notre patrie, sont maintenant complètement consumées et déraisonnables.

Le paroxysme anti-national et anti-européen de l’actuelle prédication catholique et surtout italienne est maintenant – ici en Italie – insupportable pour ceux qui n’aspirent pas au suicide, avec des indifférents sournois opérant derrière les coulisses intéressées de la sacristie. D’autres beaucoup plus honnêtes, dans l’impossibilité absolue de toute autre alternative, nourrissent les impulsions homicides.

Il n’y a plus de marges pour la médiation. Nous répétons cette conviction sachant aussi que nous ne pouvons nous faire aucune illusion sur les acteurs (internes et externes) de notre drame social, puisqu’ils sont tous conditionnés, certains plus que d’autres, par mille remords, doutes, faiblesses, poches noires et confusion idéologique inéliminable qui en découlent. Trop d’exhortions ou de chantage.

Mais nous savons aussi que c’est ce que le moment historique nous offre et, stoïquement, nous devons faire face aux forces et aux potentialités sur le terrain.

Nous ne nous intéressons donc pas aux discussions purement théoriques (nombreuses – justes – encore légitimes) sur les systèmes hypothétiques les plus élevés comme si nous étions dans une Arcadie accessible – le temps a aussi expiré pour les utopismes de salon, de bibliothèque ou de tour d’ivoire.

Les forces sur le terrain sont des vecteurs idéaux, moraux et matériels, opérant brutalement, sans répit et sans échappatoire pour qui que ce soit.

La réalité a dépassé, comme cela arrive souvent dans les meilleurs moments, chaque fantasme philosophique, littéraire et créatif.

Dott. Sandro Giovanninihttps://www.heliopolisedizioni.com/
Cultural organizer, writer and founder of numerous and qualified magazines in the field of culture and art, he has published monographs on the subjects of literature, philosophy and metaphysics. Designer and decorator of important environments he is also a sculptor of remarkable skills and an eclectic artist with broad views and consolidated prestige.
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