Categories
Marchés Financiers

Le bien-être n’est plus l’objectif des marchés financiers

Nous avons tous compris qu’après la première vague de la pandémie du coronavirus, avec le blocage de la vie sociale et économique qui en découle, il y aurait des changements et des répercussions inévitables sur les scénarios habituels de la vie publique et privée :

L’idée répandue est que rien ne sera plus comme avant, avec toutefois des différences substantielles.

Un mouvement sur les marchés financiers déjà en cours est seulement accéléré par ce facteur qui a pris tout le secteur par surprise et en termes globaux, fort, drastique, dans un monde tout ” enveloppé dans un marasme “, dans la conviction profonde que la dynamique va dans la bonne direction et que les tendances ne peuvent pas s’aggraver.

Cette “illusion” des opérateurs pourrait être définie comme “le risque d’ignorer le risque“, rendu de plus en plus évident par la déconnexion des secteurs financiers de l’économie réelle, dont les principales variables ne signalent certainement pas le “beau temps” : il suffit de voir la situation politique et géopolitique, les fortes incertitudes en termes de croissance et de développement, les dettes publiques et privées à des niveaux record.

Malgré cela, en dépit du scénario mondial décourageant, la tendance des marchés tend à augmenter avec les principales valeurs cotées dans une condition de “bulle spéculative”, ce qui suggère de graves crises de prix et des effets négatifs conséquents sur l’économie réelle, pour aggraver une situation déjà difficile.

Un exemple de ces jours est la tendance des titres Kodak, qui a enregistré une augmentation des pertes, signalant un risque de faillite et en dépit de cela on peut constater une reprise des cotations due à l’aide et au financement étatiques, il en est de même pour la cotation des titres Alitalia, du tourisme, des avions, des voitures, avec une liste d’exemples qui pourrait être beaucoup plus longue : il semble que les opérateurs financiers, accros aux profits somptueux du fruit passé de la “pure spéculation”, ont complètement perdu la capacité d’observer la réalité des principes fondamentaux, s’orientant dans leurs décisions dans des conditions de totale obscurité et, en tout cas, assumant les attitudes typiques du “joueur” à la roulette.

On pourrait émettre l’hypothèse que le processus est le résultat d’un changement drastique, orchestré et administré, dans l’intention de réaliser un grand Reset d’une économie stagnante, sans reprise, dans laquelle toutes les actions de politique monétaire et économique mises en place n’ont pas eu les effets souhaités et nécessaires (exemple extrême : taux d’intérêt négatifs), avec la situation généralisée d’une augmentation des créances insoutenables et donc irrécouvrables.

Les rêves d’une économie verte ont été étouffés dans l’œuf, une utilisation exaspérée de la propagande du régime qui a exacerbé la confusion, presque au niveau du terrorisme médiatique. Rien de ce qui a été observé n’a jamais été vécu dans l’histoire récente et connue de l’humanité :  les mises en quarantaine, les fermetures totales des activités économiques, l’éloignement social, le blocage de la vie des masses. Il en a résulté un tsunami de créances irrécouvrables, une chute encore plus aiguë de la croissance économique, une très forte contraction des investissements, de la consommation, de l’emploi et de la mobilité.

Dans ce scénario, le marché financier est complètement “drogué” : la dégradation des résultats des entreprises correspond normalement à une augmentation des cotations, encouragée par l’intervention publique pour soutenir les entreprises en faillite dont les résultats ne sont pas certains ; c’est-à-dire le résultat d’une confiance excessive et irrationnelle dans l’injection d’énormes quantités de liquidités par les banques centrales, qui ne se répercutent cependant pas sur la disponibilité des entreprises ou des consommateurs.

Les opérateurs financiers se transforment en “chevaliers blancs“, achetant les valeurs des entreprises soutenues par les États et alimentant un commerce qui a pour véritable objectif d’amplifier les volumes pour les effets espérés sur la hausse des prix, et qui sont donc le résultat d’un “bluff” claironnant représentant un “mensonge” sur la situation réelle de l’économie.

On observe d’importantes positions longues sur l’or, l’argent, les métaux précieux en général, les titres et les obligations, principalement en monnaie européenne (après l’accord sur le fonds de relance qui a représenté une Union européenne plus déterminée), et d’importantes positions courtes sur le dollar américain, avec les marchés émergents en “jeu”, mis de côté, étant donné les possibilités réduites, la moindre transparence, les risques accrus (voir Argentine, Turquie, et autres).

La frappe élevée de la monnaie, au seul avantage des opérateurs financiers, et les taux négatifs au niveau mondial ont en effet généré une dévaluation des actifs monétaires (espèces) ; depuis le soutien indirect à l’achat de biens (réels) d’hébergement tels que l’or, les métaux précieux, la terre, l’immobilier, également encouragée par la crainte (plus que légitime) d’un effondrement des bourses.

La situation générale reste confuse avec un maximum d’incertitude sur le contenu des nouvelles politiques économiques et monétaires qui seront mises en place pour contrer la forte récession économique au niveau mondial. Actuellement, le cadre politique mondial semble déstabilisé, en raison des fortes tensions sociales qui se manifestent et qui ne manqueront pas de s’aggraver dans un scénario à court terme ; les politiques budgétaires des États seront affectées par l’effondrement des recettes fiscales et cela sera à la base d’une concurrence accentuée entre les forces politiques opposées, ajoutant le chaos à la confusion déjà existante.

Totalement incontrôlables, les flux migratoires prennent l’apparence d'”exodes bibliques” qui ne sont nullement liés à la nécessité pour les économies plus développées de trouver une main-d’œuvre bon marché, et qui provoqueront de nouvelles tensions sociales et des fractures encore plus fortes entre le “public et le privé”, c’est-à-dire dans la relation entre le citoyen et les institutions.

Une chose est sûre : rien ne sera plus comme avant, mais profondément changé.

Categories
Marchés Financiers

Les marchés, au contraire, s’éloignent de plus en plus de la réalité

Nous avons tous été témoins des effets de la pandémie du coronavirus et nous avons vu les dommages considérables causés à la situation économique mondiale, déjà précaire et qui se détériore.

Nous sommes bien conscients des facteurs qui ont déterminé cette situation mondiale de ralentissement, de crise, d’absence de croissance, de réduction de la consommation, de contraction de la production et de ralentissement du commerce mondial :

  • La présence de politiques peu efficaces et précaires adoptées par les gouvernements,
  • les tensions croissantes sur la scène géopolitique,
  • les nouveaux troubles sociaux,
  • une augmentation au-delà de toutes les attentes de la dette publique et privée, principalement celle des entreprises, avec une détérioration de la qualité du crédit et une incertitude croissante sur la viabilité de la dette globale.

On pourrait dire qu’il s’agit en fait d’un “mal commun” ; Les “problèmes” sont mondiaux, de tous les peuples, peu ou prou, dans un carrefour financier très étroit, avec de fortes dépendances pour divers facteurs, nettement conditionnés par de nombreuses années d’un intense processus de mondialisation.

En concentrant l’analyse sur le premier trimestre 2020, on peut constater une situation générale de fragilité, de ralentissement économique, amplifiée par la guerre des tarifs, principalement entre les USA et la Chine, puis étendue à l’URSS, à l’UE, et transversalement aussi aux autres Pays présents sur l’échiquier mondial. À cela s’ajoutent les “représailles” et les boycotts sur des produits individuels et sur des secteurs spécifiques du commerce international, une circonstance qui a contribué à amplifier le ralentissement économique déjà en cours et a prolongé le temps nécessaire à une éventuelle reprise, une crise qui est actuellement plus accentuée dans les secteurs du transport aérien, du tourisme et de l’automobile.

Le confinement mondial, en raison de la pandémie virale, a renforcé une crise économique déjà en cours, obligeant les gouvernements à adopter des politiques de soutien au secteur des consommateurs et des entreprises, ce qui a entraîné dans la plupart des cas une augmentation de la dette, accompagnée d’une forte augmentation des liquidités injectées dans les marchés par les principales banques centrales.

Les effets sur les marchés financiers ont été confus et ne correspondent certainement pas aux fondamentaux économiques sous-jacents : après une première chute des prix, on a assisté à une ” remontée en force ” des cours, favorisant les titres des secteurs les plus soutenus par les aides publiques comme l’automobile, le transport aérien, le tourisme et la technologie, et les ventes en ligne.

Un monde financier ” contraire “, si l’on considère que la majorité des sociétés cotées en bourse qui obtiennent les meilleures performances sont déjà au bord de la faillite, par exemple Hertz, Wirecard et d’autres.En réalité, les marchés cherchent une “direction”, des opportunités, des rendements, des risques moindres mais c’est comme crier “au feu” quand la maison est déjà dévorée par le flammes ; de nombreux opérateurs, grands et petits, ont imité les actions des banques centrales, avec des achats et des investissements presque en symbiose, qui ne visaient cependant pas le profit mais le soutien de la solvabilité des banques et des principaux intermédiaires financiers.

Les opérations d’achat d’obligations d’entreprises et de produits “refuge” ont été les plus fréquentes, avec une accentuation de la “protection” sur les positions prises ; plus grande force du dollar américain, du franc suisse, du yen japonais et de l’or, de l’argent et du cuivre.

Si l’on regarde la dynamique des marchés financiers, il n’y a donc aucune trace de la crise qui a frappé l’économie mondiale et qui a été accentuée par la propagation de la pandémie de coronavirus : les opérateurs attendent la “reprise” mais auront peut-être un réveil soudain et tardif !

Le marché est ” accoutumé ” aux ” catastrophes “, totalement détaché et déconnecté des données économiques fondamentales ; après les prévisions très négatives de mars/avril, nous sommes maintenant dans une situation d’ ” attentes ” de signe opposé, de partisans (analystes) inconscients des politiciens en fonction qui, pour des raisons de propagande du régime, rassurent le public avec leurs prévisions de nouvelle croissance ; l’augmentation incessante de la dette publique et privée, avec les risques de perturbation généralisée qui en découlent, ne semble pas intéresser les grands et les petits opérateurs. 

Les marchés se trouvent donc dans une situation de surévaluation (pour utiliser des termes modérés), d’attentes, et se montrent une fois de plus largement détachés de la réalité économique, après une courte période (fin mars) de réalignement entre “finance et économie réelle”, marquée par une baisse des prix des principales valeurs cotées.

C’est comme si sur les marchés financiers, la “manne du ciel” pleuvait ; nous nous trouvons dans un monde contraire, où l’on reçoit une rémunération pour contracter un crédit (taux d’intérêt négatifs) et où il faut payer un prix si l’on veut “livrer” du pétrole, où les entreprises en faillite ont les meilleures performances en termes de prix du marché ; et il semble que ce “cycle contre-nature” ne doive pas prendre fin. De la folie ? Ou quoi d’autre ?

La réalité de l’économie mondiale nous raconte une autre vérité.

Le chômage est en hausse, tout comme l’effondrement des revenus et de la consommation ; les tensions géopolitiques s’intensifient ; de nombreux secteurs sont en crise profonde sans aucune prévision de sortie de crise à court terme, tels que l’automobile, le transport aérien et le tourisme ; dans le même temps, on assiste à une grave destruction du tissu productif des nations en raison d’une mortalité élevée des petites et moyennes entreprises ; la situation de l’emploi à court terme ne fera que s’aggraver ; certaines prévisions annoncent une forte réduction des recettes fiscales des États, avec une aggravation des déficits budgétaires.

On espère qu’il y aura une croissance des “investissements verts” et du secteur des technologies hautement innovantes, mais il n’y a aucune certitude.

Il est probable que nous soyons confrontés à une crise d’époque, dont le résultat sera un bouleversement total des structures économiques et financières actuelles et de toute la vie planétaire.

Il ne reste plus à l’investisseur qu’à se protéger et à faire preuve de la plus grande prudence : il est recommandé d’investir dans des “actifs-refuges” et d’être attentif à l’utilisation des liquidités excédentaires.

Categories
Économie

Monnaie, valeur et bien-être

Stop à l’empire des politiques monétaires ! Il est temps de donner de l’action et de la force aux politiques industrielles et budgétaires.

Dans une économie monétaire et de crédit moderne, la Monnaie rend la Valeur produite “liquide”, permettant sa distribution dans chaque cellule (l’homme) du corps collectif humain.

Il ne pourrait en être autrement, en raison de la forte division du travail et de la production de biens économiques immatériels, de sorte que pour le “producteur” (le travailleur), il n’y a pas de possibilité d’appropriation différente d’une part du produit (voir David Yerushalmi dans The Global Review, et les travaux approfondis de J.K.Galbraith et J. Stiglitz).

Le système de production est de type “capitaliste”, c’est-à-dire basé sur la prévalence du capital (technologie) et donc sur son accumulation pour soutenir le développement (Cobb et Douglas, fonction de production). Il conduit à une accélération continue de la croissance de la productivité du travail, avec un chômage permanent d’une part constante de la main-d’œuvre disponible et des manifestations récurrentes de surcapacité de production, la demande étant insuffisante puisqu’il n’y a pas de travail pour tous, sans oublier la diffusion de politiques de bas salaires et de toute façon inférieurs aux niveaux réels de productivité, en raison d’une offre abondante de main-d’œuvre.

Si tel est le cas, et non parce que le modèle décrit représente le système économique idéal d’une société véritablement équitable, le problème central de la gouvernance est l’élaboration de politiques visant à soutenir la demande globale en cas de baisse des niveaux de production due à l’absence de consommation et d’investissement. Dans ce cas, le “sauvetage” de l’économie ne peut pas venir de l’attention et de l’action rapides du capital privé, selon l’approche chère aux soi-disant “néolibéraux”, puisque les entreprises ne sont motivées que par la recherche du profit.

Dans de tels scénarios, la seule route viable se divise en deux directions parallèles :

  • La première s’exprime par une dépense en déficit de l’État de type social pour contrer, dans un premier temps, l’effondrement de la consommation, et en même temps, par une action de soutien du niveau d’investissement qui pose les prémisses d’une reprise de la production, de l’emploi et, donc, des revenus des masses, pour une nouvelle expansion de la demande globale ;
  • L’autre, agit par le biais d’une politique monétaire et de crédit appropriée, afin que des liquidités suffisantes soient déterminées sur le marché financier pour créer les conditions d’une expansion significative des opérations de prêt bancaire, seul canal de financement du capital technique et productif des petites et moyennes entreprises et des dépenses pour l’achat de biens de consommation durables (permanents) des ménages ; donc, une politique monétaire qui a pour principal objectif de soutenir la croissance de l’économie plutôt que celle du ciblage de l’inflation : D’autre part, une partie qualifiée de la littérature soutient haut et fort que le pire mal de l’économie n’est pas le taux d’inflation mais la présence de “surplus” de la capacité de production.

Dans l’Europe de la monnaie unique, la gouvernance économique se fait principalement par le biais de la politique monétaire. En effet, l’adoption de politiques industrielles et économiques visant à soutenir directement le système de production se heurte aux limites imposées à l’ampleur du déficit public et aux politiques de développement qui en découlent.

Et de fait, les pays adhérents ont perdu leur souveraineté monétaire, avec pour conséquence que les politiques budgétaires de l’État sont à la merci des “marchés” et de la Banque centrale européenne, c’est-à-dire de la puissance financière la plus cynique.

L’objectif principal de la BCE est de contenir le taux d’inflation présumé plutôt que de soutenir la croissance de l’économie, de sorte qu’au premier signe d’une véritable reprise, elle s’empresse d’adopter des politiques monétaires visant à réduire la circulation monétaire et le niveau du crédit bancaire ; la conséquence est une augmentation du chômage et une réduction des salaires, avec une baisse inévitable de la demande globale due à une consommation et à des investissements insuffisants (action définie par Joseph Stiglitz, “effet de harpon”).

Les nations adhérentes n’ont pas d’armes pour s’opposer à un tel jeu, puisque les contraintes budgétaires imposées (traité de Maastricht) ne permettent pas de mener des politiques économiques basées sur des “dépenses déficitaires” en raison d’une forte dépendance vis-à-vis des “créanciers” pour le placement de leurs titres de créance : les grands capitaux et la BCE elle-même qui ont soumis les États au “joug” des grands intérêts motivés par le “risque de défaillance” (spread).

A ces préjudices s’ajoute la mascarade, puisque nous sommes confrontés au phénomène classique du “chien qui se mord la queue”.  Comment le ratio déficit/PIB pourrait-il être réduit si l’absence de politiques économiques adéquates ne rend pas effectif le contraste des phases de ralentissement et de récession de l’économie, remettant le système sur la voie du développement ?

Les Nations, renonçant à leur propre souveraineté monétaire, ont “délégué” la grande Finance au contrôle de la “liquidité” des marchés, avec des répercussions inévitables sur le stock monétaire en circulation et sur la monnaie légale elle-même, en vertu de la Loi de l’État ; le renoncement au “contrôle” sur l’émission des billets légaux implique le paiement d’importantes charges financières (taux d’intérêt) pour le financement du budget de l’État, dont le niveau est déterminé dans le total arbitraire du grand capital, souvent source de “chantage” des Gouvernements pour les inciter à élaborer des politiques de réforme et de réduction de l'”État providence”.

C’est un désastre et un crime contre les peuples !

Seuls les ignorants et les naïfs ne comprennent pas que l’objectif est de briser la force et la dignité des nations et des masses qui les habitent, de renforcer la suprématie des classes dominantes et de soutenir le processus jamais interrompu de transfert des richesses du “bas vers le haut” (voir à ce sujet les travaux de Thomas Piketty).

La solution est unique : résumer la souveraineté et l’autonomie monétaires dans la définition des politiques budgétaires et dans la gestion de l’économie nationale.

Categories
Économie

Les politiques de lutte contre la déchéance de l’économie

La révolution industrielle lancée au XVIIe siècle en Angleterre et dans les pays du nord de l’Europe a allumé l’espoir d’une possible délivrance de l’invincible pauvreté qui caractérisait jusqu’alors la vie des gens.

Comme chacun sait, la répartition des richesses produites par les classes ouvrières s’est faite principalement entre les mains des propriétaires terriens, de l’aristocratie et des bureaucrates de l’État, puis des marchands et des banquiers, et ce, par le biais du système de loyers et d’impôts des propriétaires terriens, ainsi que celui des intérêts et des prix des marchandises, librement déterminés par les banques et les commerçants (voir Thomas Piketty, Paris).s.

Le progrès technique a jeté les bases de l’avènement de la production en usine à l’aide de machines et d’une forte concentration de la main-d’œuvre indemnisée sous forme de salaires.

Cette nouvelle réalité fut l’origine d’un fort processus d’urbanisation, avec l’abandon des terres cultivées et des activités productives d’autoconsommation importante qui en découlent ainsi que du travail effectué par ce que l’on pouvait alors appeler la “classe moyenne”, c’est-à-dire les “arts et métiers” : la structure sociale a subi un profond changement avec l’apparition du prolétariat (propriétaires de la seule progéniture), autrement connu sous le nom d'”armée industrielle” (Karl Marx).

L’économie basée sur le “troc” s’est lentement transformée en économie “monétaire et de crédit”, la plupart des échanges étant réalisés en monnaie (légale et bancaire) et soutenus par le crédit bancaire en ce qui concerne l’accumulation du capital nécessaire à l’expansion de la production, basée sur l’apport technique et sur la croissance de la productivité du travail.

Malgré cela, l’augmentation du produit industriel et de la richesse était principalement due à l’expansion de la consommation des masses ou des classes ouvrières, qui étaient obligées pour leur survie de mettre en œuvre un “plan de consommation” en termes monétaires, c’est-à-dire en vertu de l’utilisation des revenus produits et réalisés sous forme de “salaires”, ayant été expropriés du résultat de leur travail.

Le producteur (le travailleur) s’était séparé du produit et pouvait participer à la distribution de la valeur en formation non pas en termes “réels” mais uniquement en termes monétaires, puisque la plupart des biens économiques étaient indivisibles et parfois de nature immatérielle.

Dans la phase initiale de la croissance et de l’expansion du nouveau mode de production, défini comme un système capitaliste en raison de la prédominance du facteur technique, l’évolution du PIB a donc été déterminée par l’augmentation de la demande globale : les classes ouvrières représentant les principaux consommateurs des biens qu’elles avaient contribué à produire.

Mais avec le temps, la course au profit du capitaliste a déterminé les premières manifestations du phénomène indésirable dusurplus de la capacité productive“, qui a été le déclencheur du début des premières crises économiques en raison d’un ralentissement de la production dû à une demande insuffisante.

Cette situation trouve son origine dans deux circonstances concomitantes :

  • La poursuite de l’augmentation de la productivité du travail, dans le but de réduire la charge des facteurs de production pour augmenter la marge unitaire sur les prix des biens. Cela a inévitablement conduit à la première manifestation d’un chômage généralisé, principalement dû à la perte d’emplois de ceux qui s’étaient déjà installés dans les villes dans le mirage d’une vie économique nouvelle et meilleure ;
  • La prévalence de très bas niveaux de salaires, en raison de l’abondance de la main-d’œuvre disponible.

Ainsi, les masses se sont d’abord retrouvées prisonnières des salaires, puis ont “sombré dans la ruine” en raison du manque d’emplois et de revenus monétaires nécessaires à la survie puisque habitant désormais dans les villes et ayant abandonné la production dans un contexte d’autoconsommation.

Les capitalistes aveuglés par la recherche du profit ont pensé trouver une solution à l’excédent de capacité de production dû aux niveaux insuffisants de la “demande intérieure” en adoptant des politiques commerciales visant à soutenir les exportations, remplaçant le déficit de consommation par la vente de produits à des économies tierces.

Compte tenu du fait que la “spécialisation productive” des Nations était un phénomène largement encore méconnu, il n’y avait pas de possibilités concrètes de placer les excédents productifs dans les pays qui avaient également entamé le processus de Révolution industrielle : le nouveau colonialisme était né, basé non seulement sur “l’exploitation” des pays pauvres en raison de leurs matières premières, mais sur la vente de biens excédentaires à ces populations, tout en évitant de déterminer les conditions utiles à la construction d’un nouveau système de production dans ces Nations.

De cette manière, les prémisses permettant d’exclure toute possibilité réelle de répéter le phénomène du développement capitaliste dans les économies locales, avec la formation d’une demande interne résultant d’un véritable processus de création de valeur au niveau national et la diffusion d’un nouveau bien-être économique, comme c’était en réalité le cas en Europe dans les premières décennies de la révolution industrielle, étaient posées.

Au XXe siècle, la situation n’a pas beaucoup changé :

  • Une pauvreté généralisée dans les pays industrialisés due à un chômage élevé et à la persistance de politiques de bas salaires, accentuée ces dernières décennies par le processus dit de “mondialisation” qui n’est rien d’autre qu’une “délocalisation” industrielle à la recherche de salaires encore plus bas et d’avantages fiscaux croissants pour le capital ;
  • Des conditions inéluctables de dénuement économique des populations des anciens pays colonisés, dans lesquelles le processus de “pillage” des ressources naturelles se poursuit, laissant tomber “les miettes” de la valeur soustraite régulièrement absorbée par les élites, tandis que les populations se débattent avec des taux de chômage élevés et des niveaux de salaire bas, même en dessous du niveau de survie, puisque les productions nationales peu nombreuses et insuffisantes donnent lieu à un flux d’exportations vers les pays d’où provient la délocalisation productive et qui a contribué à augmenter le niveau de pauvreté même des classes ouvrières nationales d’où le phénomène est originaire.

Dans ce triste contexte mondial, quelles sont les chances d’éradiquer la pauvreté généralisée dans chaque région et continent, et quelles politiques économiques devraient-elles être adoptées ?

À partir des éléments brièvement décrits, nous distinguons deux lignes d’action possibles :

  • la première pour les pays définis comme en développement mais qui, en réalité, n’ont jamais été touchés par un système d’industrialisation substantiel semblable au phénomène connu d’abord par les nations européennes puis par toutes les nations occidentales, jusqu’au Japon et à la Chine ;
  • la seconde pour les économies plus développées qui n’ont jamais vraiment réussi à éradiquer la pauvreté généralisée dans les couches inférieures de la société et qui, ces dernières années, a connu une accentuation importante, en raison d’une distribution inefficace de la richesse produite, sans oublier les répercussions de la pandémie en cours, qui ne se manifestent pas encore toutes pleinement.
  1. Dans des pays comme ceux d’Afrique, les interventions visant à soutenir économiquement la population privée de biens essentiels et dans des conditions de grave inconfort économique, social et sanitaire, doivent avoir pour objectif premier de contribuer à la construction d’une “économie de base” fondée initialement sur l’autoconsommation, en particulier pour la part de la population vivant dans des centres éloignés des zones métropolitaines et dépourvus de tout service élémentaire.

Il s’agit donc de déterminer les conditions permettant d’assurer le développement d’une activité agricole rationnelle, pour laquelle certaines interventions essentielles sont nécessaires :

  1. l’utilisation des technologies de l’eau pour fournir aux villages ruraux des conditions d’hygiène élémentaires avec pour objectif egalement important d’irriguer les terres utilisées pour la culture ;
  2. de réaliser des formations “professionnelles” afin de diffuser les connaissances sur les techniques agricoles les mieux adaptées à la qualité du sol et à la culture possible ;
  3. de construire des écoles pour l’éducation basique afin de surmonter l’analphabétisme généralisé ;
  4. d’assurer la construction et le fonctionnement efficace de cliniques équipées, par l’utilisation de personnel spécialisé bien rémunéré, avec un approvisionnement adéquat en médicaments et autres ressources jusqu’à l’installation de “salles d’opération” pour la médecine d’urgence ;
  5. d’employer les ressources nécessaires à la construction d’un réseau routier interrégional entre les différents centres ruraux et les centres urbains les plus proches, afin d’assurer la libre circulation des biens produits et du surplus d’autoconsommation ;
  6. de soutenir le développement des activités artisanales dans la région, afin de rendre la population relativement indépendante des grands centres urbains et de créer un “cercle de valeurs” local profitable ayant des répercussions évidentes et significatives sur l’économie des différents territoires.

Parallèlement à ces interventions, il convient de développer des politiques visant à soutenir la naissance et le développement d’un système de petites et micro entreprises, par le biais d’aides financières dans deux directions :

  • d’une part, en contribuant à faciliter le déboursement des crédits bancaires par les institutions locales, en fournissant des garanties de capital pour soutenir les prêts accordés ;
  • d’autre part, en fournissant des capitaux “non remboursables” dans le but de faciliter l’introduction des technologies les plus innovantes dans les processus de production menés, de permettre l’amélioration qualitative et technique des produits et d’assumer la capacité de concurrencer les entreprises les plus fortes opérant sur le territoire, en raison du processus de délocalisation des pays les plus développés.

Dans un tel scénario, le renforcement du système scolaire de base est la prémisse indispensable pour promouvoir la création d’écoles de formation professionnelle à tous les niveaux, jusqu’au niveau universitaire, seule possibilité de former une jeune classe ouvrière qualifiée et un noyau managérial qui travaille à la croissance de l’autonomie économique du pays.

Enfin, il est nécessaire de prévoir la réalisation d’interventions ayant une portée et un impact financiers plus larges à long terme, telles que la construction de routes et d’autoroutes principales, de lignes ferroviaires, de ports et d’aéroports et de toute autre infrastructure économique utile à la croissance de la production jusqu’à la constitution de flux d’exportation vers des pays tiers.

  1. En ce qui concerne les nations déjà industrialisées mais touchées par un système injuste de répartition des richesses entre les participants aux productions, l’action est plus complexe et plus organisée, en raison d’une ancienne et d’une nouvelle structure productive qui se sont “croisées” sans réelle distinction et du phénomène relié de “liquéfaction” de la société, tant souhaité par les classes dominantes, qui, outre la désintégration de l’économie, a déterminé une forte dégradation de la structure éthique et morale des individus.

Le processus encore en cours trouve sa force dans certains facteurs ou circonstances concomitants :

  1. la prédominance du capital dans l’économie avec une forte domination de la finance, qui n’a pas pour but principal de soutenir la croissance du produit national mais plutôt de sa propre richesse à travers la conduite d’activités spéculatives sur les marchés financiers, inspirées par les principes de “l’aléa moral” selon le schéma typique de “privatisation des profits et socialisation des pertes” (phénomène défini “too big to fail”), ainsi que par la recherche des conditions d’un allégement fiscal substantiel en déplaçant les sièges sociaux vers des paradis fiscaux ;
  2. la levée de barrières croissantes à l’octroi de crédits bancaires en faveur des petites et moyennes entreprises et des ménages, avec la destruction d’une part substantielle du système productif des nations ;
  3. la prédominance des politiques monétaires dans la gouvernance, avec une absence substantielle de politiques économico-industrielles et fiscales (budgétaires) ;
  4. la démolition de l'”État-providence” en raison de l’absence d’un flux adéquat de recettes fiscales dans les caisses de l’État et de l’abandon des politiques de “dépenses déficitaires”.

Il en résulte une aggravation significative des conditions de pauvreté d’une grande partie de la population, due à l’augmentation du chômage et aux politiques de bas salaires qui en découlent, à la réduction des garanties et des protections pour sauvegarder les emplois des classes les moins aisées, à l’élimination de la “mobilité sociale” due à l’absence d’un véritable système méritocratique et à l’impossibilité pour les familles les moins aisées de soutenir le développement des études et de la formation des jeunes générations.

L’effort à faire pour contrer et surmonter cette situation économique et sociale déplorable et généralisée prend des dimensions considérables.

Tout d’abord, il faut définir et “réglementer” un nouveau système de répartition de la valeur produite par les entreprises, il faut :

  • d’une part, établir un niveau adéquat du “salaire minimum” qui mette les classes laborieuses en mesure de surmonter réellement leur état de détresse économique et de pauvreté, avec un revenu qui s’avère capable de permettre une modeste formation d’épargne ;
  • d’autre part, des limites doivent être fixées au niveau du “taux de profit”, autrement appelé taux de rendement du capital (r), afin qu’il ne dépasse pas le taux de croissance du PIB (g).

La théorie économique a bien démontré que si r > g, le processus d’accumulation du capital absorbe la majeure partie de la richesse nationale, ne rendant disponible pour la “quote-part du travail” (salaires et traitements) que la plus petite partie du revenu produit.

De plus, les petites et moyennes entreprises doivent être soutenues par tous les moyens, avec des avantages fiscaux visant à l’introduction de nouvelles technologies, mais surtout par la réduction des obstacles considérables à l’octroi de crédits bancaires, seule et véritable source de ressources financières pour cette catégorie de producteurs.

Enfin et surtout, nous devons déterminer les conditions de diffusion d’un véritable système méritocratique, mettant les jeunes générations dans des conditions d’égalité des chances, en ce qui concerne l’école, l’université et la formation professionnelle.

Sera-t-il un jour possible de réaliser de telles interventions ?

Bien sûr, si les individus sont capables d’assumer la responsabilité du destin de leurs nations par la libre expression d’un vote politique véritablement conscient, affectant la formation des classes dirigeantes des pays concernés.

Mais cela ne suffira pas !

Il est nécessaire que les Organisations Internationales dédiées au soutien du développement économique et social des peuples sachent mettre en place des interventions ciblées et efficaces, aptes à soutenir l’action des Gouvernements, en mettant à disposition des capitaux et des ressources techniques autrement indisponibles.

Avec de telles actions et interventions, nous pouvons à juste titre espérer observer dans les années à venir un monde meilleur, dans lequel quelques milliards d’individus ne vivent plus dans des conditions de précarité absolue, dépourvus des ressources minimales nécessaires pour assurer leur survie, leur dignité sociale et des soins de santé, d’hygiène et d’environnement adéquats.

Categories
Économie

La polarisation de la structure de l’offre dans l’économie italienne

Nous assistons aujourd’hui à un nouveau phénomène économique qui n’a pas encore été étudié de manière approfondie par la littérature : la polarisation de la structure de l’offre.

Elle consiste en une raréfaction de la structure de production des petites entreprises, correspondant à une concentration de la production en direction des grandes entreprises.

D’une certaine manière, il s’agit d’un phénomène similaire à celui des premières étapes de la révolution industrielle dans l’Europe du XVIIIe siècle, où la naissance du “prolétariat” (propriétaires de la seule progéniture) a été observée comme un produit de l’urbanisation suite à l’abandon de la production agricole et des arts et métiers, ces activités qui représentaient à l’époque l’équivalent de nos petites et micro-entreprises.

On a d’abord supposé que l’avènement de la production “capitaliste” pouvait entraîner une augmentation des revenus disponibles pour les masses, contribuant ainsi au niveau de vie de populations entières ; plus tard, on s’est rendu compte que les choses n’allaient pas dans ce sens : les travailleurs survivaient dans des conditions de dénuement économique important, sans réelle amélioration du “niveau de vie” habituellement atteint dans la vie rurale, tout comme les anciens artisans et travailleurs indépendants en général, qui ont d’ailleurs subi un appauvrissement considérable. D’autre part, l’industrie a prospéré et le capital a absorbé la plus grande part des revenus et de la valeur produite, comme le montre, dans les siècles précédant la Première Guerre mondiale, l’accumulation de richesses en faveur de dix pour cent de la population pour des valeurs cinq ou six fois supérieures aux revenus produits pendant la même période (voir à cet égard et pour tous, l’importante et monumentale œuvre de Thomas Piketty, Paris).

La littérature économique soutenait et justifiait cette réalité en s’appuyant sur l’analyse malthusienne (Robert Malthus, Grande-Bretagne 1766-1834) qui motivait la situation de pauvreté des peuples avec l’axiome dominant de la nécessité du “revenu de survie” (bas salaires), puisqu’il aurait permis un fort processus d’accumulation de capital technique, seul véritable facteur de développement de l’économie ; en d’autres termes conceptuels, pour les travailleurs il était suffisant et même nécessaire d’atteindre des revenus proches du seuil de survie pour “régénérer” la force de travail nécessaire à la croissance et à la prospérité de la nation, en oubliant que la prospérité n’était attribuée qu’à dix pour cent de la population.

Dans de tels scénarios, la “classe moyenne” qui a fait son apparition dans l’histoire économique des nations au XXe siècle, à commencer par les États-Unis d’Amérique, était inconnue dans la structure sociale. Au cours des années précédentes, la croissance économique était caractérisée par une forte polarisation de la richesse en faveur de la seule classe riche, tandis que le reste de la population languissait économiquement avec des revenus trop souvent même inférieurs au seuil de survie.

Le miracle italien après la Seconde Guerre mondiale, caractérisé par une forte croissance et une distribution suffisante de la valeur produite vers le bas, a donné de l’espoir aux jeunes générations de la nation de l’époque.

Dans les années 70 – 80 et 90, la classe moyenne s’est établie dans la société italienne : ce sont des petites et moyennes entreprises mais aussi des micro-entreprises inspirées par les principes de l’artisanat, ainsi qu’une classe de professionnels fournissant des services au jeune système productif.

Ces entreprises ont trouvé leur subsistance et leur développement dans l’offre de crédit bancaire, lequel assurait correctement et dans le respect de ce qui était la “mission de l’entreprise” le soutien au financement du capital technique et productif et de la consommation des ménages, notamment en ce qui concerne les biens dits de consommation différée, principalement le logement, les voitures et les appareils électroménagers.

Le système a fonctionné et la grande entreprise a prospéré aux côtés et en concurrence avec les petites entreprises. Ce qui est certain, c’est que les grandes entités de production disposaient depuis lors d’un avantage concurrentiel important qui, avec le temps, est devenu un facteur de croissance et de développement discriminant : la mobilisation de sources de capitaux par l’offre et la cotation de leurs titres de créance et de leurs actifs sur les marchés officiels ; une circonstance exclue pour les petites entreprises en raison des barrières à leur entrée déjà alors considérables.

À cet égard, il faut dire que la littérature économique de ces années-là et de tout le XXe siècle a développé deux lignes de pensée se référant aux politiques de développement :

  • celle de matrice néo-libérale, qui postule (encore aujourd’hui) la capacité autonome du marché libre à redéfinir ses propres conditions d’équilibre en cas de perturbation, en ramenant le système aux vertus” de mécanismes compensatoires “naturels” vers des phases de croissance et de développement jusqu’au “plein emploi” ; ce courant de pensée est le père de la théorie dite du “trickle down”, c’est-à-dire que la croissance aurait également favorisé d’une certaine manière les classes laborieuses et en général les moins aisées : l’économiste et prix Nobel Kuznets lui-même (Simon Smith Kuznets, 1901- 1985, prix Nobel de l’économie 1971), par sa pensée et son analyse, a jeté les bases de cette approche théorique ;
  • l’autre, de matrice keynésienne (John Maynard Keynes, 1883- 1946), qui place la structure de la demande comme véritable moteur de la croissance économique, en formulant la théorie bien connue de la “dépense déficitaire” basée sur l’efficacité de la manœuvre d’endettement du budget de l’État pour favoriser le développement et surmonter les phases de ralentissement économique ; le concept d'”État providence” et la conscience de la nécessité de soutenir la distribution équitable des revenus vers les classes les moins favorisées, reconnues comme les véritables acteurs des processus de consommation.

Ainsi, deux approches antagonistes de la pensée économique sont mises en contraste :

  • la première qui théorise le soutien de l’offre, c’est-à-dire l’accumulation de capital technique et productif, l’innovation technologique et, comme conséquence naturelle, la recherche d’une productivité croissante du travail comme facteur de développement ; sans toutefois mettre l’accent nécessaire sur la phase de distribution des revenus, en s’appuyant sur l’hypothèse du “trickle down” ;
  • la seconde qui postule au contraire la nécessité de soutenir la répartition des salaires, en prévoyant une augmentation substantielle au moins proportionnelle à la croissance économique et en garantissant des politiques sociales efficaces en vertu d’un État-providence réellement efficace et fonctionnel ; ceci devient la condition préalable à l’utilisation de politiques de “dépenses déficitaires” en cas de ralentissement du développement ou de récession, ainsi que pour contrer l’augmentation du chômage due au progrès technique (évolution technologique axée sur les compétences).

Actuellement, en observant la réalité économique en Italie et dans tous les autres pays appartenant à la zone de la monnaie unique, on peut observer un nouveau phénomène : la gouvernance économique, après une première phase suivant l’introduction de l’euro caractérisée par une prédominance des politiques de soutien à la structure de l’offre et une réduction significative de l’État-providence, selon la devise de propagande de la “décroissance heureuse”, a en effet fonctionné de manière à “polariser” vers le haut le système des productions nationales, avec une prédominance des grandes entreprises dans la domination des marchés des capitaux et des consommateurs.

Le processus s’est donc accompli par la destruction d’une partie du système de production, en particulier celle représentée par les petites entreprises et les micro-entreprises (travail indépendant), avec une concentration des marchés “libérés” au profit des grandes réalités productives, une augmentation du chômage et, par conséquent, le renforcement des politiques de bas salaires et la réduction des systèmes de protection du travail et d’assistance sociale.

Le tableau qui s’est dessiné est semblable à celui des deux premiers siècles de la révolution industrielle, avec le transfert d’énormes parts de la richesse nationale dans les mains de quelques-uns, la réduction du niveau de consommation des masses, l’élimination de la “classe moyenne” et l’écrasement de la base de la pyramide sociale dû à une absence substantielle de la soi-disant “mobilité” entre les classes.

Ainsi, le saut de qualité dans les politiques des dominateurs est que la gouvernance économique ne repose ni sur des politiques qui soutiennent réellement l’offre ni sur l’État-providence ; à moins de vouloir considérer la prolifération et la tolérance des paradis fiscaux, les avantages fiscaux croissants pour les gains du capital, tout d’abord ceux qui découlent de la spéculation financière (plus-values), l’accentuation de la séparation de la gestion des biens dans les entreprises avec une prédominance des cadres, une course effrénée à la collecte de “primes” pour les performances réalisées qui sont en réalité complètement déconnectées de l’efficacité réelle des politiques d’entreprise menées, le soutien aux grandes entreprises en crise par l’utilisation de l’argent public.

Le phénomène décrit a déterminé une “pulvérisation” de la société, avec un fort appauvrissement des masses et l’absence de tout présupposé de conditions réelles de démocratie économique basée sur l’égalité des chances et la méritocratie.

Les principaux facteurs responsables de ce désastre économique historique peuvent être retracés :

  • Aux obstacles croissants au crédit bancaire, pour les entreprises et les ménages. Le phénomène est lié, d’une part, à une norme de surveillance inadéquate et pénalisante en termes de risques pris par les banques par rapport aux actifs détenus afin de faire face de manière adéquate au risque d’échec des prêts ; d’autre part, à un changement significatif du “modèle d’entreprise” des établissements de crédit traditionnels, dû à la diffusion d’une culture managériale erronée, qui poursuit des profits substantiels à court terme par la réalisation d’activités spéculatives sur les marchés financiers officiels et à l’adoption d’attitudes typiques de l'”aléa moral”, qui font peser sur la gestion des entreprises des risques insurmontables et qui reposent sur l’intervention publique en cas de preuve de pertes accablantes pour les actifs : Ceci est un exemple classique de la socialisation des pertes contre une privatisation des profits.

Les circonstances décrites pénalisent les petites entreprises en entravant leur développement au point d’empêcher le remplacement du capital productif obsolète et amorti, avec une cessation inévitable de l’activité. Naturellement, les grandes entreprises continuent de prospérer grâce à leur autonomie dans la mobilisation de capitaux sur les marchés officiels et à un plus grand pouvoir de négociation vis-à-vis des banques en raison du phénomène bien connu de “too big to fail”.

  • À une charge fiscale croissante qui touche inévitablement les petites entreprises et en tout cas qui ne sont pas en mesure de bénéficier du transfert du siège social vers des zones à fort avantage fiscal (paradis fiscaux), ni de profiter du phénomène de délocalisation d’une partie de la production vers des contextes économiques caractérisés par des politiques de bas salaires.
  • À une législation sur les faillites qui pénalise fortement le tissu productif et commercial des petites et moyennes entreprises, qui ne sont pas protégées par une grande taille et qui place de réels obstacles à la protection des intérêts des principaux créanciers.

Trouver un remède à ce phénomène n’est pas chose facile.

Les dommages subis sont pour la plupart irréparables, puisque la destruction d’une partie substantielle du tissu productif a libéré de précieuses ressources humaines qui se sont en fait retrouvées dans une condition d'”incapacité d’expression” pendant un temps non négligeable, perdant ainsi leur force vitale : l’estime de soi et la confiance en soi qui en découlent.

Il est donc nécessaire de repartir du domaine éducatif, en guidant les nouvelles générations vers un processus de formation adéquat et adapté pour qu’elles puissent manifester des personnalités capables d’exprimer leurs talents naturels et soutenues par l’enthousiasme et le rêve d’une vie meilleure et épanouie ; dans une certaine mesure ce que fût la situation des générations des années 60 et 70 du siècle dernier.

Naturellement, toutes les barrières élevées du système d’une gouvernance inadéquate, dont le seul but est le soutien des classes privilégiées et l’appui et le renforcement de leur domination sur les masses, doivent être supprimées.

Cela peut sembler utopique mais le lecteur ne doit pas négliger le phénomène des parcours historiques qui, dans certains cas, ont pénalisé les puissants en poste.

Categories
Marchés Financiers

Marchés et économies à l’envers : responsabilité du virus ?

Après tant d’années d’activité dans le secteur financier, l’auteur n’aurait jamais pu émettre l’hypothèse de la présence de taux négatifs dans l’économie : le débiteur principal reçoit une prime en termes de “rendement financier” pour l’utilisation des capitaux d’emprunt ; c’est “l’inverse” de tout principe économique : le prêteur assume l’alea du “non-remboursement” au moment du prêt, le taux d’intérêt représente donc la prime de risque et la renonciation à la liquidité.

Ce phénomène est un indicateur clair que le système de production et les activités financières qui y sont liées sont totalement perverties par rapport à l’objectif initial de l’économie capitaliste.

À ce phénomène déconcertant, si l’on ajoute un autre indicateur non moins significatif de la crise profonde qui affecte les économies modernes, en l’occurrence une conséquence directe de la pandémie de Coronavirus : le prix du baril de pétrole est “négatif”, l’acheteur doit être payé si l’on veut réduire le stock de production disponible ; de même si les effets sur les prix à la consommation sont inexistants.

D’autre part, on attendait des gouvernements qu’ils adoptent une politique financière soucieuse de réduire la dette ; au contraire, la dette atteint des niveaux records et il existe un risque sérieux d'”explosion” de la situation générale.  À cet égard, en raison de la crise des marchés déclenchée par la pandémie virale, les banques centrales ont injecté plus de 23,4 billions de dollars de liquidités dans le système financier, sans répercussions significatives et concrètes sur le secteur réel de l’économie.

Les secteurs les plus en crise dans l’immédiat sont ceux du transport aérien et de l’automobile ; les coûts de la non-utilisation des avions sont considérables alors que l'”entrepôt” des véhicules invendus occupe d’énormes surfaces.

Tout cela à cause de la pandémie COVID19 ?

Nous ne le pensons pas.

Les situations de crise étaient déjà bien établies avant que ce dernier facteur ne devienne le déclencheur. En décembre 2019, les indices des principales places boursières ont atteint des sommets, le secteur automobile étant caractérisé par une profonde restructuration avec des coûts supplémentaires liés aux “amendes écologiques”, au passage du diesel à l’électricité et donc à un besoin élevé de nouveaux investissements et de capitaux frais. De même, le secteur de la téléphonie, avec l’avènement de la 5G, la nouvelle économie verte et le secteur de la finance pour la transition vers le système Fintek, avec l’introduction massive de l’informatique dans les banques et autres intermédiaires.

Dans de tels scénarios, la Finance se caractérise de plus en plus par le fait d’être “un monde à part”, totalement détaché du secteur réel de l’Economie qui lutte contre une réduction constante et dramatique de la consommation, la contraction de la production industrielle, principalement manufacturière, la détérioration des prêts et l’explosion du risque supporté par les banques et les investisseurs en général, une situation qui est accentuée par la propagation de la pandémie virale, mais qui est toujours préexistante.

L’abondance des liquidités injectées dans le système par les banques centrales n’a fait que déterminer une course à l’achat d’actifs financiers à la recherche d’un rendement à partir des différences de prix dues aux fluctuations quotidiennes, et un soutien à la trésorerie des banques, qui est en crise en raison de l’évolution défavorable des prix du marché ; il en résulte une reprise des prix sans lien avec les fondamentaux sous-jacents, qui produira une prochaine et ultérieure chute des prix. Une preuve supplémentaire, si nécessaire, d’une finance pour elle-même et totalement déconnectée des besoins liés à la production de revenus et de richesses des nations et que la maladie pandémique contribue à mettre davantage en évidence.

Dans ce scénario mondial, déjà compromis dans ses quantités économiques et financières fondamentales, vient la pandémie “tempête” et “les chiffons volent”.

Dans le même temps, un premier réalignement a été observé entre les prix cotés et les valeurs réelles sous-jacentes, mais il est trop tôt pour “chanter la victoire”.

L’opinion générale est que la crise actuelle marque le début d’une nouvelle phase, avec des effets mortels sur le processus de mondialisation économique tel qu’il s’est manifesté jusqu’à aujourd’hui ; il est certain qu’une fois de plus, on constate la profonde instabilité d’un système économique basé sur l’exploitation du “produit du travail”, la poursuite continue de politiques de bas salaires et de zones franches, les seuls paramètres réels à la base du processus tant proclamé de délocalisation de la production ; des critères qui contrastent avec la recherche déclarée d’une plus grande productivité du travail.

Dans ces scénarios de crise profonde qui apparaissent de plus en plus comme systémiques et structurels, les marchés financiers devraient restructurer leurs portefeuilles, malgré l’absence de signaux clairs dans ce sens de la part des Fonds, des Fonds spéculatifs et des pensions, et autres intermédiaires. L’utilisation de dérivés avec une exposition accrue est encore forte, pour une recherche spasmodique de rendement ; un processus basé sur des flux spéculatifs rendant un marché déjà affaibli par la tendance négative des fondamentaux économiques.

Une question demeure sans réponse : après la fin du lockdown, peut-on espérer un retour à la “normale”, bien que lent, avec une reprise de la consommation et de la production industrielle ? Ou peut-être que le scénario actuel ne constitue que le début d’une crise d’époque qui va bouleverser le système capitaliste actuel et ses critères de production et de distribution des richesses ?

Et pour l’épargnant à la recherche d’un investissement, quel est le juste prix pour l’achat d’actifs financiers ?

Les solutions ne sont pas à portée de main, et il n’est pas facile d’analyser les scénarios de marché, et donc il faut faire preuve de prudence et rechercher l’appui d’un conseiller financier de confiance.

Categories
Marchés Financiers

Le virus des marchés financiers

Après une longue période d’optimisme, toujours à la recherche effrénée de rendements, et avec des investisseurs sourds aux “boosts” et aveugles aux nuages gris et orageux qui s’épaississaient, la propagation de la maladie pandémique (initialement sous-estimée par la plupart) a conduit à un réveil brutal de la réalité des marchés, caractérisés par une profonde instabilité qui a toujours été présente et due à la performance insatisfaisante des principales dynamiques économiques mondiales – la majorité des opérateurs ont été pris par surprise !

De graves facteurs d’instabilité étaient déjà en cours :

  • une situation géopolitique en rapide évolution ;
  • une dette privée et publique à des niveaux records, avec un rating en constante détérioration ;
  • une augmentation exponentielle des crises d’entreprises, principalement dans le secteur des petites et moyennes entreprises ;
  • des obstacles croissants au commerce international, avec des guerres tarifaires et des obstacles de toutes sortes ;
  • en Europe, les effets de la Brexit et d’autres.

Malgré cela, les marchés ont fait preuve de “calme”, soutenus dans leur optimisme non fondé par :

  • des politiques monétaires expansives, avec des liquidités abondantes et des taux d’intérêt bas même avec des rendements parfois “négatifs” ;
  • des achats d’actifs par les principales banques centrales ;
  • des politiques de soutien à l’économie par certains gouvernements.

Le faible niveau des taux d’intérêt a encouragé la recherche de “rendements”, les investisseurs prenant des risques croissants et creusant l’écart entre “finance” et “économie réelle”.

Au cours des derniers mois, une plus grande prise de conscience des risques et de l’instabilité croissante du marché semble s’être manifestée, principalement en raison des performances insatisfaisantes des principales économies mondiales, avec une augmentation des taux de chômage et une réduction des bénéfices des entreprises et des niveaux de consommation également due à la prévalence des politiques de bas salaires.  Ces dernières semaines, la situation économique internationale est devenue plus précaire en raison de la “crise” des marchés pétroliers.

La propagation du Covid-19 jette les bases d’une profonde récession au niveau mondial, à quelques exceptions près, qui survient après une phase de fort ralentissement de la production. Les secteurs qui ont été les premiers à subir des pertes importantes ont été le transport et le tourisme, suivis par les biens de consommation tels que le textile et l’habillement, en raison de l’effondrement immédiat inévitable de la consommation de biens non essentiels. Naturellement, les effets à long terme sur les systèmes de production seront profonds et en partie imprévisibles ; il y aura certainement une délocalisation importante de la production, avec de nouveaux scénarios de délocalisation de la production et dans la direction des flux commerciaux internationaux.

Face à ce nouveau scénario, la politique monétaire montre enfin toutes ses limites naturelles :

  • manque de cohésion et de coordination dans les actions des principales banques centrales ;
  • méfiance profonde des opérateurs qui génère des attentes négatives ; insuffisance des achats continus d’actifs pour tenter de contrer la tendance « à la baisse », puisqu’ils n’absorbent qu’une partie minime des titres en circulation et en quête de « classification », ce phénomène étant lié à l’utilisation massive des produits dérivés qui a déterminé une multiplication invraisemblable des volumes.

Dans un tel scénario, les actions des opérateurs évoluent « à l’unisson », c’est-à-dire dans la même direction, en raison également de la prévalence des techniques de gestion basées sur des algorithmes et sur les décisions des systèmes logiciels, totalement autonomes par rapport à la volonté humaine. On peut donc dire  dans ce cas  « qu’un battement d’ailes crée un tremblement de terre ».

En d’autres termes, nous payons aujourd’hui les conséquences de la forte distance entre les valeurs financières et les facteurs fondamentaux sous-jacents, entre la finance et l’économie réelle ; la fragilité du « château de cartes » sur lequel repose la finance moderne apparaît plus clairement.

Ainsi, les prévisions font état d’une volatilité accentuée caractérisée par des mouvements erratiques et une recherche spasmodique de la « qualité », c’est-à-dire de valeurs fondamentales, mais qui peinent à être présentes sur l’ensemble du paysage boursier. Cela entraîne des changements soudains de position, avec un renversement immédiat de la tendance des prix de certains titres et une augmentation des risques ; il en résulte une recherche spasmodique de protection avec l’utilisation de produits dérivés mais qui entraîne une augmentation des coûts.

Le temps est venu, en vérité si longtemps attendu, d’un retour des opérateurs à l’analyse fondamentale, avec évaluation du cadre économique sous-jacent par l’estimation des revenus et des risques ; pendant trop longtemps, le marché et les ventes ont négligé la réalité « économique », dans une sorte de boulimie de gain facile résultant d’une fluctuation fréquente et irrationnelle des prix, due uniquement au jeu des intervenants dans la recherche de profits à partir de différences de prix, non liées aux facteurs fondamentaux.

I minus valori sulle quotazioni, nell’ordine del 30 per cento in media sui principali mercati, hanno determinato un primo riallineamento tra economia reale e valori finanziari; restano pero’ molte incertezze che “infettano” le attitudini degli operatori e le loro capacità di analisi.

Un’opportunità d’investimento nel breve o brevissimo periodo puo’ derivare dalle  rapide oscillazioni dei corsi rispetto al proprio fondamentale, già livellato per alcuni titoli dai minus valori degli ultimi giorni. Ma quest’attività presenta dei pericoli per lo sprovveduto risparmiatore ed anche per l’investitore più preparato ma che non puo’ interessarsi all’andamento dei mercati a tempo pieno.

Pertanto, si consiglia un atteggiamento da “cassettista”, prediligendo i valori mobiliari caratterizzati da buoni fondamentali, senza pero’ rinunciare all’assistenza di un valido consulente finanziario.

Un ritorno quindi alla realtà, anche se dura ed incerta. E’ il caso di dire che “quando arriva la tempesta, i primi a volare sono gli stracci”.

Categories
Économie

Le contraste apparent Capital-Travail en économie

Les systèmes de production modernes sont basés sur la relation capital-travail, un facteur technique du travail, dont découlent différentes combinaisons possibles de facteurs de production et dont dérivent des biens et services économiques et donc de la valeur.

Les “utilités supplémentaires” (par rapport aux marchandises utilisées) dérivant des produits obtenus représentent un revenu (valeur ajoutée), net d’amortissement, soumis à des processus ultérieurs de distribution (répartition) en termes de salaires, d’intérêts et de bénéfices.

Par conséquent, la richesse prend la qualité de “stock”, tandis que la valeur (revenu) de “flux”.

Il ne nous sera donc  pas difficile de comprendre que la production d’utilités économiques a pour seul objectif d’assurer la survie de la race, par l’utilisation des biens obtenus (en termes de valeur – stock monétaire) pour la satisfaction des besoins existentiels (biens et services autrement définis comme “économiques”).

Si l’on observe de plus près la réalité des productions, modernes ou non, on ne peut que constater leur caractère essentiel basé sur le “travail économique” ; les produits sont toujours et en tout lieu le résultat de l’intelligence humaine appliquée à un processus particulier, tandis que la technologie représente un facteur d’amplification des capacités de travail de l’homme sans jamais pouvoir les remplacer complètement.

Et s’il est possible d’imaginer un monde où toute production est réalisée par des “machines”, il faut cependant considérer que les processus organisés dans un système sont toujours le résultat de l’intelligence humaine.

Dans une première conclusion, on peut alors affirmer qu’il n’y a pas de valeur, c’est-à-dire de revenu (compris comme une richesse supplémentaire) sans travail ; en d’autres termes, aucune économie n’est faite pour fonctionner sans travail.

Mais les systèmes de production modernes ont renversé cette vérité incontestable, bouleversant la réalité économique et faisant référence au capital comme étant le rôle principal dans les processus de création de valeur.

Dans la mesure où les politiques industrielles mises en œuvre par les entreprises, ainsi que celles élaborées par les gouvernements placent l’augmentation de l’apport de capital à la base de la croissance économique. Cela aboutit à une croissance exponentielle de la productivité du travail, car le renforcement du facteur technologique amplifie de plus en plus la capacité de travail des individus, tant au sens “qualitatif” que “quantitatif”.

  1. Dans le premier cas (la qualité), on constate une amélioration du contenu technique des biens produits, un signe tangible de progrès avec des effets positifs sur la qualité de vie des populations.

Il reste à savoir si le progrès technologique a entraîné une augmentation du salaire moyen, c’est-à-dire une augmentation du revenu disponible des classes ouvrières, afin que les biens qu’elles ont contribué à produire puissent être achetés.

Malheureusement, ce n’est que trop rarement le cas, car les bénéfices de la valeur produite sont principalement transformés en profits plus élevés pour les capitalistes. Cela est dû aux systèmes actuels de distribution de la richesse (revenu) produite dans les entreprises, basés sur une prévalence totale du capital qui est en position de control dans la détermination du niveau des salaires et des prix, sur la base de ses objectifs de profit.

De cette façon, les “producteurs” (travailleurs) se retrouvent avec la plus petite partie de la valeur obtenue, en raison de la tentative trop souvent réussie de mettre en œuvre des politiques de bas salaires. En outre, la liberté absolue du capitaliste de définir le niveau des prix sur la base de ses propres objectifs de profit, en tenant compte de la situation des marchés de débouchés, rend le salaire réel souvent inférieur au seuil de subsistance minimal.

Il semble alors clair  que le vrai problème des Économies modernes (jamais résolu) consiste en la volonté substantielle des capitalistes (entreprises) de définir le niveau des salaires et des prix, toujours et seulement en suivant leurs propres plans de convenance économique (profit maximum).

La « farce » (ou plutôt, le « mensonge » bien articulé) de la soi-disant théorie du « libéralisme économique » (non-intervention en économie), par de nombreuses écoles de pensée économique renommées et de nombreux gouvernements appliqués, est présentée comme une « arnaque » colossale contre les classes ouvrières (voir Galbraith J.K, Stiglitz J.E. et autres), puisque les entreprises sont placées dans des conditions d’arbitraire substantiel dans la définition des salaires réels et, donc, en influençant de manière quasi absolue les processus de répartition des richesses produites entre les peuples de nations entières.

La pauvreté généralisée ne pourra jamais être vaincue et éradiquée tant que ce système d’arbitraire économique, aux mains des riches et des puissants, prévaudra.

Une politique économique des Etats qui mette sous contrôle effectif le processus de formation des prix dans les entreprises et les systèmes de distribution de la richesse produite, c’est-à-dire la répartition de la valeur entre les salaires et les profits, semble indispensable.

Mais il y a davantage encore d’aspect déjà brièvement représentés (voir Yerushalmi D., The Global Review, mars 2018).

  1. Il reste à examiner si l’augmentation de l’apport technologique a un impact significatif sur la quantité de biens produits par unité de travail employée (productivité du travail).

C’est l’exemple le plus répandu, car le progrès technique manifeste dans la norme ses effets conjointement sur la « qualité » et la « quantité ».

Il en résulte une augmentation du produit (biens et services), toutes autres choses étant égales par ailleurs, à savoir que la capacité d’absorption du marché peut entraîner une réduction de la main-d’œuvre employée.

C’est la véritable raison du taux de chômage chronique qui est toujours présent dans le système de production capitaliste moderne, c’est-à-dire basé sur l’augmentation de l’apport technique qui conduit invariablement à une augmentation du ratio « capital/travail » car il augmente le ratio « produit/travail » (c’est-à-dire qu’il diminue le ratio « travail/produit »).

La disponibilité de plus en plus faible du travail entraîne deux effets indésirables mais souhaités de l’élite dominante :

  • Une réduction du revenu disponible pour la catégorie de travailleurs, en raison de la réduction des emplois disponibles ;
  • Une tendance à la réduction continue du salaire moyen, en relation avec l’augmentation de l’offre de travail, caeteris paribus.

C’est exactement la situation des économies modernes : abondance de main-d’œuvre et bas salaires, malgré la croissance constante du PIB des nations qui, d’autre part, mesure une augmentation illimitée des bénéfices et, en général, des revenus du capital.

La solution ne peut être que l’économie politique :

  • D’une part, il est nécessaire d’augmenter la production en absorbant principalement la main-d’œuvre disponible. En fait, il s’agit d’inverser la fonction du produit (Cobb et Douglas), dans les orientations politiques dominantes basées sur l’augmentation de l’intrant technique (le capital), avec transformation en « variable indépendante » de la quantité de travail employée. De cette façon, la fonction paramétrique « dépendante » est assumée par le facteur capital tandis qu’en maintenant constant l’apport technologique, on procède à un plus grand dimensionnement de la fonction du produit uniquement par l’augmentation du facteur travail, jusqu’à l’absorption totale de la main d’œuvre disponible.
  • D’autre part, si le niveau du produit n’est pas suffisant pour assurer un revenu adéquat par habitant, une augmentation du facteur capital (technologie) sera effectuée afin de déterminer une augmentation de la production et du revenu (voir Yerushalmi D., The Global Review, mars 2018).

On comprend que ce schéma de fonctionnement de l’économie, toujours possible, implique un bouleversement total de la structure actuelle du pouvoir politique, économique et financier. 

Mais il est certain que toute autre voie promue par le plus grand nombre sera toujours inefficace, car elle ne pourra pas toucher les aspects essentiels de la production et de la distribution de la valeur, conséquence inévitable du mélange travail-capital.

Categories
Marchés Financiers

Le Nouveau pacte vert – les investissements de l’avenir

Il ne faut pas croire que tous les êtres humains sont devenus respectueux de l’environnement et prêts à renoncer aux privilèges et au confort acquis au fil des ans. En réalité, l’attention portée à l’environnement, justifiée par la nécessité d’endiguer les effets du changement climatique, a rendu le Nouveau pacte vert à la mode ; les gouvernements s’adaptent ainsi que les politiques  des entreprises en matière d’image.

Le Crédit Suisse en tant que sponsor principal de Roger Federer et les campagnes médiatiques pour une image “verte” avec la jeune Greta Thunberg en sont un exemple.

NEIGE en Arabie Saoudite dans le désert alors qu’à Londres les fleurs poussent dans les jardins.

Peu de gens sont réellement disposés à changer leur mode de vie de manière sensée, adhérant de manière convaincue et consciente aux politiques de « durabilité » de l’environnement.

Le problème d’une plus grande attention écologique ne trouve certainement pas de solution adéquate avec l’utilisation de vélos électriques à la place des scooters, ou avec l’achat de voitures non alimentées en hydrocarbures : le phénomène risque de rester prisonnier des limites d’un « style de mode «  et d’une « image ».

Néanmoins, les effets les plus sensibles du Nouveau pacte vert se manifestent dans les politiques économiques des gouvernements et la qualité des investissements des entreprises. Les tentatives d’orienter la production industrielle dans une certaine direction conduisent inévitablement à de nouvelles politiques fiscales, avec l’intention de réduire l’utilisation de plastiques, de moteurs diesel et de la consommation de carburants polluants dans les transports aériens : le temps des « taxes vertes » est arrivé.

Sans entrer dans le débat scientifique sur les causes réelles du changement climatique, en raison de notre incompétence spécifique, il faut préciser que les gouvernements se précipitent pour adopter des politiques « vertes » avec l’intention principale de gagner les préférences de l’électorat et même au-delà, comme par exemple,  l’Union européenne avec

  • le nouveau Pacte vert pour le climat, une prévision de 1 000 milliards d’investissements jusqu’en 2030
  • un projet spécifique qui concerne la « transition du charbon »,
  • de nouvelles taxes « écologiques » dans le but de réduire les émissions de CO2, ainsi que
  • l’émission de nouveaux « droits de CO2 » pour les entreprises qui dépassent les limites prédéfinies.

En réalité, de nombreux problèmes ayant un impact important restent sans solution, comme ceux liés

  • au « recyclage » des substances toxiques,
  • à l’élimination des vieux « pots catalytiques » et des voitures à moteur diesel ainsi que des vieilles “éoliennes” qui ne fonctionnent plus.

De plus, un débat s’est récemment ouvert sur le recyclage des vieilles et des nouvelles « batteries » sans avoir encore identifié de solutions efficaces.

Outre les problèmes résumés ci-dessus, il existe également des tensions sur les principaux marchés économiques mondiaux en raison des obstacles croissants aux échanges, tels que l’imposition de nouveaux droits et de sanctions à l’encontre de certains pays en raison de la modification des scénarios de l’équilibre géopolitique.

Un coût total et global énorme qui va de pair avec

  • une situation économique générale caractérisée par le ralentissement et la récession,
  • une réduction du pouvoir d’achat des masses principalement due à des politiques de bas salaires, à l’exception de quelques pays comme Israël et les États-Unis (avec quelques incertitudes).

La situation sur les marchés financiers montre d’excellentes opportunités d’investissement, en référence aux rendements attendus, pour la nécessité croissante de mettre en œuvre des politiques d’investissement « vertes », avec de nouvelles émissions de prêts et un financement croissant des fonds d’investissement. Le phénomène touche dans une certaine mesure tous les secteurs, de l’habillement aux transports, de l’agriculture à la consommation des ménages, à la gestion des déchets urbains, à la construction, aux nouvelles technologies et au tourisme.

Pour les investisseurs, les possibilités de diversification du portefeuille d’investissements financiers se multiplient donc, avec de nouvelles perspectives en termes de rendement et de risques.

Toutefois, il ne faut pas se laisser guider par un optimisme facile et notre suggestion pour les épargnants privés est de toujours consulter un conseiller financier de confiance.

Categories
Marchés Financiers

Un monde en quête d’une véritable relance de l’économie.

La situation économique générale reste globalement inchangée : le ralentissement de la croissance mondiale, le niveau record de la dette privée et publique et les changements majeurs intervenus dans le cadre géopolitique mondial se confirment.

Les hypothèses controversées sur les causes du réchauffement climatique, ainsi que la confusion qui en résulte, sont à l’origine d’une tendance vers un changement des politiques industrielles et économiques, avec de nouveaux investissements qui ne sont pas toujours capables de soutenir réellement les besoins de développement des entreprises. Les secteurs de l’automobile, du transport aérien et des matières plastiques sont plus fortement impliqués. Les politiques fiscales des nations sont affectées, avec une augmentation des taxes dites « écologiques », qui génèrent normalement une hausse des prix à la consommation.

Les guerres commerciales entre les grandes puissances économiques mondiales sont la cause d’une instabilité croissante des politiques intérieures des nations, avec des effets déstabilisants sur l’équilibre géopolitique. De plus, les grandes difficultés financières des gouvernements, qui ont des répercussions sur la solvabilité économique de certaines des principales organisations internationales opérant sous l’égide de l’ONU, s’ajoutent à cela, ainsi que l’augmentation des pressions nationalistes et des troubles sociaux au sein des États, en raison de la déception des populations mondiales quant à leur capacité à surmonter les problèmes ancestraux du sous-développement. Les conséquences en sont évidentes dans les flux croissants d’immigration irrégulière, qui ne peuvent être contrôlés tant que les conditions de vie économiques et sociales indécentes de la majorité des peuples des pays en développement ne sont pas corrigées.

Le processus de « mondialisation » en cours ne semble pas avoir eu les effets escomptés, c’est-à-dire, en premier lieu, celui d’une augmentation du pouvoir d’achat des populations de chaque pays, étant motivé principalement par la recherche de politiques de bas salaires et de faibles coûts fiscaux, dans le but de faire croître le profit du capital.

 Ainsi même dans les pays les plus développés, on constate une augmentation du chômage et une diminution du salaire moyen.

La politique gouvernementale s’est donc révélée incapable de faire face à la situation de pauvreté généralisée due au sous-développement marqué de l’économie des pays du « tiers monde », avec un énorme « gaspillage » de ressources humaines non utilisées ou sous-payées. Le capital prend alors le pas sur l’action gouvernementale et le tableau décourageant s’accentue. La dialectique politique a franchi la frontière des « idéologies » pour se réduire à une confrontation enflammée, mal comprise par la majorité des observateurs, entre « souverains » et « mondialistes », qui ont perdu « le fil du discours » et négligé les causes réelles de la catastrophe actuelle, à savoir l’absence de politiques industrielles et économiques appropriées.

La fragilité économique des nations se reflète dans la tendance toujours plus marquée de la dette publique, avec une augmentation inévitable du fardeau fiscal et une réduction du pouvoir d’achat et d’investissement du secteur privé. La sécurité sociale souffre d’une augmentation significative de l’âge moyen de la population et, afin d’éviter le risque de défaillance, une tentative est en cours pour rehausser l’âge de la retraite.

Dans cette situation générale de crise profonde et de confusion politique, les banques centrales ont inondé le monde de liquidités (Hélicoptère monétaire) par le biais de baisses de taux, d’injections de liquidités, d’achats d’actifs, tandis que les gouvernements tentent de remédier à la crise économique jamais surmontée par des politiques d’incitations sectorielles, de relance budgétaire, et dans certains cas par des investissements publics.

Dans le domaine financier, avec la présence de taux négatifs, on constate une augmentation marquée des activités de recherche de rendement du capital, ce qui fait passer l’attention sur les conditions de risque des actifs en ordre secondaire, suivant le chemin d’une réduction de la liquidité des portefeuilles également avec des investissements de type immobilier.  

Les principaux indices boursiers sont à des niveaux record, soutenus par les attentes des investisseurs (pas toujours rationnelles) et par la recherche de rendement, dans un contexte général de ralentissement ou de récession de l’économie, avec pour conséquence une baisse significative des bénéfices des entreprises et une augmentation des défaillances d’entreprises.  

Il est donc plus urgent d’élaborer des stratégies prudentes de composition des portefeuilles, l’objectif principal étant de limiter objectivement le risque. La préférence est donnée à l’achat de produits de qualité ou de marchandises dites de refuge, y compris l’or, l’argent et certaines monnaies mondiales telles que le dollar américain, le yen et le franc suisse. 

Il convient d’accorder une attention particulière au phénomène dit de « stress de liquidité » à court ou très court terme, ainsi qu’à la performance des obligations d’entreprises, avec des taux stressés et des dates de remboursement importantes dans les mois à venir. La nécessité de procéder à une évaluation minutieuse de la qualité du crédit, qui s’est en fait considérablement détériorée ces derniers temps, continue de jouer un rôle central important.