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Marchés Financiers

La liberté n’est pas gratuite

L’un des aspects saillants de la vie économique et sociale des masses dans les sociétés modernes est la recherche effrénée de la “liberté”, sans pouvoir réellement la conquérir.

Le problème découle de la manipulation de l’information dans tous les contextes de la vie collective, avec des effets sur la qualité de l’existence privée des individus, jusqu’à la formation d’une véritable “psychose de masse”.

Comme dans le cas de la pandémie de COVID, la situation s’est répétée avec les nouveaux événements de la géopolitique internationale, en lien avec le récent conflit Russie-Ukraine : l’EFFET GREGGE, tous unis contre le méchant.

Manipulation à grande échelle de l’opinion publique et des perceptions individuelles, par le biais de programmes télévisés, de journaux télévisés, de journaux, d’influenceurs, du financement des hommes politiques et des crédits accordés par les gouvernements aux particuliers (qui deviennent de facto sous “contrat”, dépendants et assujettis). La conséquence est la perte de l’identité privée et collective.

Dans une économie mondiale déjà ralentie et incapable de se remettre complètement de la crise financière de 2008, la pandémie du Covid s’est manifestée, avec deux années d’effets catastrophiques sur l’ensemble du système productif de la planète.

À ce jour, les attentes concernant la sortie de la crise économique ont été largement déçues par l’éclatement du conflit russo-ukrainien.

Les problèmes non résolus se sont encore aggravés. Ce processus indésirable est maintenant exacerbé par une augmentation inévitable du chômage due à l’arrêt de nombreuses productions industrielles en raison d’une forte hausse des coûts d’approvisionnement en énergie. D’autre part, le taux d’inflation attendu semble augmenter fortement en raison de la hausse des coûts industriels, y compris ceux liés à l’achat de matières premières et de produits semi-finis, provoquée par une forte augmentation des prix et une flambée des coûts de transport, principalement par voie maritime : la “stagflation” tant redoutée s’installe.

Les effets négatifs qui en découlent sur la qualité du crédit privé et donc sur la solvabilité des banques, en raison de possibles “pics” d’insolvabilité, sont inévitables. Mais même dans le secteur des crédits publics (dettes), les prévisions sont en train de tourner au vinaigre, car il sera bientôt évident que les recettes fiscales seront sensiblement réduites en raison d’une contraction du PIB : il en résultera une forte pression sur le risque de défaut des administrations publiques.

Dans ce contexte d’attentes économiques négatives, l’augmentation attendue des dépenses militaires n’est pas de bon augure pour les politiques sociales, si ce n’est une forte réduction de ce qui reste de l’État-providence.

En raison de la situation économique mondiale actuelle, les marchés sont très volatils, notamment en ce qui concerne les prix des matières premières et des métaux, des denrées alimentaires et des composants industriels de haute technologie.

Afin d’éviter une crise probable des dettes souveraines, il y aura une augmentation continue de la masse monétaire en circulation par les banques centrales, d’abord pour soutenir le remboursement des dettes publiques qui sont sur le point d’expirer et ensuite pour garantir une liquidité suffisante dans la gestion des banques commerciales.

Jusqu’à quand ? Les principales monnaies internationales actuelles (dollar et euro), basées sur la non-convertibilité et donc sans “valeur intrinsèque” capable de soutenir leur circulation, peuvent-elles résister et continuer à offrir une qualité de “valeur de réserve” à un public de plus en plus stressé par la forte réduction des revenus et des parts de richesse réelle ?

En outre, il faut dire que la situation économique et financière mondiale, déjà en crise, est aggravée par les lourdes inconnues liées aux conséquences de la “guerre économique” en cours entre la Russie, et en général le bloc de l’Est, et les États-Unis et l’Europe, en raison des sanctions imposées qui ont pour effet de pénaliser fortement tant la “victime” que le “bourreau”.

La question la plus évidente, et qui promet de profonds changements dans la géopolitique économique et financière, est le possible processus de “dédollarisation” tenté par la Russie et la Chine avec la complicité de certains pays arabes et asiatiques, basé sur l’intention d’établir un flux d’échanges de matières premières et de produits alimentaires de base (en premier lieu le blé) “intermédié” par le rouble et le yuan.

Ce processus est associé à la tentative de conclure des transactions avec l’utilisation de bitcoins pour une grande partie des achats privés effectués jusqu’à présent par le biais de cartes de crédit ou de systèmes de paiement “occidentaux” (Paypal).

Le public développera probablement une capacité jusqu’alors inconnue de “sélectionner” l’information, en rejetant les thèses proposées par les médias officiels et la propagande gouvernementale.

Une augmentation de la production de pétrole et de gaz naturel est prévisible, avec une transition lente vers une diversification des sources d’énergie ; toutefois, à court terme, le problème du “coût” de l’approvisionnement en matières premières et en ressources énergétiques demeure, ce qui laisse présager une aggravation de la situation économique des masses, avec la possibilité de graves tensions sociales et une forte instabilité politique.

Il est suggéré d’éviter les investissements en titres financiers de toute dénomination et de privilégier les biens de refuge, en premier lieu les métaux précieux.

 

 

 

 

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Économie

La télévision ne peut suffire à la Russie de Poutine sans un réfrigérateur plein

Comme tout le monde ne le sait peut-être pas, la Russie d’aujourd’hui, d’un point de vue économique, est un pays très fragile avec une très forte discontinuité entre les grandes villes et les zones rurales, et ce malgré l’immense richesse en ressources humaines et naturelles qui ont permis un énorme bond en avant par rapport aux années qui ont suivi la désintégration de l’URSS. Mais l’incontestable développement réalisé n’a pas que des lumières mais également des ombres.

L’écart est encore plus grand si l’on considère que la Russie est un pays immense, 17 130 000 km², le plus grand du monde, alors que l’Italie ne fait que 301 340 km². Sans parler de la population ; l’Italie compte 59,55 millions d’habitants (en 2020, données de la Banque mondiale), les Russes 144,1 millions (2020, données de la Banque mondiale).

Pour s’en convaincre, jetons un coup d’œil aux chiffres et comparons-les à ceux de notre pays. Le PIB de la Russie (chiffres de 2020) est de 1 483 milliards de dollars US, tandis que le PIB de notre pays est de 1 886 milliards de dollars US (le PIB de l’Allemagne en 2020 est de 3 806 milliards de dollars US).

Si l’on considère que la Russie de Poutine consacre environ 70 % de son budget à la construction de nouveaux missiles, navires et avions, il n’en reste pas moins que les dépenses militaires (bien qu’énormes) ne suivent pas le rythme de celles des pays européens, sans parler des États-Unis. Ainsi, même d’un point de vue militaire, le géant russe n’est pas si grand.

En outre, les données les plus récentes et les données post-pandémie ne donnent pas l’image d’une économie en équilibre. En fait, bien que l’année dernière l’économie russe se soit largement remise de la chute causée par la pandémie – considérant qu’en 2020 le PIB a baissé de 3,1% et qu’en 2021 le produit intérieur brut de la Russie a augmenté à un taux de 4,7% et la production industrielle a augmenté de 5, 3% – une analyse des données, publiées par l’agence de statistiques Rosstat, montre que les secteurs qui ont connu la plus forte croissance au cours de l’année sont les hôtels et les restaurants (+24%), la culture et les sports (+8%) et le commerce de gros et de détail (+8%).

En bref, une croissance du marché intérieur soutenue par une économie de consommation, qui est toutefois extrêmement sensible au “vent de la guerre” et aux importations de produits de luxe. En outre, les performances économiques ont également été marquées par une forte hausse de l’inflation, qui a atteint près de 7 % sur l’année, avec des augmentations particulièrement fortes pour les produits alimentaires de base.

Fondamentalement, la baisse du pouvoir d’achat des Russes s’est poursuivie en 2021, une tendance qui dure depuis 2014. Et l’écart s’est creusé si l’on considère également le revenu par habitant : en Russie, en 2021, il sera de 11 273 dollars par tête (soit 3 490 dollars de moins qu’en 2013, plus ou moins la moitié du chiffre portugais). Le revenu moyen européen est d’environ 32 000 euros, soit un peu plus qu’en Italie.

Si l’on considère le commerce international sur la période 2010-2019, la Russie a exporté pour 4,3 milliards de dollars (l’Italie un peu moins de 3,9). Les trois quarts de ce chiffre sont représentés par le gaz et le pétrole, le reste étant constitué de presque toutes les autres matières premières.

En d’autres termes, la Russie a besoin de tout, et avant tout de technologie, la même technologie qu’elle utilise (et dont elle fait tant de publicité) dans son invasion actuelle de l’Ukraine.

Enfin, la faible vitalité de l’économie est confirmée par les enregistrements de brevets valides dans l’Union européenne ; en dix ans, les Japonais en ont enregistré 1 812 par million d’habitants, les Américains 535, les Russes seulement six.

À cela s’ajoute l’impact des sanctions adoptées qui, entre autres, sont venues bloquer les ressources de la Banque centrale russe à l’étranger, dont la capacité à soutenir le rouble pourrait bientôt devenir problématique ; rien que le dernier jour de février, le rouble a perdu 30%, ce qui signifie une hécatombe pour la Banque centrale russe ultra-capitalisée. La finance est également au premier plan. Les actions des sociétés russes cotées à l’étranger ont subi de lourdes pertes (une perte estimée à environ 90%).

La Banque centrale a recommandé aux établissements de crédit d’envisager de reporter le versement des dividendes et des primes aux dirigeants, annonçant une série de mesures de soutien au secteur dans le but évident d’apaiser la situation. Mais l’appel (bien qu’effectivement patriotique) ne peut que rassurer pour un temps. Un bouleversement est également possible en ce qui concerne les matières premières ; en particulier en ce qui concerne le pétrole (d’ailleurs, les manœuvres sur le gaz prennent beaucoup de temps), la force de la Russie se mesure à ce que les pays de l’OPEP pourraient décider. Une augmentation de la production aurait en effet pour effet de calmer les prix et de frapper davantage l’économie russe.

De notre point de vue, cela conduit à une première réflexion importante.

Plus les hostilités se prolongent, plus la viabilité économique de la guerre pour la Russie est réduite. . Autrement dit, comme dans le cas de l’Union soviétique en Afghanistan, la Russie n’a pas la force économique de soutenir une guerre d’occupation dans un pays aussi vaste que l’Ukraine et dont la population de 44 millions d’habitants ne se rend pas.

La Russie ne peut donc compter que sur une guerre éclair, qui poserait les bases d’une négociation avantageuse. A l’inverse, la prolongation de la guerre pourrait avoir des développements dramatiques pour la Russie de Poutine, étant donné qu’il ne sera pas possible pour le pays de soutenir une guerre pendant une longue période (et les coûts économiques qui en découlent) et ce, en particulier, parce que, en plus de mener une guerre sur le front extérieur, elle ouvrira également, très vraisemblablement, un front intérieur que Poutine ne sera certainement pas en mesure de gérer avec la politique de “la télévision et le réfrigérateur”, c’est-à-dire de propagande et de soutien économique à la population.

D’un point de vue purement économique, il convient toutefois de souligner que l’unité d’action démontrée ces derniers jours dans la décision et la mise en œuvre des sanctions contre la Russie avec une puissance de feu sans précédent pourrait s’avérer être une arme à double tranchant pour le bloc occidental nouvellement (re)né (c’est-à-dire les États-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne et l’UE). En effet, cela pourrait amener de nombreux pays aujourd’hui alliés ou neutres à penser qu’un sort similaire pourrait leur être réservé, peut-être dans un avenir pas trop lointain, lorsqu’il existe une source de désaccord et un foyer de tension.

Il est inutile de rappeler à tous qu’il existe encore aujourd’hui de nombreux foyers de lutte dans le monde. Outre l’Ukraine, il y a des guerres à Aceh, en Afghanistan, en Algérie, au Burundi, au Brésil, en Colombie, en République démocratique du Congo, en Côte d’Ivoire, en Égypte, en Érythrée-Éthiopie, aux Philippines, au Yémen, en Irak, en Israël-Palestine, en Libye, au Cachemire, au Kurdistan, au Népal, au Nigeria, en République centrafricaine, en Syrie, en Somalie, au Soudan et en Ouganda.

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Économie

Dette publique et accumulation de capital.

La force d’accumulation du capital découle de son rendement (r), puisque les détenteurs de la Richesse maintiennent leur niveau de vie sur la base de ressources r – s = c (taux moyen de consommation du revenu) ; ce sera donc r – c = s, et donc s = i (taux moyen d’investissement par rapport au revenu), en supposant que l’épargne (revenu non consommé = s) soit entièrement investie (voir entre autres Piketty TH, 2013).  En fait, dans une économie monétaire et de crédit moderne, la formation d’un surplus économique (s) s’incarne normalement dans un surplus financier, c’est-à-dire dans des actifs financiers ou des stocks monétaires, puisque la perception du revenu se fait principalement en termes monétaires-financiers.

C’est certainement le cas pour le rendement du capital financier (r).

Par conséquent, du taux d’épargne (s) naît la formation d’excédents financiers qui représentent une augmentation de la Richesse, qui peut être utilisée pour acheter des actifs représentant des investissements productifs (obligations et actions d’entreprises) ou des déficits de l’administration publique (obligations d’État), de la détention desquels découle le bénéfice des intérêts et des différences de valeur pour les titres de créance ou des dividendes et des plus-values pour les actions, si l’épargne accumulée n’est pas transférée dans des paradis fiscaux à des fins d’évasion fiscale comme c’est le cas de plus en plus souvent.

Les rendements du capital ne revêtent donc pas la même nature :

  • En d’autres termes, les actifs investis représentent parfois le capital technique des entreprises, ce qui, dans une économie monétaire et de crédit comme l’économie moderne, correspond normalement à des actifs financiers ; on parle alors du rendement des dividendes, des bénéfices et des plus-values pour les titres de participation (actions et quotas), ou des intérêts et des différences de valeur pour les capitaux d’emprunt (obligations et autres titres de créance).
  • À d’autres égards, les ressources peuvent prendre la forme de stocks retirés du circuit de la Valeur, parce qu’ils sont détenus dans des banques situées dans des paradis fiscaux ou utilisés dans des activités essentiellement spéculatives sur les marchés financiers ; dans ces circonstances, ils accumulent des rendements sous forme de plus-values s’ils sont utilisés dans des titres financiers négociés sur des marchés cotés et non cotés, ou de ” quasi-rendements ” s’ils sont détenus dans des paradis fiscaux (voir Yerushalmi D. in The Global Review, 2018).
  • Il y a ensuite le cas où le capital est investi dans des titres représentant la dette publique des nations, en profitant de l’intérêt convenu et/ou des différences de valeur résultant des fluctuations de prix en cas de cotation officielle.

Dans ce cas, la richesse financière devient le symbole de la redistribution de la valeur au sein du système économique entre le secteur privé et le secteur public. Dans ces circonstances, si l’économie est caractérisée par des niveaux significatifs d’inflation, les prémisses sont posées pour le remboursement de la dette avec de l’argent à plus faible capacité de dépense, et il y a donc un  processus de réduction de la part de la richesse privée de la Nation détenue en termes financiers.

Et en effet, cela peut déterminer une charge fiscale plus faible même pour les classes les moins riches, caeteris paribus, puisque le problème pressant de devoir réduire la dette du budget de l’État (par des taux d’inflation élevés) peut être résolu d’une autre manière ; le résultat est certainement celui d’une concentration réduite du capital.  C’est l’exemple des principaux pays européens dans l’intervalle entre les deux grandes guerres du XXe siècle, ou du Royaume-Uni dans les années 1945-1950.

En particulier, dans l’Allemagne de l’après Première Guerre mondiale et de l’après Seconde Guerre mondiale, les taux d’inflation élevés ont considérablement atténué les problèmes de remboursement du niveau élevé de la dette de l’État.

La situation est inverse dans l’Europe de la monnaie unique des premières décennies du XXIe siècle.

Les contraintes budgétaires imposées aux pays membres et les faibles taux d’inflation oscillant autour de 2%, et dans certains cas même nettement inférieurs pour certains pays, ont créé les conditions d’un avantage pour les créanciers avec une réduction du revenu disponible pour l’économie des masses, en raison de la forte pression fiscale, également de type indirect, qui dans ces cas prend la connotation d’un impôt régressif, c’est-à-dire augmentant par rapport à une consistance inférieure du revenu perçu ; Cela est dû au fait que le taux d’imposition à valeur “constante” a un impact plus important sur les revenus les plus faibles.

Le prélèvement plus élevé est nécessaire pour le paiement des intérêts convenus sur la dette, qui est en grande partie la responsabilité du grand capital financier, des intermédiaires et des banques commerciales de toutes sortes et de tous degrés.

La situation est aggravée par les limites imposées (traité de Maastricht) à la taille des déficits budgétaires, qui imposent une réduction significative de l’État-providence (Baldwin R.-Wyplosz C.,2005 ; De Grauwe P.2007 ; Mantovani A.- Marattin L.,2008).

Par conséquent, les faibles taux d’inflation dus aux politiques monétaires restrictives, les taux d’intérêt plus élevés et l’augmentation de la charge fiscale qui en résulte pour le service de la dette représentent un avantage pour la classe capitaliste, en particulier pour les détenteurs d’actifs financiers, au détriment de la vie économique des classes moins aisées, qui paient plus d’impôts pour augmenter les “rentes” des classes plus riches et dépensières.

D’autre part, si nous examinons de près la dynamique des processus de mondialisation en cours, nous constatons un processus débridé de déréglementation financière, encouragé par les principales organisations financières mondiales, telles que le FMI et la Banque mondiale, ainsi que, à certains égards, la BCE et la Fed américaine, dont l’objectif est de réaliser des profits à partir d’activités typiques de “prédation”, c’est-à-dire d’emprunter à des taux d’intérêt élevés, qui ne peuvent être remboursés par les pays en développement qu’au moyen de politiques budgétaires inspirées des principes d’austérité et grâce à l’augmentation des impôts (Milanovic B. , 2016).

Même dans ces cas, le résultat est la redistribution des richesses vers le grand capital financier, avec un appauvrissement de l’économie des masses.

  Dans le cas de la zone euro, l’exemple de la Grèce “docet”. (voir par exemple, Stiglitz J.E., 2017).

En outre, les politiques de libéralisation des capitaux ont accentué l’attitude “maraudeuse” de la finance, ce qui a entraîné une volatilité accrue des marchés financiers et des devises, avec des dommages croissants pour l’économie des pays les plus pauvres touchés par le processus de mondialisation financière (Lucas R.E. jr.,1990 ; Kose A.-Prasad E.,2003 ; 2004).

Ainsi, si la politique budgétaire est orientée vers une augmentation de la dette, elle peut atteindre l’objectif caché de redistribuer la richesse au sein des nations ; la direction des flux est donc fonction des décisions politiques sur la meilleure gouvernance du système, résultat de la prévalence de ces ou de ces autres intérêts dans le paysage économique et social de la nation.

En effet, si l’augmentation des dépenses publiques ne va pas dans le sens d’un soutien au développement de l’économie, le poids plus important des intérêts dans le budget de l’État ne peut être honoré que par une augmentation de la pression fiscale (voir Galbraith J.K., 2008 ; Penelope N., 2012).  L’expérience nous enseigne que, sauf dans les rares cas où l’urgence de rééquilibrer les graves conséquences des conflits militaires l’impose, ce sont généralement les classes les moins aisées qui paient la “facture”, exacerbant les inégalités économiques et favorisant une concentration croissante du capital privé.

Cela se fait indirectement et non ouvertement : à travers des politiques monétaires restrictives qui agissent comme un ” harpon “ sur la croissance du Produit et du Revenu des masses (Stigliz J.E,2012), à cause des effets négatifs sur les niveaux de production des petites et moyennes entreprises et donc sur les niveaux d’emploi (voir sur The Global Review, David Yerushalmi et Moreno Pierangeli), ainsi qu’à cause des taux d’intérêt plus élevés par rapport aux taux de croissance atteints et aux taux d’inflation.

En outre, la présence dans l’économie (au niveau planétaire) d’énormes stocks de richesse financière rendue stérile, puisqu’elle a été retirée du circuit principal de formation de la Valeur (production-revenu-consommation-épargne-investissements-nouvelles productions) et transférée dans des paradis fiscaux pour échapper aux impôts, jette les bases de la détermination des conditions favorables à de faibles taux de croissance du Produit ou à la stagnation et à la récession.

Et en effet, la conséquence de la forte concentration du capital dans les mains de quelques-uns détermine deux facteurs principaux de déstabilisation de l’équilibre du système productif et économique:

  • La formation de l’inégalité indésirable S > I (Épargne > Investissements), reflet direct de la soustraction du cycle d’importants quotas de la Valeur produite (sous forme de profit), avec la manifestation d’une capacité productive inutilisée en raison du niveau insuffisant du revenu des masses, et un inévitable ralentissement de la croissance, qui peut se transformer en récession en présence d’une différence marquée entre le niveau de la demande globale et la capacité de production du système.
    L’utilisation de ces ressources dans des activités “prédatrices” sur les marchés financiers    internationaux ne favorise en aucun cas l’expansion des opérations en cours dans les entreprises, en    raison de la nature même de l’investissement spéculatif qui cherche à tirer des profits des différences de prix sans rapport avec les fondamentaux sous-jacents des titres et en tout cas complètement déconnectés de l’économie réelle.
    Dans le même temps, les graves imperfections de l’environnement financier actuel, principalement dues à l’accentuation des asymétries d’information et à la prédominance d’opérateurs de taille significative ou en position d’avantage informationnel, créent des avantages croissants pour le grand capital qui se traduisent par des altérations significatives du processus de formation des prix en raison des fluctuations de prix pilotées ;  avec pour conséquence que la volatilité continue et accentuée des prix génère des pertes substantielles dans les portefeuilles des petits opérateurs et du grand public, soustrayant de la valeur sous forme de richesse financière au grand nombre de petits épargnants, exacerbant les problèmes typiques du circuit de la pauvreté, dans le sens d’un transfert de richesse du bas vers le haut.
  •  L’adoption fréquente de politiques monétaires restrictives, dans le but de ralentir le développement (effet harpon, voir la production extensive de Stiglitz J.E. ; et aussi Galbraith J.K.), augmente le chômage et génère ainsi des politiques de bas salaires, ce qui peut conduire à des réductions des taux de croissance des prix ou à des phases déflationnistes.

Le lecteur attentif comprend que ce n’est pas ainsi que l’on peut contenir la hausse des prix, car le “coût” de la gouvernance est payé par les classes les moins aisées en termes de détérioration de leurs conditions de vie, avec des avantages supplémentaires pour les détenteurs de capital financier, découlant avant tout de faibles taux d’inflation.

Cela entraîne en effet des avantages croissants pour les créanciers, c’est-à-dire les détenteurs de titres et d’actions, c’est-à-dire les détenteurs de grandes quantités de capital financier, qui évitent ainsi les conséquences de leur propre “inaction” (attitude typique du spéculateur financier et du banquier à tiroir), en obtenant des rendements “réels” plus élevés en raison des faibles taux d’inflation. En fait, R(rendement réel) = r (rendement financier) – f (taux d’inflation annuel).

A cela s’ajoute une autre observation non négligeable.

La théorie enseigne que le taux d’accumulation du capital est déterminé par le rapport B = Capital / Revenu, c’est-à-dire que la consistance du Capital de la Nation est exprimée en termes de rapport avec le Revenu de la période (année) : à titre d’exemple, si B = 5, cela signifie que le stock de Capital est cinq fois supérieur au Revenu national de la période.

Il est donc intuitif de comprendre que le taux de variation de B, c’est-à-dire le taux d’accumulation du Capital, est donné par le rapport entre s = le taux d’épargne et g = le taux de développement de l’économie ; c’est-à-dire la variation de B = s/g.

Or, un taux s supérieur à g (s>g) détermine une augmentation de la part de la Valeur appartenant au Capital, avec une augmentation de la Richesse des classes aisées. Ces derniers absorbent la plus grande part de la richesse produite au cours de la période.

Ceci est normalement déterminé si la différence r > g , c’est-à-dire que le taux de rendement du capital (r) est supérieur au taux de croissance du produit (g), c’est-à-dire de l’économie, au cours de la période considérée. Ce phénomène se retrouve généralement dans les grandes économies mondiales.

II est  donc clair que si le taux de croissance du revenu national sur une base annuelle prend, par exemple, des valeurs égales à 2% alors que le niveau moyen des taux d’intérêt est égal à 3% (en termes réels), le rendement du capital absorbe en moyenne une plus grande part du revenu produit en termes relatifs, r > g, déterminant ainsi un transfert de richesse du bas vers le haut et accentuant la pauvreté des classes ouvrières et en général des moins nantis.

Or, le même effet se produira dans le cas de taux de développement proches de zéro ou nuls, même si la politique monétaire détermine un niveau très bas de taux d’intérêt.

Dans ces circonstances, ce sera r > g, en raison d’une valeur de g proche de zéro.

La conséquence est que l’accumulation du capital ne s’arrête pas, même en cas de récession, alors que les classes populaires voient leur part de revenu diminuer de manière significative.

La situation décrite ci-dessus a caractérisé les économies de la plupart des pays de la zone euro ces dernières années, en particulier celles de la zone méditerranéenne.

” … le capital mange l’avenir (économique) de la nation …” (Piketty Th, 2013).

En effet, l’accumulation de revenus dans les mains des riches ne peut qu’augmenter la part d’épargne du revenu national (s) qui leur revient, car ils sont les principaux détenteurs d’épargne en raison du niveau élevé des revenus perçus (r), tandis que le ralentissement de la croissance (g) jusqu’à des phases de véritable récession augmente la taille des zones pauvres de la population, tout en préparant le terrain pour une plus grande accumulation de capital (variation de B = s/g).

Une fois de plus, l’analyse théorique montre que la gouvernance économique basée sur les politiques monétaires peut devenir un instrument de redistribution des revenus des classes les plus pauvres vers ceux qui sont en position de suprématie, représentés par le grand capital financier.

Les mêmes observations peuvent être déduites de la mise en œuvre de politiques budgétaires publiques visant à accroître la dette financée par l’émission de titres portant des taux d’intérêt supérieurs au taux de croissance économique.

Dans ces cas, l’augmentation de la dette publique coïncide avec un transfert de richesse du bas vers le haut.

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Marchés Financiers

La situation actuelle des marchés financiers.

La spirale de la pandémie semble s’atténuer.

Les mesures prises par les gouvernements et les banques centrales pour soutenir l’économie et les marchés laissent espérer que les effets économiques négatifs seront contenus.

Nous faisons référence à la forte réduction des taux d’intérêt, à l’ample liquidité injectée sur les marchés, à l’achat d’actifs, aux aides directes aux entreprises en difficulté, aux investissements dans les infrastructures et dans les réseaux d’information et de télécommunications (5G).

L’incertitude reste élevée en raison de l’explosion de la dette publique et privée et de la détérioration du crédit.

La présence d’une bulle financière sur les marchés est également préoccupante, en raison d’une distorsion importante des prix des valeurs cotées, des produits et des matières premières qui exacerbe l’écart entre l’économie réelle et les valeurs financières.

Dans le système de production, il existe un certain désordre dû au manque de personnel spécialisé et à la discontinuité dans l’approvisionnement des composants, essentiellement en raison des retards de production dus aux fréquents blocages et aux difficultés à trouver des matières premières.

En général, il y a eu une augmentation significative des coûts de production, ce qui a entraîné une détérioration inévitable des marges économiques, vu la difficulté de transférer les pertes d’économie vers des prix plus élevés.

La guerre commerciale entre les principales économies mondiales, qui n’est pas seulement due à des difficultés économiques nationales, mais aussi à un regain de tensions géopolitiques qui rappelle la période historique de la “guerre froide” entre les blocs de l’Ouest et de l’Est, n’y contribue certainement pas.

La volonté politique des puissances mondiales semble aller dans ce sens, ce qui risque d’avoir des conséquences négatives sur les flux commerciaux internationaux, notamment en ce qui concerne le marché des matières premières et des produits essentiels au fonctionnement des systèmes de production modernes.

La situation décrite ci-dessus est aggravée par un passage trop rapide à une économie verte, définie comme “durable” sans réelle adhésion au système de production et à ses besoins ou aux réalités économiques nationales spécifiques, qui a généré des risques de pannes d’électricité et une forte augmentation des besoins en gaz naturel.

Dans ce contexte général raisonnablement dissuasif, il existe des craintes fondées d’une hausse significative des prix et donc du taux d’inflation qui, compte tenu de la stagnation, voire de la baisse du niveau moyen des salaires et d’une augmentation substantielle du chômage, font craindre une nouvelle détérioration du niveau économique de millions de citoyens appartenant aux classes les moins aisées.

La stagflation redoutée (récession avec inflation) pourrait détruire de larges pans du tissu productif, notamment les petites et moyennes entreprises.

Il existe des incertitudes quant au contenu des politiques monétaires, qu’il s’agisse de relever ou non les taux d’intérêt ; tandis que sur les marchés financiers, il n’y a pas de limites à l’utilisation excessive de produits dérivés comme couverture pour protéger les expositions, ce qui exacerbe la volatilité des cotations et le risque d’une explosion de la bulle en cours, en raison d’une situation générale de prix cotés supérieurs aux fondamentaux de référence.

La volatilité découle également d’une recherche exaspérée de “rendement” qui détermine des mouvements “virtuels” des cotations dans le seul but de tirer des “profits” des différences de prix à court ou très court terme ; le résultat de ces “rotations” aux volumes records provoque de fortes fluctuations dans les cotations individuelles, avec toujours des chiffres records dans les hauts et les bas.

Par exemple :
Indice COMMODITY +83% par rapport au niveau le plus bas de mai 2020

 

 

Cette situation a eu un impact majeur sur des produits individuels tels que les métaux, les composants de batteries de voitures, les denrées alimentaires, le gaz, l’électricité, le charbon, l’uranium, le bois et le pétrole.

Inévitablement, cela a eu des répercussions sur les pays producteurs et leurs monnaies. Quelques exemples : l’Argentine, qui a subi une réduction de 80% de la valeur du peso depuis janvier 2020 ; le Venezuela, avec une baisse de 99,8% du prix des bolivars. Et puis il y a la Turquie, où les coûts de production ont augmenté de 93% en un an, en relation également avec la dévaluation de la livre turque, et avec un taux d’inflation annuel de 49%.

Le coût du gaz et de l’électricité en Europe a augmenté en moyenne de 60 à 80 %, malgré les mesures prises par les gouvernements pour faire baisser les prix. Les graves tensions géopolitiques récentes entre le bloc atlantique et la Russie post-soviétique laissent entrevoir la possibilité de nouvelles tensions sur le prix des fournitures de gaz.

La caractéristique principale des activités du marché est la chasse au “rendement” qui alimente la spéculation et les fluctuations fréquentes et intenses des prix.

Cela amplifie l’incertitude générale, les données et les informations devenant “virtuelles”, car elles sont manipulées et déformées.

Les plus grandes craintes se concentrent sur le premier semestre 2022, en raison des incertitudes sur le contenu de la politique monétaire et des éventuelles récidives de la crise de la pandémie.

Il convient donc de faire preuve de prudence et de pondérer soigneusement les investissements, car, au-delà des attentes, ce sont les “surprises” qui caractériseront la situation générale du marché.

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Économie

La compétitivité en économie devient violence sociale

Dans les sociétés modernes, les relations humaines se caractérisent par une forte attitude égocentrique, telle que « moi d’abord et les autres ensuite ».

Les individus se rapportent à l’environnement selon le schéma typique de l’ego « centre de gravité », par rapport auquel tout le reste « tourne ». C’est donc cette attitude qui est la norme dans le contexte des relations sentimentales, au sein de la famille et dans l’environnement de travail.

Selon ce modèle de comportement dominant, la relation avec ses semblables est conçue d’un point de vue compétitif visant à exceller, dans la possession des « choses », dans la suprématie des relations personnelles et dans un sens de distinction mal compris basé sur l’aspect extérieur, mais aussi sur la prévalence dans le jeu des émotions et des sentiments ; c’est-à-dire un acteur dans le rapport tend à prendre un genre de contrôle lors du dialogue et des relations entre les parties. Cette situation est assez évidente dans l’environnement de travail, dans de nombreuses relations sentimentales et amicales et même entre parents et enfants.

La tendance de l’homme égocentrique à l’emporter, qui devient une habitude indésirable et affirmée de beaucoup, se transforme parfois en violence privée : attitudes de forte intolérance envers l’autre jusqu’à l’agression du différent et même du parent s’il ne montre pas de disposition à satisfaire certains désirs. L’égocentrisme de certains sujets peut se transformer en délit et en crime, dans le seul but de dominer et de posséder ce qui est désiré, ainsi que dans l’organisation de véritables gangs criminels qui oppriment des sociétés entières.

L’État moderne est bien conscient de ces attitudes déplorables cachées dans le cœur humain, qui puise sa force et se manifeste dans des situations environnementales, culturelles et éducatives particulières avant tout autre contexte. C’est l’héritage qui vient à l’homme de la condition animale et qu’à y regarder de plus près, il aurait dû surmonter depuis un certain temps maintenant sur le chemin de l’évolution. 

Pour ces raisons, les nations modernes  élaborent une législation articulée visant à prévenir et réprimer la délinquance et la criminalité sous toutes ses formes, ce qui constitue le fondement d’une société qui peut être définie comme « civile ».

Le problème de l’État de droit moderne n’est pas tant celui de la répression des comportements criminels qui, à y regarder de plus près, ne produit pas de véritables effets éducatifs et donc préventifs, multipliant et accentuant dans de rares cas les blessures infligées au corps social par un système carcéral sensiblement déshumanisé et ne présentant pas d’aspect rééducatif.

Il est donc  nécessaire de mettre en place un système éducatif efficace, dans les écoles mais aussi dans les familles (la première chose mène à la seconde), d’enseigner aux jeunes la primauté du bien commun, le respect des prérogatives des autres et le privilège de la condition humaine qui dépasse le besoin de compétitivité sociale, nécessaire entre les animaux, et qui développe une forte conscience collective : c’est-à-dire des sentiments de solidarité et de secours, de coopération et d’aide, de fidélité et de confiance – des émotions qui ne sont pas répandues dans les sociétés modernes.

Toutefois, les dispositions légales et les législations des États mettent l’accent sur la partie de la loi qui régit la vie sociale et qui condamne la violence et les comportements dominants.

Les nations modernes n’accordent pas cependant la même attention régulatrice aux activités économiques, qui représentent une part importante de l’existence humaine, et dans certains cas, l’aspect central et dominant.

Le fait est dû à certains facteurs essentiels parmi lesquels se distinguent :

  • La fonction « réalisatrice » de la personnalité humaine dans le travail, condition qui place l’individu par rapport à l’environnement et à lui-même en termes de capacités personnelles à offrir, pour une contribution substantielle à la survie et à l’existence digne de la race ;
  • La manifestation de son ego – centre de gravité, qui détermine la qualité de l’approche de l’homme au travail et à l’aspect économique de la vie, qui est compris comme la possession des biens et de la richesse matérielle.

En réalité, la prédominance dans la société contemporaine de personnalités fortement égoïstes manifeste dans l’économie une compétitivité basée sur la prévarication des prérogatives d’autrui, seul élément qui permet une accumulation de richesse au-delà de toute mesure acceptable et vraiment nécessaire.

En effet, les individus qui se trouvent avantagés en toute circonstance ont tendance à s’approprier une part prépondérante de la richesse produite par le travail d’autrui. C’est le cas typique du capitaliste, qui prétend réaliser d’énormes profits principalement par des politiques de bas salaires et de prix qui sont normalement supérieurs aux bénéfices réels contenus dans les biens (voir The Global Review Yerushalmi D. et Pierangeli M.).

Un tel comportement, clairement contraire au droit naturel des choses, est toléré par les organisations étatiques et même soutenu et protégé par une législation appropriée.

Par conséquent, les capitalistes sont en tête non seulement dans le domaine économique mais aussi dans le domaine politique, activant le mécanisme efficace des Lobbies.

Ceci représente une traduction dans le domaine politique de la volonté de prévaloir sur les autres également par l’adoption de comportements qui assument la nature des délits et des crimes contre la loi naturelle.

Les conséquences sont visibles aux yeux de tous : la pauvreté et les difficultés sociales, même très graves sont partout. Des milliards de personnes « vivent » avec un revenu quotidien inférieur à celui d’un dollar américain, alors que certains privilégiés, qui représentent moins de 1 % de la population mondiale, ont accumulé une richesse qui, si elle était répartie de manière équitable, suffirait à enrichir la population mondiale entière (voir à ce propos Piketty T., Editions Le Seuil, Paris, 2013).

Si nous considérons la situation avec un regard serein, et avec une conscience de groupe plutôt que centrée sur soi, nous devons en conclure qu’il s’agit d’un crime colossal contre l’humanité. 

Il s’ensuit que les sociétés modernes sont loin d’être « civilisées ».

En vérité, elles ne diffèrent pas substantiellement de la société animale, puisque la loi du « plus fort » et du « plus capable » (c’est-à-dire dans le sens de la “ruse” typique de la bête) de violer les normes éthiques inscrites dans le cœur – la conscience de chaque homme, adoptant des attitudes typiques de la « jungle », sans aucun mécanisme efficace de contrôle et de répression, mis en place par l’État. Celui-ci assume d’énormes responsabilités en adoptant la politique de « non-intervention » dans le domaine économique, une « philosophie » paradoxale propagée par les riches et les dominants pour mieux favoriser et encourager l’expropriation de la valeur produite par les autres, normalement la classe ouvrière.

Les administrations publiques ne sont pas seulement complices des crimes graves commis quotidiennement contre des milliards de travailleurs, mais elles sont  elles-mêmes une source de criminalité, de corruption et d’inefficacité généralisées dans son système pour avoir adopté une politique fiscale folle qui devient un instrument d’oppression des peuples plutôt que comme un instrument de redistribution de richesse  et pour avoir une justice inique et une source de tout arbitraire, car elle est asservie au pouvoir du moment et à leurs intérêts.

Pour surmonter cette situation insensée et déplorable, il faut commencer par ramener l’économie à une activité strictement contrôlée, car la prévalence dans les sociétés modernes d’hommes égocentriques et cupides fait du travail un lieu de criminalité et de prévarication pour les plus faibles et, en général, pour ceux qui sont dans une position défavorable.

L’activité économique, en revanche, doit être l’expression d’une société solidaire et coopérative plutôt que compétitive, qui ne transforme pas le mérite en un instrument de suprématie pour violer et nier les besoins des autres, mais qui en fait plutôt un moyen de relations mutuelles avec des individus moins capables, afin de réaliser une distribution équitable du produit.

Ce n’est qu’ainsi que l’on pourra enfin construire une société humaine qui mérite d’être définie comme « civile »  étant l’expression de la sagesse et de l’amour des hommes.

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Technologie

Les formules magiques des aliments : sans huile de palme

En Italie, des aliments magiques sont en vente et peuvent être identifiés par les mots « sans huile de palme ». En quoi consiste cette magie n’est pas expliqué. Les consommateurs peuvent percevoir qu’un produit « sans » est un produit plus sain, mais ils peuvent rencontrer des aliments qui ne correspondent pas toujours à leurs besoins nutritionnels.

L’huile de palme extraite d’un fruit, comme l’huile d’olive, est l’huile végétale la plus consommée au monde.

Elle représente 35 % de toute la production mondiale d’huiles végétales, mais n’utilise que 17 millions d’hectares de terres. La consommation d’huile de soja est en deuxième position avec 26 % suivie par l’huile de colza avec 16 % et l’huile de tournesol avec 10 %. Le faible besoin en matière de surfaces cultivées est dû à son rendement élevé par hectare (données rapportées par Oil World, pour 2013-14, voir Figure 1).

Figure 1 – Production mondiale d’huile et superficies occupées par les plantations correspondantes, en 2013-2014.

Aspects technologiques

L’utilisation de l’huile de palme dans l’industrie alimentaire a permis d’éliminer progressivement les graisses végétales hydrogénées. En effet, dans le passé, afin de réduire la consommation de graisses animales considérées comme responsables de certaines pathologies, on pensait transformer les graisses végétales liquides (huiles de graines) en graisses solides, par hydrogénation, pour obtenir les margarines.

Malheureusement, on a découvert qu’avec le processus d’hydrogénation des « acides gras trans », considérés comme nocifs pour la santé, peuvent se former accidentellement. L’utilisation de l’huile de palme joue donc un rôle central dans la réduction de la teneur en acides gras transestérifiés dans les aliments (Hayes et Pronczuk, 2010). De plus, alors que les graisses saturées naturelles laissent intact, ou augmentent légèrement, le « bon » cholestérol (HDL), les graisses trans le diminuent et sont donc moins bonnes du point de vue nutritionnel. Pour cette raison, il convient de limiter la consommation de margarines en faveur de la graisse de palme.

Tous les acides gras saturés n’ont pas tendance à augmenter le cholestérol et les lipoprotéines LDL, mais seulement ceux « avec moins de 14 atomes de carbone », ceux à plus longue chaîne (qui prévalent dans l’huile de palme) ont un effet hypercholestérolémiant plus faible. Tous les acides gras saturés n’ont pas tendance à augmenter le cholestérol LDL et les lipoprotéines, mais seuls ceux ayant moins de 14 atomes de carbone, ceux à chaîne plus longue (qui prévalent dans l’huile de palme) ont un effet hypercholestérolémiant plus faible .

L’industrie alimentaire choisit l’huile de palme pour certaines caractéristiques que ce composant peut garantir :

  • la capacité de donner aux produits une « friabilité » ou une onctuosité adéquate ;
  • un goût et un parfum neutres qui n’affectent pas les caractéristiques organoleptiques des autres ingrédients ;
  • une stabilité élevée de sorte qu’elle résiste aux températures de cuisson et à l’oxydation.

En particulier, cette dernière qualité la rend plus approprié que d’autres huiles et graisses pour une utilisation dans les aliments cuits à haute température (par exemple pour la friture). Sa résistance à la chaleur et à l’oxydation confère aux produits une durée de conservation plus longue : dans les mêmes conditions, les produits obtenus à partir d’huiles de graines, mais aussi de beurre, ont tendance à irriter physiologiquement, à moins que des conservateurs ne soient utilisés. L’huile de palme, par contre, garantit une plus grande stabilité dans le temps, sans l’utilisation de conservateurs. Elle permet donc également de réduire les déchets.

Aujourd’hui, par conséquent, l’huile de palme est devenue un ingrédient qu’il n’est pas approprié de remplacer par d’autres huiles végétales pour des raisons technologiques et organoleptiques.

Comparaisons nutritionnelles

Comme on le sait, dans une alimentation équilibrée, les graisses devraient fournir environ 30 % du total des calories quotidiennes. En particulier, pour une alimentation correcte, il est recommandé de prendre la ration journalière de graisses afin que pas plus de 1/3 ne soit saturé en graisses. Cela signifie que, pour une alimentation moyenne de 2 000 kcals par jour, 600 kcals (environ 67 g) peuvent provenir des graisses, de cette quantité, les acides gras saturés ne devraient pas dépasser 200 kcals (environ 22 grammes). Cependant, il faut se rappeler que les graisses saturées ne peuvent pas être totalement éliminées de l’alimentation car elles sont des composants essentiels des membranes cellulaires.

Le rôle négatif des acides gras saturés sur l’hypercholestérolémie a également été redimensionné. En particulier, l’acide palmitique a été reconnu comme absolument neutre sur le métabolisme du cholestérol (Factor et Fanelli, 2012, 2013). La même corrélation entre les graisses saturées et les maladies cardiovasculaires est en cours d’examen, comme le montre une étude récente (Astrup et al., 2011). En outre, l’huile de palme contient suffisamment de tocotriénol (60-100 mg/kg) qui a un effet dépressif sur la cholestérolémie et les LDL et est également un antioxydant, tout comme les tocophérols contenus dans l’huile de palme. En outre, elle a une teneur élevée en β-carotène (provitamine A), qui dans les zones tropicales est un moyen efficace de lutter contre l’avitaminose A, qui cause la cécité et même la mort.

L’huile de palme contient des graisses saturées (44 % d’acide palmitique et 5 % d’acide stéarique) et des graisses insaturées (39 % d’acide oléique monoinsaturé et 10 % d’acide linoléique polyinsaturé). Comme toutes les graisses végétales, elle ne contient pas de cholestérol. L’acide palmitique (le composant principal) est contenu naturellement dans le lait maternel et l’huile d’olive ; le second composant est l’acide oléique, qui est le composant prédominant de l’huile d’olive (63 – 83 %).

Les aliments courants qui contiennent des graisses saturées sont :

  • Beurre 66 %.
  • Beurre de cacao             62 %
  • Graisse de bovins 54 %.
  • Huile de palme 49 %
  • Graisse de porc             45 %

Les aliments communs qui contiennent de l’acide palmitique sont :

  • Huile de palme 44 %
  • Beurre de cacao 26 %
  • Beurre 22 %.
  • Huile d’olive 11 %
  • Graisse animale jusqu’à 28 %.

Par conséquent, l’huile de palme n’est pas celle qui contient le plus d’acides gras saturés et, compte tenu de la quantité consommée, contribue peu à la consommation de ces acides : par exemple, le chocolat entier contient 50 % de beurre de cacao (donc 31 % d’acides gras saturés), mais la quantité de chocolat consommée en moyenne annuellement est certainement plus élevée que celle de l’huile de palme. En ce qui concerne l’acide palmitique, les mêmes considérations s’appliquent : la quantité d’acide palmitique prise annuellement avec du beurre et de l’huile d’olive est beaucoup plus élevée que ce que nous pourrions prendre avec de l’huile de palme.

En tenant compte de la consommation moyenne de la population italienne (Leclercq et al., 2009) et de la teneur en acides gras saturés des principales catégories d’aliments, comme l’indiquent les tableaux de composition des aliments de l’INRAN, on obtient l’estimation suivante :

  • l’apport total moyen en acides gras saturés était de 28 g/personne/jour ;
  • La contribution des acides gras saturés de l’huile de palme est très marginale, 2,88 g/jour, soit 10 % de l’apport total. Le fromage fournit 30 % d’acides gras saturés, l’huile d’olive 19 %, la viande et les saucisses 13 %, le lait et le yaourt 12 %, le beurre et la crème 8 %.

Une estimation similaire faite en France de la consommation d’acides gras saturés provenant de l’huile de palme indique environ 2,7 grammes par personne et par jour (sur les 22 grammes recommandés).

Par conséquent, on ne comprend pas les raisons nutritionnelles pour lesquelles l’huile de palme devrait être éliminée de l’alimentation. En fait, l’Autorité européenne de sécurité des aliments, dans l’un de ses rapports, conclut que : « La substitution de l’huile de palme dans les produits alimentaires n’est pas recommandée » (cf. Eufic = The European Food Information Council).**

Aspects environnementaux

La Malaisie et l’Indonésie sont actuellement les plus grands producteurs d’huile de palme : environ 86 % de la production mondiale. Dans ces deux pays d’Asie du Sud-est, la culture des palmiers fournit des emplois et des moyens de subsistance économique à des millions de personnes. Les principaux importateurs d’huile de palme sont l’Inde, la Chine et l’Union européenne.

Du point de vue de l’écologie de la culture, il faut d’abord dire qu’une palmeraie dure 20 ans alors que les autres oléagineux importants sont tous des plantes annuelles.

Le palmier à huile a un rendement moyen par hectare plus élevé que toute autre plante oléagineuse : 3,47 tonnes par hectare. Cela signifie 5 fois plus que le colza (0,65 t/ha), 6 fois plus que le tournesol (0,58 t/ha), 9 fois plus que le soja (0,37 t/ha). Elle nécessite donc peu de terre, moins d’énergie, peu d’engrais et peu de pesticides, par rapport à d’autres plantes oléagineuses (voir figure 2). Elle n’a pas besoin d’eau d’irrigation parce qu’elle est cultivée dans des zones caractérisées par de fortes précipitations.

Pour produire 35 % de l’approvisionnement mondial en huile, le palmier occupe une superficie de 17 millions d’hectares. Le soja, qui représente 27 % de la production, utilise 111 millions d’hectares. Le tournesol, avec 10 % de la production utilise 27 millions d’hectares (voir Figure 1 et FAOSTAT, 2012).

Figure 2 – Rendement, engrais, pesticides et énergie nécessaires au palmier à huile par rapport au soja et au colza.

Si l’on imaginait que la production mondiale actuelle d’huile de palme serait remplacée par une huile végétale alternative, la superficie occupée par d’autres cultures serait beaucoup plus importante. Une image fournie par FAOSTAT (2012), qui compare la superficie de l’Italie (30 millions d’hectares), montre que pour produire toute l’huile de palme actuellement consommée la superficie nécessaire serait un peu plus de la moitié du territoire italien (0,6 %) ; pour les autres cultures, le territoire occupé serait de trois à cinq fois la surface de l’Italie (Figure 3).

Figure 3 – Représentation imaginaire des surfaces (avec pour unité l’Italie) nécessaires pour produire, avec d’autres plantes oléagineuses, la même quantité d’huile de palme actuellement produite.

Produits phytosanitaires utilisés pour la culture du soja et du palmier à huile (en kg/ha/an)
Soja Palmier à huile
Herbicides                  4,2                                      0,41
Raticides                    0                                      0,001
Fongicides                 0,55                                   < 0,001
Insecticides               1,0                                      0,001
Total                        5,75                                      0,41
Source : Rival A. e Levang P., La palme des controverses, Éditions Quae, Versailles Cedex, 2013.

En Indonésie, sur 21 millions d’hectares de forêt tropicale déboisée, seuls 3 millions d’hectares étaient occupés par des palmeraies.

Au Brésil, en 40 ans, nous sommes passés de 1,7 million d’hectares à 21,7 millions d’hectares occupés par du soja (avec 75 % d’OGM) :

Pourquoi dit-on que seule l’huile de palme est la responsable de la déforestation de la forêt tropicale ? Pourquoi n’écrivez-vous pas « sans huile de soja » ? (Guidorzi et Mariani, 2017).

Alors que la demande mondiale d’huile de palme devrait encore augmenter, pour rendre la culture de palmiers durable, la Table Ronde sur l’huile de palme durable – RSPO a été créée en 2004, associant agriculteurs, transformateurs, commerçants, utilisateurs, banques, investisseurs, les ONG impliquées dans la conservation de l’environnement et dans la défense des droits de l’homme. Durable signifie que les plantations sont faites sur des terres précédemment utilisées pour d’autres cultures, ou sur des terres en dehors de la forêt tropicale.

La RSPO a développé une norme de certification mondiale et vise à sauvegarder la durabilité environnementale lors de la production croissante d’huile de palme. La certification du palmier en tant que culture durable est disponible depuis 2008. En 2014, 11,6 millions de tonnes d’huile de palme, soit 18 % de la production mondiale, avaient été certifiés à l’échelle mondiale.

Les entreprises italiennes qui utilisent de l’huile de palme (Unione Italiana per l’Olio di Palma Sostenibile) utilisent de l’huile de palme certifiée RSPO et ont l’intention d’atteindre le chiffre de 100 % d’huile de palme durable d’ici 2020 selon les critères très stricts définis par l’Union elle-même.

Pourquoi, au lieu de dire « sans huile de palme », ​​ne dit-on pas, quand il y a certification, « avec de l’huile de palme durable » ?

L’Europe importe 7 millions de tonnes d’huile de palme, mais peu savent que 46 % sont utilisés pour produire du biodiesel, l’Italie en utilise 95 %, l’Espagne 90 % et les Pays-Bas 59 % (élaborée par l’ONG Transport & Environnement, basée sur les données de Oil World).

L’Italie utilise pour la nourriture seulement 5 % de toute l’huile de palme importée, mais il semble que seuls les 5 % sont produits de la déforestation, et pourquoi ne parle-t-on pas cette utilisation en tant que carburant ?

Ce n’est que le 14 juin que le Parlement européen a approuvé une résolution visant à introduire un système de certification unique pour l’huile de palme qui pénètre sur le marché de l’UE pour  éliminer d’ici 2030 son utilisation en tant que biodiesel !

Les contradictions environnementales :

  • d’abord, nous brûlons l’huile de palme pour ne pas brûler de pétrole, puis nous réalisons que la production d’huile de palme réduit les forêts !

Par conséquent, les raisons environnementales pour lesquelles la culture des palmiers devrait être éliminée de la culture des graines oléagineuses sont incompréhensibles.

En conclusion, on peut affirmer qu’il n’y a pas de raisons technologiques, alimentaires et environnementales pour remplacer l’huile de palme par d’autres huiles.

** Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) : « Avis scientifique sur les valeurs nutritionnelles de référence pour les graisses, y compris les acides gras saturés, les acides gras polyinsaturés, les acides gras monoinsaturés, les acides gras trans et le cholestérol – Scientific Opinion on Dietary Reference Values for fats, including saturated fatty acids, polyunsaturated fatty acids, monounsaturated fatty acids, trans fatty acids, and cholesterol », EFSA Journal 2010, 8(3):1461. doi:10.2903/j.efsa.2010.1461.

Fonds Français pour l’Alimentation et la Santé (FFAS), Rapport scientifique sur l’huile de palme : http://www.alimentationsante.org/wpcontent/uploads/2012/12/Etatdeslieux_HdP_1112.pdf

RÈGLEMENT (UE) No 1169/2011 DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 25 octobre 2011 concernant la fourniture d’informations sur les denrées alimentaires aux consommateurs et modifiant les règlements (CE) n°1924/2006 et (CE) n° 1925/2006/2006 du Parlement européen et du Conseil et abrogeant la directive 87/250/CEE de la Commission, la directive 90/496/CEE du Conseil, la directive 1999/10/CE de la Commission, la directive 2000/13/CE du Parlement européen et du Conseil, les directives 2002/67/CE et 2008/5/CE de la Commission et le règlement (CE) n° 608/2004 de la Commission http://eurlex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2011:304:0018:0063:IT:PDF

Rapport de la RSPO sur l’huile de palme : http://www.rspo.org/files/pdf/FactsheetRSPOAboutPalmOil.

Bibliographie

Astrup A et al, 2011, « The role of reducing intakes of saturated fat intakes of saturated fat in the prevention of cardiovascular disease : where does the evidence stand in 2010 ? », Am. J. Clin. Nutr., 93, 684–688. http://ajcn.nutrition.org/content/99/6/1331.abstract?sid=04b35f59-16a7-44cd-9d4f-e4a5f8d6ac7d

Fattore E. e Fanelli R., 2012, « L’olio di palma e gli effetti sulla salute ». Organisé par l’Institut Mario Negri pour la recherche pharmacologique.

Fattore E. e Fanelli R., 2013, « Palm oil and palmitic acid: a review on cardiovascular effects and carcinogenicity », Int. J. Food Sci. Nutr., 64 (5), 648-659

Hayes K.C. and Pronczuk A., 2010, « Replacing trans fat: the argument for palm oil with a cautionary note on interesterification ». J. Am. Coll. Nutr., Jun, 29 (Suppl. 3), 253S-284S.

Leclercq C. et al., 2009, « The Italian National Food Consumption Survey INRAN-SCAI 2005-06: main results in terms of food consumption », Public Health Nutr., 12(12), 2504-2532.

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Économie

Facteurs d'”exogénéité” dans l’économie.

La littérature récente a fourni une définition intéressante des systèmes économiques modernes, en soulignant qu’au niveau planétaire s’impose un type d’économie ” exogène “, contrairement à l’ordre naturel qui se caractérise par un système de production de type ” endogène ” (Pierangeli M., 2019,  The Global Review).

La différence substantielle se trouve dans le fait que le Produit est aujourd’hui le résultat de l’accumulation de capital (technique) et de la croissance conséquente de la part de la valeur absorbée par les profits (économie exogène) plutôt que d’une augmentation de la consommation (économie endogène).

Et en vérité, les masses croupissent dans une condition de pauvreté substantielle, puisque les niveaux de salaire sont normalement insuffisants pour assurer des normes décentes de vie économique et pour mesurer l’épargne généralisée dans la formation : une caractéristique essentielle d’une véritable démocratie économique.

 Si la demande dérive de la structure de l’offre, c’est-à-dire que les consommateurs achètent ce qui est décidé de manière autonome par les producteurs, l’Économie prend alors la connotation d'”exogène”, c’est-à-dire extérieure à la société des masses pour la satisfaction des besoins desquelles le système de production surgit à l’origine (Pierangeli M.,2019, dans The Global Review).

Un véritable acte de perversion contre l’ordre naturel des choses.

Le fait est que l’offre, c’est-à-dire la quantité de produit, n’est pas le résultat d’une demande spontanée de biens de la part des citoyens (consommateurs finaux), mais plutôt la concrétisation des plans autonomes de convenance économique des producteurs-capitalistes, en raison de leurs propres objectifs de profit et d’augmentation du pouvoir de marché.

Dans de tels contextes, la théorie de la demande de consommation, basée sur l’utilité marginale des biens économiques, perd de son efficacité principalement en raison de la circonstance que les augmentations de production ne sont pas motivées par les besoins des consommateurs mais par des initiatives autonomes des entreprises, qui agissent de manière à stimuler la “formation” de besoins non connus des acheteurs potentiels, lesquels sont incités à acheter des biens jusqu’alors étrangers à leur plan de dépenses et donc à la structure des préférences réelles effectivement perçues en termes d’utilité (voir entre autres Galbraith J.K., 1952 ; 1958).

Produits qui, dans le cours normal des choses, n’affectent pas réellement le niveau de vie de l’acheteur et qui représentent le plus souvent le simple remplacement d’un bien en usage et non encore obsolète ou techniquement usé.

Par conséquent, comme l’affirme une doctrine faisant autorité, “…l’utilité marginale de l’augmentation du produit est nulle…” (Galbraith J.K., 1958).

L’économie prend ainsi une connotation très “exogène”, puisqu’elle n’est absolument pas liée aux besoins réels des consommateurs.

La structure de l’offre domine alors le système économique de manière absolue et les entreprises s’engagent à “générer” (stimuler) la formation de besoins toujours nouveaux mais normalement non essentiels par le biais de campagnes publicitaires et de marketing efficaces, de manière à anticiper les investissements “techniques” nécessaires à la production des biens promus.

 Il est clair que le fonctionnement du circuit économique originel a été ” bouleversé ” car l’homme n’est pas le but de l’économie qui, au contraire, ne poursuit qu’un seul objectif principal : augmenter la richesse des détenteurs de capitaux par l’accumulation de profits.

Le système productif, de cette manière, s'”autodétermine” dans le seul but d’accumuler les revenus produits, assumant une connotation “externe” aux besoins réels de la société (économie exogène).

 Dans aucun cas ou condition de système, il ne sera possible de jeter les bases d’une distribution plus équitable des richesses tant que ces facteurs pervers d'”exogénéité” n’auront pas été radicalement éliminés, conduisant à une société véritablement démocratique fondée sur l’équité et la vérité.

 Si l’on considère les niveaux de développement de la Valeur en Formation atteints dans l’ensemble de l’espace planétaire, l’homme a déjà produit ce qui est suffisant pour une existence hors de toute précarité pour chaque individu, avec la possibilité d’une large diffusion de l’épargne mais surtout d’une réduction significative du temps de travail consacré à la production de biens économiques, avec une augmentation du “temps libre” ou des ressources à allouer à l’étude, à l’art, au développement de la connaissance en général et à la culture.

Ces conditions ont donné naissance à une nouvelle société qui n’est plus caractérisée par la prévalence et l’oppression des prérogatives d’autrui, typiques d’une phase de développement primitive et ancestrale, dans laquelle il n’y a pas de suprématie d’un groupe social quelconque puisqu’elle est fondée sur la participation égale de chaque personne à la vie collective en fonction de ses talents et de ses capacités.

 L’accumulation d’énormes ressources entre les mains de quelques individus, à une échelle telle qu’elles ne peuvent être facilement réutilisées dans de nouveaux processus de production, face aux conditions indicibles de pauvreté, de précarité et de misère humaine de milliards d’individus sur toute la planète, est un crime contre l’humanité et un crime aux proportions cosmiques qui appelle à la vengeance !!!

 La situation peut être surmontée en ramenant les mécanismes du système économique à leur état original, typiquement “endogène” (interne à la société), c’est-à-dire en produisant ce qui est nécessaire à la survie de la race, selon le principe universel de la répartition équitable du Produit.

 Telle est une économie qui produit ce qui est réellement nécessaire pour un meilleur niveau de vie des populations, en présence d’une répartition équitable des ressources.

Celle-ci postule que la structure de l’offre est le résultat “spontané” de la structure de la demande, c’est-à-dire des besoins réels qui émanent de la société civile, comme expression de sa culture et de ses conceptions existentielles.

 La croissance de la production est alors le seul résultat du développement démographique, d’un plus grand bien-être économique, de l’innovation technologique et du progrès culturel.

Sur cette voie, la production se développera sans interruption, puisque l’objectif n’est pas le Produit et à travers lui le profit, mais la survie de la race selon des conditions d’existence idéales, fonction du progrès scientifique, d’une plus grande connaissance et de la croissance culturelle (économie endogène).

C’est donc toute l’économie des nations qui a besoin d’une refonte pour que le système de production reprenne son rôle et sa caractéristique originelle, celle d’être “interne” (endogène) à la société humaine, puisque l’homme intelligent se montre capable de produire les biens nécessaires à la survie de l’espèce.

Le travail économique a des limites naturelles d’application puisqu’il s’agit d’un moyen qui doit avoir pour seul but l’existence physique dans des conditions de dignité et d’équilibre, ainsi que la garantie d’une hygiène et d’une santé adéquates, l’éducation, la justice et la défense, et l’administration des biens publics.

Au contraire, dans l’état actuel de perversion de l’ordre naturel, le système de production ne représente qu’une seule fin : celle de l’enrichissement illimité de la classe dominante. 

Le développement technologique et scientifique, en tant que conséquence du progrès des connaissances vers de nouveaux objectifs, doit viser à une libération progressive de l’humanité de la nécessité du travail physique et économique, en élargissant l’espace du temps libre et en permettant aux individus de se consacrer à l’étude, à l’art, au développement de la culture et de la connaissance en général, qui sont les véritables caractéristiques qui distinguent la société humaine de la société animale.

Une économie fondée sur le bien-être économique réel de chaque individu, sans aucune forme d’inégalité dans la distribution des richesses et de prévalence d’un homme sur un autre, qui détermine les conditions de l’égalité des chances et de la véritable liberté de pouvoir développer les aptitudes et capacités naturelles personnelles, place à la base de sa croissance :

  • d’une part, l’expansion de la consommation privée, en veillant à ce que les ressources soient employées dans des processus de production efficaces et efficients, afin d’obtenir les produits de première nécessité et les autres produits et services utiles à une existence humaine de qualité élevée ;
  • d’autre part, la satisfaction adéquate des besoins collectifs, tels que l’administration correcte et équitable de l’État, l’ordre public, la sécurité et la justice, la défense, l’éducation, l’hygiène et la santé, la prévention sociale et l’assistance aux personnes âgées et en général à toute personne souffrant d’un handicap ou d’une maladie invalidante.

Dans les sociétés actuelles, qui sont loin d’être organisées selon le modèle décrit ci-dessus, il y a un sérieux manque de culture et de connaissances.  L’ignorance prévaut, encouragée par les politiques gouvernementales et la propagande du régime.

La majorité des gens de toutes les races et de tous les milieux ne saisissent pas les aspects saillants de l’existence, les buts de la vie et les objectifs qui constituent des défis pour l’humanité.

Ils sont prisonniers du quotidien et du “matériel” (du contigu et de l’immanent), totalement inconscients des attributs intérieurs de l’être humain, de ses qualités et de son potentiel en termes d’intelligence inexprimée (à l’exception d’une petite minorité, mais qui, seule, n’est pas encore en mesure de renverser le cours de la société).

L’objectif est donc la possession de biens pour le plaisir et la luxure, ainsi que la satisfaction immodérée des instincts bestiaux et des ambitions mondaines, qui, à y regarder de plus près, ne sont pas très éloignés des désirs d’un “animal-primate” (voir http://theglobal.review  Davide Aronne).

D’autre part, les dirigeants n’ont aucun intérêt à augmenter le revenu des masses, afin de pouvoir plus facilement persister dans leur condition de suprématie et de contrôle des nations.

Les principaux facteurs à l’origine de cette situation déplorable et indésirable, qui est répandue dans tous les contextes économiques de la planète, peuvent être brièvement résumés ci-dessous :

  • la prévalence de l’approche “libérale” dans la gouvernance économique des Nations, fondée sur l’efficacité des marchés, qui postule la non-intervention de l’État dans l’économie ;
  • la persistance de politiques de développement centrées sur l’accumulation de capital et donc d’intrants techniques, ce qui entraîne une croissance de la productivité du travail et une réduction conséquente de la main-d’œuvre employée pour des parts croissantes du Produit ;
  • la prédominance de politiques monétaires visant à cibler l’inflation plutôt que le dimensionnement correct des processus de production et la croissance des revenus. Cela conduit à un endiguement du processus de hausse des prix par une augmentation du chômage et une réduction simultanée du revenu des masses (voir Moreno Pierangeli et David Yerushalmi dans The Global Review).

La croissance économique n’est alors pas le résultat d’une expansion du bien-être de la population mais de la nécessité d’augmenter la richesse des capitalistes.

En d’autres termes, l’économie n’est pas mue par une augmentation de la consommation (économie endogène) mais par l’accumulation de l’épargne dans les mains de quelques-uns (économie exogène) et l’augmentation conséquente de l’apport de facteurs techniques.

“Briser un atome est plus facile que de briser un préjugé” (Albert Einstein).

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Économie

La Route de la Soie.

Avec le retour de Draghi on n’entend plus parler de la route de la soie, c’est-à-dire du réseau, qui s’est développé sur environ 8 000 km, constitué de routes terrestres, maritimes et fluviales le long desquelles, à partir des dynasties Shang (1600-1046 av. J.-C.) , Zhou (1045-221 avant JC) et Han (206 avant jusqu’a JC-220 après JC), le commerce entre les empires chinois et romain s’était développé dans des produits tels que la soie, le papier et la porcelaine.

Depuis quelques années (à partir de 2013), le gouvernement de Xi Jinping met en œuvre un plan d’investissement ambitieux, qui implique la construction et l’amélioration des infrastructures, notamment des autoroutes et des lignes ferroviaires à grande vitesse mais aussi des ports et des centrales électriques pour relancer le commerce le long de l’ancienne route de la soie entre la Chine et l’Europe, en passant par le Moyen-Orient.

L’objectif affiché du gouvernement chinois est de donner un nouvel élan au commerce. Les projets en cours prévoient deux directions principales d’est en ouest, toutes deux arrivant en Europe : une terrestre qui traverse l’Asie centrale et une maritime qui traverse l’océan Indien jusqu’en Afrique, puis tourne vers le nord. Selon la Chine, à l’heure actuelle, 67 pays ont officiellement adhéré, signant le protocole d’accord (MoU). Le pays actuellement le plus impliqué est le Pakistan, avec des chantiers d’une valeur de 60 milliards.

C’est le gouvernement Gentiloni qui a initié les négociations avec sa participation en mai 2017 – seul chef de gouvernement du G7 – au premier Forum Belt & Road.

Avec l’exécutif gialloverde et, giallorosso maintenant, les négociations se sont accélérées car, selon le gouvernement, rejoindre la route de la soie donnerait un avantage compétitif à l’Italie, qui est à la traîne derrière la France et l’Allemagne, et lui permettrait donc d’intensifier ses relations avec la Chine, d’attirer plus d’investissements et d’intensifier ses exportations vers ce pays. L’accord prévoyait la signature d’un mémorandum inaltérable, car un changement accordé à un partenaire ouvrirait la voie aux autres pour demander un changement égal. En Europe, les pays suivants ont déjà signé : la Hongrie (en 2015), la Grèce (rappelons qu’Athènes a cédé le contrôle du Pirée aux Chinois) et le Portugal (tous deux en 2018).

L’Italie devrait jouer le jeu, ou alors, le gouvernement Draghi a classé en silence, sur la vague de son amitié retrouvée avec son allié atlantique, cette perspective. La question de savoir ce qu’il faut faire doit, selon nous,  être abordée en réfléchissant aux avantages à court terme, puis aux implications du modèle de développement du marché chinois.

Quant au court terme, il y a unanimité sur le fait qu’une ouverture du commerce mondial détermine une augmentation des exportations ; en effet, les exportations augmentent proportionnellement à l’augmentation du revenu mondial (et renforcer les échanges avec la Chine reviendrait à augmenter la part du revenu mondial pour l’Italie) ; cependant, le bénéfice est atténué par le taux de change réel qui, compte tenu du niveau plus élevé des prix intérieurs dans notre pays par rapport aux prix chinois, désavantage nos exportations au profit des importations.

En revanche, il n’y a pas de consensus, mais deux grands courants de pensée, en référence au modèle de développement chinois. Selon la théorie dite du “développement en vol de canard”, la croissance économique de la Chine est essentiellement due aux conditions du marché, c’est-à-dire à l’offre et à la demande de main-d’œuvre bon marché, ce qui lui conférerait un rôle similaire à celui du Japon dans les années 1970.

Or, le modèle précité prévoit qu’un pays au stade d’évolution le plus développé étende ses connaissances aux pays les moins développés afin de devenir ensuite leur marché d ‘exportation.

  1. Le modèle peut être brièvement décrit dans les quatre phases suivantes :
    1. Début des importations de suiveurs en provenance des pays industrialisés ; cela initie la communication et le ” contact ” avec d’autres cultures. Par exemple, comme lorsque le Japon a importé du coton, du tabac, des montres ;
    2. Suivi d’une forte augmentation des importations de machines et de matières premières, et l’industrie locale des pays suiveurs devient de plus en plus importante ;
    3. Début des exportations (produits bruts) et poursuite des importations (de produits raffinés et coûteux) ;
    4. Le cycle se ferme lorsque les exportations des suiveurs vers les leaders commencent.

Cette théorie est à la fois dynamique et déterministe et, selon Akamatsu, l’économiste japonais des années 1930 qui l’a théorisée, conduit au développement et au bien-être du monde. Il ne s’agit pas d’une théorie de la domination, mais d’un modèle gagnant-gagnant. En détail : en ce qui concerne les caractéristiques des pays, les suiveurs ont à leur disposition : des salaires bas, un faible coût des matières premières, un marché local ; grâce à l’échange, un contexte culturel d’apprentissage des autres pays est créé, ce qui permet la croissance.

Actuellement, les leaders sont toujours dans la position la plus délicate, car ils seront toujours poursuivis et imités par les suiveurs, et ils peuvent essayer de préserver temporairement leur position en actualisant continuellement leurs produits et/ou en introduisant de nouveaux, afin de répondre aux demandes des marchés. L’avantage des leaders ne dure qu’un temps limité car les suiveurs utilisent leurs propres technologies, des techniques de production basées sur des industries existantes et éprouvées. Dans un tel modèle, la position prise par les pays n’est jamais définitive, il y a toujours la possibilité pour le faible de devenir fort.

Différente, et quelque temps proche de la position de Trump (mais aussi en parfaite continuité avec le nouveau président Biden), est l’approche étatique dite ” développementaliste “, dans laquelle on observe que la relation avec le marché chinois est trompée par la présence massive de l’État sur les marchés.

En substance, le modèle observe : la présence d’un Etat autoritaire fort qui sait s’opposer à la logique internationale pour protéger sa propre économie ; la présence d’une bureaucratie efficace et élitiste ; l’étroite collaboration entre l’Etat et le Marché ; l’implantation d’une économie d’exportation de matières premières – Export oriented Industrialization (EOI).

Quant à savoir ce qu’il faut faire, il convient de noter que, en théorie, la stratégie “gagner pour gagner” est optimale si l’on maintient la parité des forces (ce que les faits concrets dans les relations avec la Chine semblent démentir). En fait, la Chine décrit le projet de “route de la soie” comme un projet pacifique visant à relancer la mondialisation et le libre-échange, fondé sur la logique du “gagnant-gagnant” et des avantages mutuels avec les pays partenaires, et pour les pays à court de capitaux ; les institutions financières chinoises interviennent même avec des prêts pour financer la construction d’infrastructures qui, autrement, ne pourraient pas être construites.

En revanche, si l’on analyse le marché chinois, la “route de la soie” est un projet fonctionnel destiné à donner libre cours à la surcapacité de production interne de la Chine et, selon diverses études, plus de 90 % des travaux sont confiés à des entreprises chinoises, pour la plupart des géants d’État ; enfin, les prêts accordés sont assortis de taux d’intérêt élevés et de lourdes pénalités en cas de défaut.

Cela dit, une négociation optimale gagnant-gagnant repose sur l’hypothèse de la prise en compte de ses propres besoins et de ceux de l’autre partie, de la recherche d’avantages pour les deux parties, et est déclenchée par une méthodologie bien établie qui implique : de comprendre les intérêts et les objectifs des deux parties ; d’identifier ce à quoi chaque partie n’est pas prête à renoncer et de développer plusieurs options ensemble ; d’avoir et de démontrer un réel intérêt à trouver une solution mutuellement satisfaisante.

Toutefois, dans un contexte réel, une telle stratégie ne peut réussir que si et seulement si la voie est laissée ouverte à un comportement de réciprocité.

Cette stratégie, introduite par Anatol Rapoport en 1980, est très efficace en théorie des jeux pour résoudre le problème du dilemme répété du prisonnier.

Voici de quoi il s’agit : un agent utilisant cette stratégie sera initialement coopératif, puis répondra avec la même stratégie aux coups de l’adversaire : si l’adversaire a lui-même été coopératif, l’agent le sera, sinon, non. L’application de la stratégie dépend de quatre conditions : au départ, et s’il n’y a pas eu de provocation, l’agent est toujours coopératif ; s’il est provoqué, l’agent riposte ; l’agent pardonne immédiatement après avoir riposté, redevenant ainsi coopératif ; l’agent a une occasion constante d’affronter l’adversaire plus d’une fois. Dans cette dernière condition, il est important que la concurrence se poursuive suffisamment longtemps pour que les représailles/le pardon soient suffisants pour générer un effet à long terme plus important que la perte initiale de coopération.

Il est donc suggéré, compte tenu des prémisses, d’aborder l’éventuelle reprise des négociations avec la Chine (un pays à l’énorme puissance industrielle) avec l’attention que mérite un projet qui fait certainement date, mais qui, étant donné les ambiguïtés inhérentes au projet lui-même, se prête à une infinité d’interprétations possibles et de résultats imprévisibles.

Dans ce contexte, il est clair qu’il est nécessaire d’adopter une stratégie partagée, soutenue au plus haut niveau et pleinement comprise par les citoyens.

La théorie économique indique clairement la voie à suivre et il serait insensé de ne pas en discuter.

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Économie

L’autonomie monétaire, un acte de perversion de l’ordre économique.

La monnaie est utilisée depuis l’Antiquité comme un instrument de mobilisation ( liquidité ) de la Valeur, cette dernière étant entendue comme un stock de biens et de services de nature économique, produits pour satisfaire les besoins de l’homme liés à son existence physique, dans les domaines privés et publics (Adam Smith, La richesse des nations, 1776).

Une économie basée sur le troc, ou sur l’échange de “biens contre des biens ou des services”, présente une rigidité considérable dans l’accomplissement de sa fonction essentielle : produire et distribuer de la valeur aux membres de la communauté de manière à assurer leur survie, de préférence dans des conditions d’équité et d’existence digne de chaque individu.

D’où la définition de la monnaie comme “lubrifiant de l’économie“.

Dans l’histoire économique des peuples, différents types monétaires ont alterné, la différence essentielle étant que la monnaie est soit un “actif” car elle a une valeur intrinsèque, soit un “actif financier”, auquel cas il s’agit d’une dette-crédit (dette de l’émetteur).

Enfin, à l’époque moderne, il existait deux types de monnaie : la monnaie métallique, en or-argent ou autre métal ; et le papier-monnaie, en tant que dette de l’émetteur, “convertible” en un autre actif ayant une valeur intrinsèque, généralement l’or.

Jusqu’au XIXe siècle et une partie du XXe siècle, le principal émetteur de monnaie était l’État souverain et, dans certains cas, d’autres organes de l’administration publique.

Le prince a ainsi “emprunté” pour soutenir l’expansion des dépenses publiques pendant les guerres ou pour réaliser des travaux publics, le plus souvent structurants pour le développement de l’économie.

À cette époque, les pièces étaient de nature métallique, or et argent, ou en papier mais convertibles sur simple demande en métal précieux selon un “rapport d’échange” défini au moment de l’émission.

La monnaie légale assurait l’achat de tout bien et service produit et présent sur le marché ainsi que le paiement des dettes de toute nature, la monnaie assumant un ” pouvoir libérateur ” par la loi de l’État émetteur (Galbraith J.K., Soldi, Rizzoli, 2013). C’est encore le cas aujourd’hui.

Avec le temps et en relation avec l’énorme augmentation de la monnaie légale en circulation, due au développement des transactions économiques et financières dans un système économique en expansion continue, ou comme conséquence d’une croissance exponentielle des dépenses publiques en général en raison des conflits de guerre, les monnaies mondiales ont été déclarées “inconvertibles”, c’est-à-dire qu’elles ne sont plus payables ou remboursables par un autre actif, normalement l’or.

Quelle est la distinction pour l’utilisateur entre une monnaie convertible et une monnaie non convertible ?

La première a une double valeur : la valeur ” intrinsèque “, due au taux d’échange avec le métal précieux, et l’utilité économique qui découle du fait qu’elle est un ” actif universellement fongible “, c’est-à-dire échangeable avec tout autre actif ou valeur financière.

Au contraire, pour la monnaie “non convertible”, il n’y a que la valeur liée à sa fongibilité, qui est liée à l’acceptation publique et à son cours légal en raison de la loi de l’État (Eichengreen B., Golden Fetters, Oxford University Press, 2003). 

En réalité, les deux types de monnaie remplissent la même fonction irremplaçable :
 rendre “liquide” ce qui, par nature, ne l’est pas, c’est-à-dire la valeur produite en économie.

 Le lecteur avisé comprend que, dans une économie moderne et contemporaine, il n’est pas possible de renoncer à l’utilisation de l’argent, en raison de la forte division du travail dans les usines et de la nature immatérielle de nombreux biens et services produits, de sorte que le travailleur et le participant en général aux processus de production ne peuvent que s’approprier la part de la valeur qui n’existe que par sa “mesure” selon la monnaie de référence et sa “monétisation” ultérieure :
La monnaie légale est alors également définie comme “unité de compte monétaire”.

Ainsi, le revenu produit est normalement perçu en termes de salaires, intérêts et bénéfices.

 Il faut dire, cependant, que la monnaie non convertible en circulation contient aussi en vérité une double Valeur : d’une part, l’utilité liée à sa fongibilité ; d’autre part, la Valeur absorbée au moment de son acceptation comme bien d’échange par les opérateurs économiques (voir Yerushalmi D., in The Global Review, 2018).

En ce sens qu’au moment de l’émission, le papier-monnaie ne contient aucune valeur propre, qui “apparaît” au moment de son acceptation par le public ; dans ce cas, la personne qui “échange” un bien et un service économique ou une valeur financière avec un tel “bien fongible” (la monnaie légale de première émission) opère une “transformation” de la valeur possédée en termes “réels”, en la transmuant en valeur financière de nature monétaire : de cette façon, la valeur initiale est “transfusée” dans le billet de banque.

Par conséquent, l’utilité économique contenue dans le bien devient “liquide” en vertu de l’utilisation de la monnaie ; d’où la définition initiale contenue dans ce bref ouvrage : la monnaie rend liquide la valeur produite.

 La richesse produite et détenue par la communauté revêt alors deux qualités essentielles :
“réelle”, en termes de stock de biens et de services ; “monétaire-financière”, en tant que disponibilité de liquidités ou de crédits-titres-actions.

Toutes deux représentent deux “espèces” de la même sorte, la valeur produite.

Les espèces réelles ne sont pas facilement transférables sans l’utilisation de la Finance (monnaie et titres de crédit-actions) qui est au contraire adaptée à la mobilisation de la Richesse de la Nation.

Il semble évident pour le lecteur que la monnaie assume donc une forte connotation d’intérêt public, dans le sens où elle assume la nature d’un “bien public”, la circulation d’un stock de billets de banque adéquat dans sa taille par rapport à la valeur produite dans l’économie étant essentielle, afin qu’il puisse être commodément distribué à tous les participants aux processus de production de manière équitable, permettant à chaque sujet économique l’acquisition des biens nécessaires pour assurer sa propre survie économique.

D’une certaine manière, on peut affirmer que, pendant une longue période, l’argent était en fait considéré comme un bien à forte connotation d'”intérêt public”, puisque son émission était toujours du ressort de l’État qui en régulait la circulation en fonction des besoins liés à l’évolution de ses propres dépenses et à celles de l’économie dans son ensemble.

Malgré cela, même dans ces situations contextuelles, le problème central d’une économie productive moderne, qui pour sa raison d’être assume la caractéristique d’une économie monétaire (économie monétaire et de crédit) reste à résoudre, puisqu’il n’est pas possible de renoncer à l’aspect “mobilisation” de la Valeur :
nous faisons référence à la nécessité que le niveau monétaire des salaires et des traitements s’avère adéquat et suffisant pour assurer un niveau de bien-être économique supérieur aux besoins de survie des classes laborieuses et en général des moins bien lotis, en tenant compte du niveau moyen des prix des biens et services économiques.

 La question représente l’un des problèmes les plus débattus dans la vie économique de tous les peuples, dont la solution n’est pas facile en raison de la prédominance dans l’économie et la politique des classes aisées et des détenteurs du capital technique-productif et financier.

Mais une administration étatique équilibrée et clairvoyante possède les instruments nécessaires pour “gouverner” la masse monétaire en circulation de manière à ne pas déterminer d’effets négatifs sur les processus de production de valeur (revenu) et de distribution égale de la richesse de la nation ;
et en fait, l’émission de la monnaie légale est dans ce cas une prérogative de l’État.

Au fil du temps et de la croissance des économies nationales, une grave perversion s’est produite dans les mécanismes économiques et politiques, une lésion  très grave : les États souverains ont “transféré” l’émission de la monnaie légale (rendue telle par la loi) à des institutions financières sous forme de banques et opérant donc dans la sphère du droit privé.

L’acte politique est d’une violence inouïe, puisque le législateur s’est vidé d’une de ses propres prérogatives, absolument indispensable pour protéger et sauvegarder la vie économique des citoyens, en transférant le pouvoir à des organismes privés dont l’objectif premier est le profit :

Ainsi le principal actif des nations, l’espèce monétaire de la richesse, prend la fonction d’un instrument d’oppression et d’appauvrissement des peuples, puisque son émission ne répond pas essentiellement à des raisons d’intérêt public mais au petit profit des capitalistes financiers et à travers eux des classes aisées de la société (Krylienko Andrei, 1988).

À un stade précoce de ce violent processus de transformation de l’économie du plus grand nombre en “intérêt économique privé” de quelques-uns, il existe encore une faible possibilité qu’un gouvernement légitime et clairvoyant puisse reprendre le contrôle de la situation, puisque la décision d’émettre des billets de banque légaux reste la prérogative de l’autorité publique qui conserve le pouvoir de gouvernement économique et monétaire de la nation, du moins formellement.

Mais à une époque encore plus récente, la “lésion” initiale s’est transformée en “abomination“, car la situation politique perverse de l'”autonomie” totale des soi-disant “autorités monétaires” (des institutions privées sous forme de banques !!!) s’est affirmée pour décider de la taille de la masse monétaire en circulation et donc du sort économique des peuples des Nations :
Bien sûr, il n’y a aucune trace d'”autorité” dans de telles institutions, sauf si l’on veut se référer au pouvoir qu’elles ont de dépouiller  les peuples de la richesse produite.

En effet, un groupe de capitalistes et de financiers, dominés par le cynisme et une soif impitoyable de pouvoir et de richesse, ont le destin des nations modernes entre leurs mains, en raison de la “trahison” perpétuée par les classes politiques qui se sont dépouillées de la prérogative la plus importante et la plus centrale d’un gouvernement légitime : le contrôle et l’émission de la monnaie et le gouvernement de l’économie.

Afin de mieux clarifier la situation pour le lecteur, nous voudrions rappeler brièvement la fonction “mobilisatrice” que la monnaie assume par rapport à la Valeur produite et à la Richesse nationale, en vertu de laquelle elle (le billet de banque) au moment de l’émission est “vide de valeur” n’étant pas convertible en un autre bien ayant une utilité économique spécifique, comme c’est le cas de la conversion en or métallique.

La valeur est incluse dans le billet de banque au moment de son acceptation et de son échange avec la richesse réelle (biens et services) ou la richesse financière (crédits-titres-actions).

Par conséquent, la circulation monétaire mobilise et transfère en fonction continue du temps la valeur dans l’économie qu’elle prend au moment de son émission, en vertu d’un acte économique du public.

Néanmoins, si l’émetteur décide, en totale “autonomie” par rapport au gouvernement politique du pays, de réduire la quantité de monnaie en circulation pour mettre en œuvre une décision de “politique monétaire”, indépendamment de la légitimité de cette dernière et de son utilité réelle pour le bien-être de l’économie nationale, un “vol” de la richesse collective a lieu, puisque la monnaie a absorbé une partie de la valeur produite au moment de son émission :
en d’autres termes, les propriétaires légitimes des billets de banque, les travailleurs et en général les citoyens, sont expropriés de force d’une valeur produite et transférée dans les stocks monétaires possédés jusqu’alors.

Il s’agit d’une action politique et économique d’une violence sans précédent, dont les effets néfastes sont doubles :

  • d’une part, elle détermine une expropriation illégitime de la richesse collective possédée et circulant en termes monétaires ;
  • d’autre part, les prémisses sont posées pour une phase de récession de l’économie en raison de la réduction de la capacité de dépense du public et donc d’une contraction de la demande interne ; le résultat est une exacerbation de la pauvreté en raison de l’augmentation du chômage et en général une réduction des revenus des masses.

Par la chance du droit naturel et des principes de justice éternelle, cette situation déplorable ne se manifeste pas avec la même violence dans tous les contextes économiques et politiques de la planète, même si elle prévaut dans les principaux pays à économie développée, notamment dans ceux de la zone dite occidentale.

La postérité en sera juge !!!

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Économie

Une éducation correcte de l’homme triomphe de l’agressivité, le vrai mal de la société moderne

Objectif : transformer l’instinct agressif en un esprit de coopération entre les êtres humains.

La société contemporaine est affligée par une concurrence exaspérée qui se transforme en agression, c’est-à-dire que, dans la norme, les individus sont divisés en deux groupes : les agresseurs (gagnants) et les agressés (perdants).

  • Les premiers manifestent un désir d’exceller parce qu’ils croient ainsi qu’il est plus facile de conquérir leur propre « espace vital », de s’exprimer et de faire valoir leurs prérogatives, oubliant cependant que le milieu existentiel caractérisé par la prévarication des autres ne constitue pas la meilleure solution pour une vie véritablement satisfaisante – il ne peut exister un bien-être personnel véritable sans paix sociale véritable.
  • Les seconds, en tant que victimes d’agressions, entretiennent la plupart du temps des sentiments de haine et de vengeance,   manifestant ainsi  eux-mêmes dans d’autres domaines la même agressivité, ne trouvant pas d’autre solution pour  recouvrer leur propre espace vital afin de  développer leurs prérogatives individuelles.

Dans les cas les plus courants, l’agressivité compétitive est le résultat de la « peur »,  sentiment de « solitude » saisissant le cœur des hommes qui éprouvent un sentiment de « séparation » apparemment insurmontable par rapport à leurs pairs.

Ce problème peut être efficacement surmonté par le développement de l’empathie, une qualité humaine qui relie notre intériorité à celle des autres, en concevant une identité de qualité psychoaffective nous permettant de  ressentir  des sentiments de même nature  et d’assumer ainsi une sensibilité aux besoins et aux prérogatives de nos semblables (voir The Global Review, Aronne D.).

L’empathie crée la base qui permet de surmonter (du moins partiellement) le sentiment de séparation, d’où jaillit le sentiment de solitude, origine principale de la « peur » dont la conséquence est généralement l’agression.

Par conséquent, le vrai problème est :

  • de surmonter la solitude,
  • l’incapacité de concevoir l’expérience émotionnelle d’un autre individu,
  • de savoir comment interagir avec un plus grand sens de compréhension de son comportement, de sa sensibilité et de ses prérogatives.

En d’autres termes, de surmonter la peur en développant l’empathie.

Ainsi, l’autre n’est pas qualifié d’ennemi potentiel, de concurrent dangereux, à l’égard duquel la « loi » à appliquer est celle de « d’abord moi et ensuite lui », ou pire encore « tout pour moi et rien pour lui ».

C’est l’application incorrecte de la loi biblique qui impose la défense de sa propre vie, et dans certains cas  une agression précoce si l’on est certain de l’intention  nuisible d’un tiers. Ce n’est pas toujours le cas dans la vie quotidienne et, par conséquent, les attitudes agressives visant à saisir ce qui est disponible « avant les autres » excluant tout sens de solidarité et de coopération, rejettent l’homme dans la condition animale dont il est issu, annulant ses véritables prérogatives acquises pendant des siècles d’évolution (voir The Global Review, Cohen S.M.).

La solution ne peut être qu’éducative, dans les familles avant même l’école et pendant l’enfance plutôt que pendant l’adolescence.

Il faut donc éduquer l’enfant à être attentif à ses semblables, c’est-à-dire à l’empathie. L’enfant doit savoir comment se comporter avec les autres, en concevant les « différences » comme des manifestations de sensibilité spécifique  mûrie dans un contexte environnemental différent.

Ce que l’humanité ignore dans les cas les plus fréquents, c’est le concept évolutif de la « psyché » (âme, dans la dialectique religieuse), l’homme étant la somme de ses nombreuses incarnations, manifestées dans différentes situations du quotidien (voir The Global Review, Cohen S.M.).

Par conséquent, compte tenu de l’histoire humaine des derniers millénaires, il est évident pour la plupart que l’expérience quotidienne de la « psyché » s’est déroulée dans des contextes caractérisés par un manque de ressources pour les masses (voir The Global Review, Yerushalmi D.) et donc dans des conditions existentielles favorables au développement d’attitudes agressives, nécessaires pour ne pas succomber devant l’adversité et pouvoir garantir leur survie (voir The Global Review, Aronne D.).

L’enfant « incarne » alors une réalité intérieure qui a développé une conception de la vie quotidienne caractérisée par l’agressivité et la compétition féroce, non pas dans tous les cas examinés mais certainement dans la majorité.

L’éducateur doit savoir s’adapter à cette réalité intérieure, en enseignant au « petit homme » dès le plus jeune âge, à corriger ces attitudes naturelles enclines à l’agressivité en développant l’empathie et une attitude collaborative avec ses pairs, véritable prémisse pour atteindre le bien-être personnel dans un contexte collectif pacifique.

L’agressivité transformée en esprit de collaboration, en compétitivité solidaire, ne sont pas les utopies d’un « rêveur » mais les seuls ingrédients possibles pour la base d’une coexistence véritablement civile, fondée sur le bien-être commun, non seulement économique mais également de paix et de sérénité sociale.

Il faut bien reconnaître que l’on peut certainement être encore plus solidaire et collaboratif dans un contexte de grave manque de ressources, économiques et intellectuelles, comme c’est le cas actuellement.

C’est la méthode gagnante pour lever les obstacles à une meilleure répartition des quelques ressources mises à disposition par une puissance dominante, qui vise à faciliter l’oppression des masses en les plaçant dans des conditions de graves difficultés économiques et sociales, entraînant des conflits relationnels croissants et apparemment irrémédiables.

Comme l’histoire l’enseigne, le tyran applique la loi « diviser pour régner ».

Mais une société véritablement « empathique » fondée sur l’esprit de collaboration et de solidarité, qui remplace la compétitivité dominante par celle de la méritocratie et de la solidarité (voir The Global Review, Pierangeli M.), ne peut que réussir contre l’oppresseur, parce qu’une communauté pacifique, même pauvre, devient un « ennemi » invincible pour les puissants qui perdront, à chaque fois, des portions croissantes de leur domination, puisque les opprimés s’entraident, dépassant ainsi les graves inégalités dans la distribution des ressources de base, source des conflits sociaux et véritable échec pour le peuple.

L’un des outils de la victoire finale est donc l’outil éducatif.

Commençons donc à enseigner l’empathie dans le milieu familial  et les éducateurs publics suivront dans le sillage, changeant ainsi radicalement les comportements au cœur de la référence sociale : la famille.