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Anthropologie

Le comportement de l’homme peut-il être basé sur la prédominance de l’intelligence et de l’analyse rationnelle ?

Dans deux de nos articles précédents, publiés dans The Global Review, nous avons abordé la question de la compréhension des mécanismes qui inspirent le comportement des individus dans les sociétés modernes.

Il s’est avéré qu’une grande majorité d’individus sont dominés par l’aspect émotionnel de la vie quotidienne. De cette orientation dérive une attitude de distance importante de la réalité et du contingent, un état « rêveur » qui coïncide avec une vision « rêveuse » de l’expérience, en ce sens que l’individu présente une aptitude à poursuivre ses propres désirs représentés par des émotions et des sensations qui évoquent le plaisir et la satisfaction.

De cette manière, tout ce qui est « désirable » par rapport à son statut personnel de « rêve » est juste et beau :

  • le style vestimentaire ;
  • les comportements relationnels sociaux ;
  • les relations sentimentales avec les partenaires et les amis ;
  • les relations parentales avec les enfants ;
  • les relations dans le milieu de travail.

« L’autre » plaît parce qu’il satisfait aux exigences du « rêve » : sympathique, beau, attrayant, intelligent, décontracté, riche en etc.

Il en résulte une sorte d’illusion de la vie de tous les jours, l’individu jugeant sa propre situation sur la base d’un critère d’évaluation substantiellement différent de la réalité et donc inefficace, jusqu’à un état de crise des relations qui, pour une raison ou une autre, s’écartent des attentes.

Il est à espérer que ces attitudes centrées sur l’émotion soient surmontées et remplacées par une action et une analyse critiques soutenues par une rationalité saine, ce n’est qu’ainsi que les relations humaines pourront se qualifier pour un plus grand équilibre, condition préalable à des relations plus stables et durables basées sur des projets communs et donc des idéaux partagés.

Les relations parentales en seront affectées positivement, puisque le parent évitera de transférer ses angoisses et ses frustrations dans sa relation avec ses enfants, qui seront éduqués et soutenus en vue de valoriser leurs talents et leurs aspirations.

De même, les relations matrimoniales seront alimentées par des idéaux et des projets communs, qui permettront de diriger de façon prédéfinie le voyage du chemin de la vie.

D’autre part, les échecs possibles et les moments critiques et difficiles sont mieux abordés avec une rationalité saine et une vision critique équilibrée évitant ainsi les états dépressifs typiques des attitudes centrées sur l’émotion.

Pourtant la prévalence de la critique rationnelle dans la vie quotidienne présente un danger : la possibilité que l’attitude mentale dégénère en un égocentrisme cynique et cruel, basé sur la prédominance d’autres individus dans tous les contextes, à des fins d’avantage personnel.

C’est le cas

  • de l’homme d’affaires impitoyable qui cherche sa richesse dans le désastre économique des autres, ou
  • du professionnel cynique qui est prêt à servir les intérêts d’un parti même s’ils sont contraires à la morale commune ou aux prérogatives sociales, dans le seul but d’obtenir une compensation, ou encore
  • du politicien à succès, qualifié dans l’art du mensonge dans le but de gagner le suffrage électoral pour l’enrichissement personnel ainsi que pour la poursuite des intérêts de certains groupes de pouvoir, etc.

Dans de tels cas, une autre forme d’altération de la réalité est déterminée, fondée sur l’intérêt personnel. L’intérêt prééminent pour la satisfaction de son propre égoïsme peut également dégénérer en toute forme de crime, puisqu’il diminue jusqu’à faire disparaître dans l’être humain :

  • l’aspect « conscience »,
  • la dimension éthique-morale,
  • la sensibilité aux prérogatives et aux droits des autres, venant nier aux autres ce qui leur est nécessaire.

Les exemples sont nombreux :

  • l’entrepreneur qui accumule d’immenses fortunes alors que ses travailleurs perçoivent un salaire insuffisant pour une vie économique décente ;
  • le politicien qui trahit les intérêts dominants de la Nation pour son profit personnel ;
  • et même le père de famille qui refuse à ses proches les « libertés » revendiquées pour lui-même.

Bien sûr, il est certain que les hommes dans lesquels l’intelligence prévaut ont tendance à prendre le pas sur les autres dans tous les contextes de la vie quotidienne, en assumant le rôle du leader et de l’individu qui réussit, la plupart du temps au détriment des prérogatives des autres.

Par conséquent, la brève analyse effectuée montre un problème apparemment irrémédiable de « centrage » des orientations personnelles des individus afin d’élaborer une société humaine juste et équilibrée dans ses dynamiques relationnelles et dans les finalités des individus et de la collectivité.

C’est-à-dire que la prédominance de l’émotion et du rêve ou alternativement, de la rationalité et de l’attitude mentale, représentent deux pôles comportementaux dont chacun est affecté par des effets potentiels de déséquilibre :

  • dans un cas, l’individu affligé par la dimension onirique de l’existence perd le contact avec la réalité, se réfugiant dans l’illusion d’une vie quotidienne qui adhère à son rêve, élaboré depuis son adolescence et qui rappelle dans sa mémoire ses désirs et ses envies de sensations satisfaisantes et d’émotions agréables ;
  • dans l’autre, l’homme s’est enfermé dans son égocentrisme, aveugle aux besoins des autres et doué de peu d’empathie, animé par le désir de réussite, aspirant à la richesse et au pouvoir prévaricateur sur les autres.

Existe-t-il une solution au problème de la définition d’un profil socioculturel des personnes pouvant correspondre à une société équilibrée et tendue vers un vrai développement civil ?

Nous pensons que ce résultat peut être atteint par le biais d’un processus éducatif-formatif mettant l’accent chez les individus sur la nécessité de combiner les sentiments avec la raison, le « cœur » avec « l’intelligence ».

Les sages de tous les temps ont toujours mis l’accent sur l’équilibre qui peut dériver d’une conjugaison exacte de l’amour avec le raisonnement, en ce sens que le premier représente la « voile » du bateau de la vie tandis que le second, le vent qui le pousse en avant.

L’attention de certaines mères à leurs enfants pourrait en être un exemple efficace, grâce à une action éducative et protectrice combinant habilement l’amour pour le nourrisson avec la nécessité d’actes clairs, décisifs et forts qui excluent la possibilité de contingences environnementales nuisibles à la santé physique et morale du mineur.

Il pourrait aussi, idéalement parlant, s’agir des actions d’un gouvernement éclairé, qui oblige ses citoyens à faire des sacrifices douloureux dans le présent en vue d’un développement et d’un bien-être social accrus dans un avenir proche.

Le fait est que les hommes, sauf dans des cas exceptionnels, s’ils n’ont pas une éducation adéquate et équilibrée, ne parviennent pas à comprendre la manière de conjuguer ces deux manifestations fondamentales de la nature humaine : le sentiment et la force de la pensée rationnelle. Le premier est un ingrédient nécessaire à la douceur de vivre et à l’expression d’un humanisme authentique et le second, conduit le cheminement de l’humanité dans la juste direction d’un développement stable et durable pour chaque individu, sans aucune exclusion.

 Mais qu’est-ce qui distingue la société humaine de la société animale ?

  • La force de la pensée qui se traduit par la production d’idées et le progrès scientifique, culturel et artistique ; et
  • la joie de l’amour authentique (« donner aux autres ce que l’on désire pour soi »), seule force capable de transformer la vie quotidienne en un immense acte de joie partagée.

Est-ce pure utopie ?

Certainement pas !

Cela pourtant semble être une utopie :

  • aux yeux de ceux qui, pour leur intérêt personnel, ne veulent pas reconnaître les prérogatives « naturelles » de l’humanité et qui bénéficient de leur position de suprématie, dans une société qui accepte comme « normalité » la condition d’exploitation des myriades d’hommes aux fins d’une richesse illimitée de quelques-uns ; ou
  • qui est représentée comme une « fantaisie de conte de fées » par ceux qui ne connaissent que l’illusion et le rêve, caractéristiques uniques de leur vie quotidienne.

Dans les deux cas, l’égocentrisme aveugle prévaut et se replie sur lui-même :

  • comme une recherche du plaisir et de l’hédonisme, unique et véritable dessein de l’existence ; ou
  • comme l’expression d’un fort désir de possession se manifestant inévitablement comme une prédominance sur les autres.

Cet état de choses étant si prévalent dans chaque société humaine contemporaine, comment est-il possible de motiver et de comprendre la présence d’individus doués de la capacité de conjuguer l’amour avec une forte activité de pensée ?

Tous les grands Maîtres de l’Humanité, philosophes et artistes de tous les temps en sont un exemple, ainsi que des hommes d’une simplicité et d’une humilité infinies qui ont servi leurs semblables sans but lucratif.

Ils n’ont pas bénéficié de meilleurs systèmes éducatifs, car ils ont vécu dans des sociétés et des contextes civils qui ne sont pas différents des systèmes actuels, souffrant de vivre dans une humanité avare d’amour et d’équilibre sous toutes ses formes, et comme tout citoyen de ce monde, de l’injustice d’une vie aliénante et mesquine, du moins jusqu’à la maturité lorsqu’ils ont échangé leur condition existentielle intérieure pour de nouveaux objectifs d’expression de la « conscience ».

Ainsi ces hommes, malgré l’absence de « positions de départ » favorables par rapport à d’autres individus, ont réussi à exprimer une humanité beaucoup plus riche et digne de cette définition, dans laquelle l’expression de l’amour est conjuguée avec une grande force de pensée, sans que l’esprit ou le sentiment ne les ait incités à un repli sur eux-mêmes avec l’expression d’un égocentrisme aveugle et destructeur.

Nous souhaitons maintenant revenir sur l’hypothèse déjà énoncée, d’une force évolutionnaire permanente qui oriente le développement de la « conscience » humaine vers des objectifs de plus en plus larges, incluant des scénarios de comportement et de conscience dans lesquels l’esprit de raisonnement inclut :

  • l’amour pour les autres,
  • exprimant un type humain sensible aux concepts :
  • de solidarité,
  • de coopération,
  • de bien commun compris comme un bien privé et
  • d’aide aux autres comme une prérogative du privilège personnel.

À notre avis, il ne peut y avoir aucune autre raison pour expliquer des comportements complètement dissemblables et opposés entre des hommes nés dans les mêmes contextes environnementaux et pourvus des mêmes ressources de départ.

La capacité de faire prévaloir l’attitude mentale sur l’émotion manifeste une phase de développement supérieure à celle de l’individu centrée sur l’émotion, mais la fusion du sentiment avec la puissance de la pensée, de l’amour avec celle de l’esprit critique, dénote un état de croissance encore plus avancé dans lequel l’état de « conscience » de l’homme manifeste une plus grande intégration des attributs typiques de la nature humaine.

Et en fait, en y regardant de plus près, on peut discerner la même force en action dans le règne animal.

Il n’y a en effet aucun doute pour la science officielle que certaines espèces sont beaucoup plus intelligentes que d’autres, en outre la théorie darwinienne conduit à l’hypothèse que le singe pourrait être notre ancêtre.

Pour les mêmes raisons, en observant les structures corporelles des animaux, il a toujours été noté que la « position verticale » coïncide avec une meilleure expression de l’intelligence et donc avec une plus grande possibilité pour l’animal d’effectuer des activités avantageuses.

Il semblerait donc, que les formes corporelles sont associées au développement de la conscience, les premières prenant la fonction d’un outil efficace pour l’expression d’une intelligence supérieure.

Ceci est bien lié à l’hypothèse de l’auteur selon laquelle les forces évolutionnaires en cours sont en réalité de nature double :

  • une première, agissant sur la structure corporelle des créatures les modélise de manière à exprimer des possibilités croissantes d’activités pratiques jusqu’à atteindre la manifestation de la position verticale ;
  • la seconde, en modifiant les états de « conscience » de l’animal, afin de le rendre capable d’une meilleure expression à travers un corps rendu plus efficace par l’expression d’activités intelligentes jusqu’à l’apparition de l’homme.

Naturellement, ces mêmes forces dans l’action évolutionnaire réalisent une synthèse croissante de leur agissement, qui devient maximale dans l’homme, continuant dans ce cas à « pousser » et à agir jusqu’à l’apparition de l’Homme intelligent et aimant.

Nous sommes bien conscients de l’ampleur de nos déclarations, qui, cependant, demandent l’attention de vrais érudits libres de préjugés afin d’ouvrir un nouveau champ d’exploration et d’analyse de l’anthropologie contemporaine : « savoir ce que l’on sait et savoir ce que l’on ne sait pas… est la vraie caractéristique de celui qui sait… ». (Confucius, Pensées).

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Comprendre les émotions et le comportement des individus dans la vie quotidienne

Il semblerait que la majorité des individus dans les sociétés modernes ne soient pas guidés par des attitudes rationnelles, fondées sur la pensée et sur l’analyse mentale des situations et des circonstances de la vie. Il en résulte une série d’idiosyncrasies comportementales, personnelles et collectives, qui ne sont pas favorables à l’établissement de dynamiques sociales plus équilibrées dans les relations interpersonnelles.

Dans notre article précédent, nous avons analysé les conséquences d’une attitude humaine centrée sur les émotions dans les relations interpersonnelles, tant au niveau de la famille et de l’environnement de travail qu’au niveau social et collectif.

L’évidence d’une idiosyncrasie comportementale caractérisée par la prédominance de la sensation et de la recherche de ce qui est agréable par rapport à sa propre sphère égoïste, jette les bases d’une modification substantielle des relations individuelles et de groupe.

Celles-ci sont classées par rapport au bien-être personnel et à l’estimation individuelle de pouvoir recevoir :

  • des sentiments de sympathie ;
  • d’attirance sexuelle ; et
  • de partage d’états oniriques, souvent référés à des stéréotypes imaginaires et que l’on ne retrouve pas dans la réalité de la vie quotidienne (et pour cette raison jugés oniriques).

Il s’ensuit que la naissance des relations d’amitié, de couple et de groupe, est dans de telles circonstances déterminée par le partage d’un rêve plutôt que d’un projet ou d’un idéal soigneusement élaboré dans sa propre structure de pensée.

Certes, dans ce dernier cas, l’idée de conception d’un scénario de vie possible peut être influencée par les contextes environnementaux, culturels et formatifs des individus, mais cela n’exclut pas le fait que l’idée est le résultat d’une activité de la pensée qui dépasse l’émotion et cherche à adhérer à la réalité à travers la tentative d’élaborer un jugement de choix sur des bases rationnelles.

Dans les cas où prévaut la phase du rêve que l’individu construit pour lui-même et pour l’autre, ce rêve dirige ses activités et ses actions d’une manière omniprésente parfois en contraste total avec les contraintes liées à l’environnement de référence et qui s’opposent rendant tous ses efforts vains, quoique dans un état d’inconscience substantielle.

L’individu utilise donc la plus grande partie de ses ressources vitales pour atteindre des objectifs irréalistes, avec beaucoup d’énergie et d’efforts. Il est donc clair que l’échec ne tardera pas à se manifester, avec des effets négatifs graves du type :

  • destruction de l’environnement socio-vital de référence :
  • divorce
  • perte de travail
  • rupture traumatique des relations avec les enfants, etc.
  • et atteinte à l’équilibre psychologique jusqu’à des cas de dépression d’intensité variable.

Cependant, le dépassement de la crise ne conduit pas toujours à une nouvelle condition intérieure et à une nouvelle orientation vers la vie, par conséquent, les chances d’un autre drame du genre déjà vécu sont toujours présentes.

Questions

Pourquoi les individus dans les sociétés modernes succombent-ils à la prédominance de l’émotion ?

Pourquoi cet inévitable détachement du réel et ce refuge dans un état onirique, qui alimente un circuit vicieux caractérisé par la perte de contact avec l’expérience quotidienne du type :

  • émotion ;
  • rêve ;
  • sentiment de bien-être ;
  • refus du contingent ; et
  • rejet des responsabilités ?

Une partie de la sociologie, mais aussi de la psychologique, renvoie cette situation à une faiblesse de caractère de l’individu qui cherche à éviter ses prérogatives dans un contexte social riche en opportunités mais aussi caractérisé par le danger d’échecs, grands et petits.

Il semblerait donc que le sentiment de peur prévaut principalement en raison de la douleur qui pourrait dériver d’éventuelles défaillances et du contact avec une série non négligeable de situations socio-environnementales désagréables, dues à la dégradation éthico-morale des sociétés actuelles.

Mais en y regardant de plus près, la fuite dans le rêve n’exclut aucune des choses mentionnées, mais accentue plutôt l’ampleur des effets négatifs.

L’auteur est d’avis que le problème est essentiellement d’ordre éducatif, notamment dans le milieu familial, avant même l’école.

En fait, les adolescents dans nos sociétés, plutôt que de recevoir un soutien en matière d’apprentissage des processus mentaux à activer pour être capables de discerner les possibilités que l’environnement offre dans le domaine de la réalisation de la personnalité, sont souvent plongés dans un état de « conte de fées » dans lequel il n’y a pas de représentation du réel, mais la négation des faits les plus évidents de la vie quotidienne. Et ce avec la conviction parentale qu’il est bon de dissimuler la dureté et parfois le drame des faits, remettant à demain une analyse plus attentive des circonstances qui caractérisent la vie des individus et des groupes de référence. Mais ce « demain » n’étant jamais présent, les adolescents, puis les jeunes adultes, se retrouvent avec le choix de faire face à la vie dans la solitude et sans aucun bagage réellement éducatif, ou vice versa, de prendre le chemin du rêve et de l’illusion émotionnelle déjà utilisée dans la phase préadolescente de la vie.

De tels mécanismes éducatifs fallacieux sont largement répandus parce que les parents capturés par la phase rêve-émotionnelle transmettent à leurs enfants, dans la majorité des cas, de telles aptitudes ainsi que des attitudes psychologiques déplorables.

D’autre part, il est possible de faire l’hypothèse que la présence dans les sociétés modernes d’un type psychologique basé sur l’émotion et le rêve représente essentiellement un aspect de l’anthropologie humaine. Cette caractéristique de la personnalité pouvant être référée à une phase du développement de la conscience de l’homme, qui précède la phase ultérieure de polarisation du mental et de la prédominance de la pensée abstraite avec un discernement rationnel dans la conduite des actions.

L’auteur est parfaitement conscient de la portée de cette affirmation, qui pour beaucoup peut paraître illogique et incompréhensible, mais de plus ne reposant sur aucune hypothèse scientifique, encore moins sur des hypothèses de recherche déjà avancées et traitées en profondeur par la littérature de référence.

Il est certain, cependant, que les individus ne démontrent pas posséder les mêmes caractéristiques, attitudes et qualités de caractère, ni la même expression de conscience.

En général, ce sont ceux qui semblent axés sur l’esprit et qui développent un processus intellectuel et un discernement rationnel de la vie quotidienne qui prévalent dans les sociétés modernes, tant en termes de travail et de résultats économiques qu’en termes de leadership.

L’idée est que l’on ne peut pas exclure la probabilité de la présence d’une loi évolutionniste se référant à l’aspect psychologico-humain (conscience), du type de la loi darwinienne qui régule le développement de la dotation physique-corporelle de l’humanité et selon laquelle, les phases de la manifestation des attitudes intérieures de l’homme pourraient être multiples, comme par exemple :

  • la phase physique-régénérative basée sur la satisfaction des besoins corporels et sexuels ;
  • la phase émotionnelle (subséquente) qui recherche une manifestation de « vivre » et qui place les sentiments et l’amour humains au centre de l’attention ;
  • la phase mentale qui souligne la nécessité du développement de la pensée et de la manifestation de l’homme intelligent ; et enfin
  • la phase intuitive et la pensée abstraite, avec pour preuve le génie et l’artiste qui se meuvent avec maîtrise dans le domaine de l’intuition.

Il convient donc d’explorer les domaines de la recherche anthropologique afin de rechercher des cas de confrontation et d’analyse susceptibles de dégager des indices à l’appui de notre hypothèse, à savoir l’existence d’un processus évolutif dans l’aspect « conscience » de l’homme en soumettant des individus appartenant aux différentes races humaines planétaires dans différents contextes environnementaux, climatiques et culturels, à des vérifications et à des enquêtes statistiques de type comportemental dans le temps et dans l’espace.

La recherche commence souvent sur la base d’intuitions qui pourraient sembler irréalistes, comme cela a déjà été le cas à maintes reprises dans l’histoire des sciences humaines, mais cela n’exclut pas pour autant la possibilité d’explorer l’inconnu.

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Individus et société : Comportement, Relation, Conséquences

Les individus des sociétés contemporaines sont essentiellement « centrés sur soi », le point de vue psychologique étant « Moi et le reste du monde ». La distinction entre le bien et le mal a donc comme facteur discriminant le sens du bien-être, c’est-à-dire bien-mal, bonheur-tristesse, plaisir-douleur, succès-échec, beau-laid, riche-pauvre ainsi de suite, selon la distinction des faits et des choses par rapport aux sentiments personnels. Il résulte de cette attitude psychologique une augmentation du rôle et de l’importance de l’émotion, avec des états diffus de détachement du contexte réel de référence pour des états émotionnels basés sur une profonde illusion. L’homme devient une victime de lui-même, de rêves autoalimentés et d’incantations du genre : « … Je suis le plus beau, le meilleur, le plus intelligent, injustement mal compris … » ou l’autre faisant partie de son imagination émotionnelle (compagnon, ami(e)) est le meilleur et le plus désiré, ainsi que source de dépendance psychologique, du moins jusqu’au premier conflit personnel pour divergence d’opinion ou d’états émotionnels avec pour résultat une « crise » concernant le modèle de référence construit et la chute de l’individu dans les états psycho-dépressifs. Ces comportements, dénoncent un développement inadéquat de comportement mental et, par conséquent, l’absence de véritable discernement et de rationalité dans l’exercice des choix qui est à la base des actions quotidiennes et des comportements dans la société. Les conséquences sont profondes et incisives sur la structure de la vie des individus qui manquent d’une réelle capacité de discernement au sujet des principales hypothèses de responsabilité. Il en est donc ainsi dans la relation parent-enfant, cette dernière trop souvent écrasée par le poids des « rêves » et des attentes parentales au sujet de l’avenir de leurs enfants, dans la relation femme-mari, ou dans les relations de travail. La conséquence est celle d’une société principalement composée de personnes souffrant « d’illusion émotionnelle » et ignorant complètement le scénario de référence et de leurs besoins réels. La vie sociale des nations est donc sensiblement affectée par l’orientation psychologique des personnes individuellement, avec une manifestation dans le groupe de comportements particuliers. Les fans des équipes sportives ou les comportements de ceux appartenant à des groupes distincts, qui trop souvent ont même des comportements abusifs envers d’autres individus, en sont un exemple. Ainsi, le corps social manifeste des comportements collectifs qui indiquent des pathologies liées au processus d’identification de la personne avec un quelconque symbole, qui n’a aucun rapport avec la réalité de la nature humaine, ses capacités expressives réelles et ses besoins comportementaux et communicatifs avec d’autres personnes. Cet état de choses est le résultat d’une déséducation substantielle des masses, à en raison des processus de formation-éducation et d’information-communication pervertis par rapport à l’ordre naturel des choses. L’homme est si enclin à concevoir tout d’abord la satisfaction de ses propres impulsions égoïstes vers le plaisir et tout autre sentiment de bien-être que le chemin est court jusqu’au non-respect des libertés et des droits d’autrui, voire d’actions criminelles. Et même quand il n’en arrive pas à ce point, il lui semble légitime, sur la base de l’éthique et de la morale communes, de faire passer les intérêts des autres et de la collectivité après les siens. Il en résulte une destruction du tissu de base des relations sociales, puisque l’égoïsme et l’autosuffisance sapent toute raison de solidarité, de responsabilité et de coopération. Le fort affaiblissement de la structure familiale, source de l’instabilité collective et l’aggravation des relations père-fils ou des relations éducateur-apprenant et autorité-individu en sont des exemples. Mais l’un des aspects les plus indésirables de cet état de choses se retrouve dans la relation entre le citoyen et les institutions, ces dernières étant de plus en plus éloignées des besoins du public tandis que les individus ne sont pas dans la condition de juger correctement le travail de leurs dirigeants. En ce sens que, les jugements sur le travail du gouvernement proviennent de l’intelligence émotionnelle plutôt que de rationalité, de sorte que les électeurs choisissent leur candidat sur des états émotionnels du type, beau-laid, antipathique-sympathique, jeune-vieux ou sur une attitude qui semble être idéologique, gauche-droite, libéral-conservateur, mais généralement sans avoir une connaissance précise de ces catégories conceptuelles. Les politiciens ont donc développé une série de comportements visant à satisfaire cet aspect émotionnel et/ou idéologique, en négligeant de fournir aux individus des informations précises et correctes du contenu réel de leurs programmes gouvernementaux et de la conduite des politiques actuelles, avec pour résultat que les « gagnants » sont généralement les meilleurs menteurs et acteurs ou ceux qui sont le plus soutenus par la presse et les médias. De cette façon, la distance entre la politique et la société se développe sans aucune possibilité pour le citoyen moyen d’exercer un contrôle effectif sur les actions du gouvernement qui agit souvent en trahissant la confiance et les intérêts de la population. Le seul moyen pour échapper à cette situation regrettable est de réaliser une réforme profonde du système éducatif de base tout en opérant parallèlement afin d’éliminer l’art du mensonge particulièrement développé dans la presse officielle. Évidemment, ce processus est particulièrement ardu puisque que le régime dominant fonde sa suprématie sur ces « idiosyncrasies identificatrices » des individus qui se résument dans les « macro-pathologies » comportementales des masses, rendant ainsi nulle la représentation politique et assignant un pouvoir illimité à quelques personnes. Donc, l’intérêt de ces dominateurs (dirigeants) est la préservation du statu quo à travers des campagnes systématiques de désinformation et d’accentuation de l’attention sur les tensions émotionnelles des individus. Les conséquences n’affectent pas seulement le champ social et politique mais aussi économique. L’attention des individus envers l’aspect « externe » de la vie, dominante dans un cadre psychologique centré sur le « soi » entraîne dans la plupart des cas le vide du côté « interne » de la personnalité qui est lié davantage à une activité de réflexion et d’analyse recherchant l’aspect non apparent de l’existence individuelle et collective. Il en résulte des modifications substantielles qui affectent la structure de consommation du citoyen moyen. Celui-ci oriente souvent ses dépenses sur les produits pour l’image et le style en vue de se distinguer du groupe, ou de souligner son appartenance à une catégorie sociale spécifique. C’est le cas pour les produits de mode et du design en général, des automobiles, des téléphones portables et de tout autre produit de luxe pour cette raison jugé « superflu », si l’on considère les critères d’un comportement d’ économie rationnelle qui cherche à satisfaire les besoins existentiels des hommes à travers les « biens de consommations » impactant ainsi les aspects essentiels et la qualité de vie. Les normes du bien-être des peuples sont alors gravement erronées, car les individus excluent du panier des biens de consommation et des services d’importance majeure pour assurer un niveau d’existence digne, les dépenses pour l’hygiène et la santé personnelle ou celles visant à une information correcte sans oublier celles nécessaires pour une nutrition équilibrée. En effet, en raison du faible revenu disponible en moyenne pour les citoyens des nations (même pour celles plus développées) , l’utilisation des ressources pour l’achat de biens qui offrent une satisfaction « émotionnelle » réduit celles disponibles pour les biens de consommation d’autres qualités. Le monde de la production est responsable de ce phénomène, ayant pour objectif un profit toujours plus important qu’il cherche à atteindre à travers des campagnes publicitaires et déséducatives pour le public en général, puisqu’elles mettent l’accent sur le côté « onirique » de la vie en incitant les individus à assumer des comportements typiques d’intelligence émotionnelle plutôt que de rationalité économique. La solution à ce problème ne peut être trouvée que dans le développement de comportements inspirés par des attitudes de rationalité, résultat d’une pensée orientée vers le discernement des réalités existentielles qui caractérisent la vie des contextes sociaux actuels. Ce développement pourrait être dû à une éducation et une formation scolaire attentives ainsi qu’à des informations équilibrées et véridiques, capables de libérer les hommes de la phase « onirique » de l’existence qui à certains égards les incite à un comportement infantile puisqu’ils refusent de prendre conscience des situations contextuelles réelles et d’y faire face à la lumière de leurs responsabilités spécifiques. L’émotion, en revanche, est l’ennemie de la responsabilité personnelle et collective, car elle conduit à la non-analyse des conditions de référence avec l’illusion de pouvoir échapper à la réalité par la vision du rêve centrée sur l’aspect extérieur des choses et des fait et sur l’hypocrisie des comportements.