Valeur de la monnaie, marchés financiers, bourse et distribution de la richesse.

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Nous avons eu l’occasion de discuter de l’origine de la valeur et de la nature de la monnaie dans deux de nos précédents articles publiés dans ce magazine dont voici un résumé bref et concis.

  • La valeur découle de l’activité professionnelle d’un homme visant à produire des biens et des services propres à satisfaire ses besoins existentiels.
  • Le produit résultant du travail économique est représenté par « l’utilité » liée à sa capacité à satisfaire des besoins et des exigences de diverses sortes, la valeur coïncide donc avec la notion d’utilité économique.
  • L’utilisation de la technologie conséquente au progrès scientifique amplifie les capacités productives du travail, sans toutefois pouvoir les remplacer complètement, la technique étant toujours le résultat d’une intelligence humaine ingénieuse.

Ainsi, la richesse des nations s’accumule et s’étend en vertu du travail économique des individus diversement combiné avec la technologie en raison du degré de développement de la société.

Dans les contextes modernes, la méthode de production est de type « capitaliste », car elle repose principalement sur l’utilisation de facteurs techniques (capital) et sur le travail « en usine ».

Au fil du temps, la monnaie a assumé une fonction essentielle et irremplaçable, puisqu’elle permet « d’accélérer » le circuit économique par la création d’un nombre infini d’échanges en « temps réel » dû aux besoins de consommation ou d’investissement des sujets économiques.

Elle représente donc la valeur en circulation en raison des avantages économiques absorbés au moment des échanges avec des biens et des services de toutes sortes qui permettent une réserve de richesse détenue en termes de stock de ressources financières.

Elle prend donc de la valeur :

  • tout d’abord, au moment de sa remise par le premier acte d’échange, puis
  • par la suite, lors de la distribution des revenus produits,
  • principalement aux entreprises de tous niveaux,
  • par le paiement des salaires et
  • par le paiement des bénéfices, dans ce cas, il s’agit de l’absorption de la valeur ajoutée produite ou du revenu en formation.

Ainsi, dans les économies modernes, un seul type de richesse différencié se manifeste sous deux formes :

  • « réel », se référant au stock de biens et de services sous forme de capital technique, et
  • financier, exprimé en termes de masse monétaire et de capital financier (titres, crédits, actifs).

La partie principale et la plus reconnue de la doctrine économique a toujours affirmé que

  • la monnaie n’est pas une quantité réelle mais
  • seulement une quantité « nominale »,
  • suggérant qu’elle n’indique pas réellement la richesse réelle, ni
  • qu’elle influence et détermine les processus économiques « réels », et
  • définissant de telles phases du cycle comme
  • la consommation,
  • l’investissement,
  • le travail-emploi et
  • le revenu.

La circulation monétaire n’exerce donc que des effets indésirables sur le niveau des prix, étant la principale cause de l’inflation.

Jamais plus grand mensonge n’a été prononcé par la soi-disant science officielle !

Le lecteur, en lisant nos articles précédents, a bien compris que la monnaie est une des manifestations de la richesse et fait donc partie intégrante du cycle économique, en déterminant son contenu et sa direction plus que tout autre aspect de la valeur en circulation.

  • En effet, quel instrument a-t-il un plus grand impact que la « valeur monétaire » lors de la définition des cycles économiques ?
  • Comment distribuer le revenu produit sinon avec la monnaie ?
  • Comment réaliser la consommation des masses sans l’effet « vélocité » de la monnaie ? et
  • Comment réaliser le processus d’investissement de l’épargne sans la possibilité d’accumuler des stocks monétaires ?

Les précédentes déclarations doctrinales semblent donc être fallacieuses, même à un jeune adolescent !

Processus d’investissement de l’épargne

Dans le monde économique contemporain, l’épargne se manifeste principalement sous la forme d’actions monétaires et financières, souvent représentées par des soldes positifs sur des comptes courants bancaires.

Au détenteur de ces stocks de ressources se pose le problème de leur investissement, pour deux types de motivation :

  • Le premier sera de préserver le pouvoir d’achat du type monétaire érodé par le processus inflationniste ;
  • Le second, être en mesure d’augmenter la valeur initiale grâce à la collecte des bénéfices sous la forme de rendements financiers typiques.

Il est donc clair que pour l’épargnant ce problème n’est pas facile à résoudre, car tout investissement financier est caractérisé par un certain degré de risque, lié à la possibilité que l’emprunteur ne paie pas l’intérêt convenu et/ou ne rembourse pas la dette – crédit à la date limite prévue.

Pour cette raison, les investisseurs moins capables d’évaluer les investissements possibles offerts par le marché financier s’appuient sur l’achat de dépôts bancaires ou d’autres formes de collecte d’institutions (certificats et obligations), dans la conviction que dans de tels cas les risques assumés sont essentiellement nuls, sans considérer l’hypothèse pas si hypothétique que la banque pourrait se trouver dans la condition de ne pas pouvoir rembourser les dépôts.

La vérité tacite est que les banques se sont consacrées ces dernières années de manière croissante aux activités spéculatives sur les marchés en assumant des risques plus grands qu’ils ne devraient l’être et de toute façon loin de ceux perçus par le public. Celui-ci se trouve donc en mesure d’acheter des dépôts et d’autres formes de collectes bancaires caractérisés par un risque non contenu, face à des intérêts bien inférieurs au montant dû. Le lecteur doit se rappeler que le rendement financier d’un crédit-titre est associé au risque encouru par le créancier et que, par conséquent, des risques plus élevés doivent être associés à des rendements plus importants, ce qui n’est pas le cas des dépôts bancaires.

Il en résulte des dommages économiques pour le public qui utilise ses richesses financières à des conditions beaucoup plus risquées que les intérêts gagnés.

Une autre possibilité d’utiliser l’épargne est l’achat d’obligations d’État. Dans de tels cas, les risques sont associés à la capacité de l’administration publique de rembourser ponctuellement les dettes, qui démontre ainsi une réelle capacité de paiement en présence d’une gestion financière équilibrée et rationnelle du bilan.

C’est-à-dire que les dépenses engagées doivent être liées aux recettes fiscales ou autres (revenus-bénéfices des entreprises), et que l’augmentation des dettes ne devrait pas être la règle, puisqu’ elles doivent être remboursées avec des excédents de trésorerie (revenu supérieur aux sorties).

Par conséquent, une politique financière prévisionnelle devrait envisager la constitution d’excédents financiers adaptés au remboursement des dettes, et que ce n’est qu’après un remboursement partiel de celles-ci à l’échéance due qu’il serait approprié de faire apparaître un nouveau déficit de trésorerie (sorties > recettes), avec l’émission dans de tels cas de nouvelles dettes.

Mais la réalité des économies actuelles est celle d’une augmentation chronique de la dette des États pour lesquels les obligations arrivant à échéance, ainsi que le paiement des intérêts, ne peuvent être honorés que par de nouveaux emprunts, avec la preuve d’un circuit pervers d’augmentation des dettes budgétaires. La doctrine économique et les opérateurs financiers ont développé une « sagesse conventionnelle » en présentant que la situation de l’économie publique ne serait pas nécessairement en « déséquilibre » en reliant la taille de la dette totale à la croissance du produit de la nation et donc à la mesure du PIB. Selon cette approche, si le ratio déficit / PIB est constant dans le temps, la situation de solvabilité de l’État est jugée satisfaisante.

Exception faite du caractère arbitraire de cette conclusion qui n’a pas été appuyée par une analyse concrète et doctrinale crédible, le fait demeure que ces dernières années, ce rapport montre généralement une baisse constante, en raison de deux raisons :

  • L’augmentation continue des dettes de l’administration publique ; et
  • Le ralentissement de la croissance de l’économie mondiale.

Il s’ensuit donc que les émissions publiques sont généralement qualifiées de risques croissants, tandis que leurs rendements (intérêts payés) sont en baisse, comme c’est le cas dans les pays de la zone euro. Cette contradiction est donc flagrante.

Le phénomène est dû à une action insolite des Banques Centrales qui s’occupent de l’acquisition de parts importantes de titres publics, soutenant ainsi le niveau des prix et assurant des conditions de liquidité « artificielles » aux marchés et des taux d’intérêt bas.

Cette liquidité est dite artificielle, puisque, en réalité, sans cette intervention, la demande de titres en souffrirait, les opérateurs financiers étant bien conscients des conditions précaires des finances publiques.

D’autre part, cette situation assure la « solvabilité » des administrations publiques, qui est par ailleurs compromise par les difficultés liées au placement de nouvelles émissions de dette.

Le public est toutefois affecté négativement par cet état général des finances publiques, même si de manière non apparente en raison :

  • du risque réel accru des titres publics, non liés aux taux d’intérêt payés, dans une situation similaire à celle des dépôts bancaires ;
  • de l’absence de situations de « liquidité » réelle, déterminée par les actions des Banques Centrales, la négociabilité apparente des titres ne correspondant donc pas aux conditions réelles du marché.

De graves dangers surviendront lors de « l’éclatement » de la bulle générée par les achats publics de titres (liquidité artificielle).

Il reste à examiner l’achat d’obligations et d’actions en bourse par le public des épargnants.

Dans de tels cas, la référence pour l’épargnant est celle du prix et des intérêts convenus (obligations) ou des dividendes attendus (actions). Dans une analyse rationnelle, ces formes d’investissement présentent un risque lié aux conditions de solvabilité de l’émetteur et le public en général n’a pas les connaissances techniques et la formation professionnelle nécessaires pour élaborer un jugement correct.

Pour ces raisons, en général, l’épargnant s’appuie sur l’avis de la banque ou d’une autre entité financière. Si la relation n’est pas « contaminée » par la présence d’un conflit d’intérêts entre l’opérateur et l’investisseur (toujours au profit du premier), on peut certainement arriver à l’élaboration d’un jugement plus proche des conditions réelles de l’utilisation des ressources.

Mais les marchés financiers d’aujourd’hui sont caractérisés par une situation de fortes asymétries d’information, l’information étant rare, incomplète et généralement inégalement répartie.

Ce phénomène est dû à trois circonstances principales :

  • Les émetteurs des titres influencent l’information sur les caractéristiques des processus réalisés et financés avec les émissions placées sur les marchés ;
  • Les intermédiaires opérant dans le système montrent une tendance à conserver les informations reçues, dans l’espoir de pouvoir obtenir des avantages en termes de prix par rapport aux concurrents lors de la négociation des titres ;
  • La présence d’opérateurs de taille significative qui se trouvent souvent en mesure de modifier le processus correct de formation des prix pour leur propre bénéfice, en facturant des prix plus élevés sur les ventes et des prix plus bas sur les achats.

Il s’ensuit que dans ces scénarios, très fréquents sur l’ensemble de la zone planétaire, que les prix négociés et résultant des cotations officielles ne sont pas représentatifs des réalités économiques sous-jacentes, c’est-à-dire qu’ils ne coïncident pas avec la valeur réellement contenue dans les titres et sont donc des prix « non économiques ».

Des conséquences graves et indésirables en découlent pour les épargnants privés et pour les opérateurs mineurs en général :

  • La négociation des prix non économiques en général dans toutes les phases de l’investissement, celui de l’achat comme celui de la vente. Des dommages sérieux résultent de la soustraction d’une valeur indue en raison des prix plus bas ou plus élevés, non liés à la valeur réellement contenue dans le titre négocié. L’opérateur étant dans une position de domination bénéficie d’un processus de redistribution « non-évident » de la richesse de l’épargnant dans une position contractuelle de désavantage.
  • La possibilité d’altération de la tarification dont dérivent les phases « haussières » du marché, non justifiées par les tendances de l’économie réelle mais plutôt par l’action de spéculateurs en position de domination. Le résultat est la formation d’une « bulle » caractérisée par une surévaluation générale des titres (prix plus élevés que nécessaire). Au moment de l’inversion de la tendance haussière, de graves effondrements des prix surviennent avec des pertes importantes du portefeuille des investisseurs privés et des gains importants de celui des grands capitaux, manifestant également dans ce cas un processus puissant et involontaire de redistribution des richesses vers les opérateurs en position de force. C’est la raison du nom donné par les opérateurs financiers aux petits et moyens investisseurs qui accèdent à la bourse : « Parco Buoi (Parc des bœufs) ».

L’investissement de l’épargne implique l’activation d’un processus de transfert des ressources du public vers les banques ou vers les marchés (courtage).

Conclusions

La valeur découle du processus de travail de l’homme diversement combiné avec la technologie.

La monnaie comprend la valeur, absorbée pour la première fois lors de l’achat de biens et de services et ensuite lorsque le revenu est distribué aux entreprises.

Le circuit économique peut effectivement être réalisé grâce à l’utilisation de la monnaie, et davantage dans les économies modernes caractérisées par une forte division du travail et la prédominance des actifs incorporels.

La formation de l’épargne dans le secteur public provient de l’excédent des revenus perçus en matière de consommation et prend la forme, en règle générale, de la manifestation d’excédents financiers.

L’investissement de l’épargne implique l’activation d’un processus de transfert des ressources du public vers les banques ou vers les marchés (courtage).

L’inefficacité flagrante et grave des systèmes financiers modernes, en particulier en ce qui concerne la bourse, entraîne de graves préjudices pour les investisseurs mineurs et, parmi eux, des épargnants communs. Et en fait, les fortes asymétries d’information et la présence d’opérateurs en position de suprématie considérable, principalement en raison de leur taille considérable, posent les conditions d’une modification significative des prix se traduisant par la négociation pour le public de prix plus bas, en ce qui concerne le dû sur les ventes et plus élevé sur les achats. La valeur contenue dans les titres n’est donc pas correctement exprimée dans les prix. En dérive un processus inexorable et continu de redistribution des richesses vers le grand capital, avec un effet de pauvreté sur l’économie des masses, et cela dans le manque général d’intérêt et d’indifférence des autorités de surveillance.

Dans le même temps, lors de l’achat de titres publics considérés exempts de risque par l’épargnant, l’investisseur subit le même sort, les rendements très faibles ne correspondant pas aux conditions de liquidité réelles des titres, artificiellement déterminées par les actions des Banques Centrales, ni aux risques réellement assumés, car les situations de solvabilité des administrations publiques sont substantiellement précaires et artificiellement entretenues. Et donc, dans ce cas également, se détermine un transfert de richesse du public vers les États, puisque ces derniers offrent des intérêts beaucoup plus limités que ceux dus sur leurs dettes.

En ce qui concerne les dépôts bancaires, des situations identiques de désavantage existent pour les épargnants, les banques caractérisant leur gestion par une prise de risque bien au-delà du montant perçu et valorisé par les déposants, transférant à leurs dettes (dépôts) des niveaux croissants, en raison de la taille réduite du patrimoine par rapport au total des actifs (créances et titres) portés au bilan. Et par conséquent, dans ce cas également, le public subit un transfert de richesse vers les banques, en raison des intérêts payés sur leurs dépôts bien en deçà du montant dû.

Il est donc clair pour le lecteur que les contextes financiers actuels présentent de graves imperfections qui sont perçues comme de véritables « perversions » des mécanismes de répartition des richesses, avec de graves dommages aux masses et l’avantage du grand capital et ce dans l’indifférence consistante des autorités impliquées dans le contrôle et la supervision et les gouvernements.

Une profonde réforme des systèmes financiers et bancaires ne doit donc pas être reportée, pour mettre un terme à ce processus indésirable de redistribution des revenus et des richesses en général, contribuant à appauvrir les peuples des Nations déjà éprouvés par des politiques salariales inadéquates , le taux de chômage élevé et le faible niveau de développement économique.

About Author

David Yerushalmi is a long-time scholar of anthropology and models for the development of human societies. For this reason he has dedicated an important part of his research to economic science, in the awareness that the availability of resources useful for the survival of the race sets the conditions for the moral, civil and technological progress of Humanity. He currently studies and works in Israel.

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