Le bien-être n’est plus l’objectif des marchés financiers

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Nous avons tous compris qu’après la première vague de la pandémie du coronavirus, avec le blocage de la vie sociale et économique qui en découle, il y aurait des changements et des répercussions inévitables sur les scénarios habituels de la vie publique et privée :

L’idée répandue est que rien ne sera plus comme avant, avec toutefois des différences substantielles.

Un mouvement sur les marchés financiers déjà en cours est seulement accéléré par ce facteur qui a pris tout le secteur par surprise et en termes globaux, fort, drastique, dans un monde tout ” enveloppé dans un marasme “, dans la conviction profonde que la dynamique va dans la bonne direction et que les tendances ne peuvent pas s’aggraver.

Cette “illusion” des opérateurs pourrait être définie comme “le risque d’ignorer le risque“, rendu de plus en plus évident par la déconnexion des secteurs financiers de l’économie réelle, dont les principales variables ne signalent certainement pas le “beau temps” : il suffit de voir la situation politique et géopolitique, les fortes incertitudes en termes de croissance et de développement, les dettes publiques et privées à des niveaux record.

Malgré cela, en dépit du scénario mondial décourageant, la tendance des marchés tend à augmenter avec les principales valeurs cotées dans une condition de “bulle spéculative”, ce qui suggère de graves crises de prix et des effets négatifs conséquents sur l’économie réelle, pour aggraver une situation déjà difficile.

Un exemple de ces jours est la tendance des titres Kodak, qui a enregistré une augmentation des pertes, signalant un risque de faillite et en dépit de cela on peut constater une reprise des cotations due à l’aide et au financement étatiques, il en est de même pour la cotation des titres Alitalia, du tourisme, des avions, des voitures, avec une liste d’exemples qui pourrait être beaucoup plus longue : il semble que les opérateurs financiers, accros aux profits somptueux du fruit passé de la “pure spéculation”, ont complètement perdu la capacité d’observer la réalité des principes fondamentaux, s’orientant dans leurs décisions dans des conditions de totale obscurité et, en tout cas, assumant les attitudes typiques du “joueur” à la roulette.

On pourrait émettre l’hypothèse que le processus est le résultat d’un changement drastique, orchestré et administré, dans l’intention de réaliser un grand Reset d’une économie stagnante, sans reprise, dans laquelle toutes les actions de politique monétaire et économique mises en place n’ont pas eu les effets souhaités et nécessaires (exemple extrême : taux d’intérêt négatifs), avec la situation généralisée d’une augmentation des créances insoutenables et donc irrécouvrables.

Les rêves d’une économie verte ont été étouffés dans l’œuf, une utilisation exaspérée de la propagande du régime qui a exacerbé la confusion, presque au niveau du terrorisme médiatique. Rien de ce qui a été observé n’a jamais été vécu dans l’histoire récente et connue de l’humanité :  les mises en quarantaine, les fermetures totales des activités économiques, l’éloignement social, le blocage de la vie des masses. Il en a résulté un tsunami de créances irrécouvrables, une chute encore plus aiguë de la croissance économique, une très forte contraction des investissements, de la consommation, de l’emploi et de la mobilité.

Dans ce scénario, le marché financier est complètement “drogué” : la dégradation des résultats des entreprises correspond normalement à une augmentation des cotations, encouragée par l’intervention publique pour soutenir les entreprises en faillite dont les résultats ne sont pas certains ; c’est-à-dire le résultat d’une confiance excessive et irrationnelle dans l’injection d’énormes quantités de liquidités par les banques centrales, qui ne se répercutent cependant pas sur la disponibilité des entreprises ou des consommateurs.

Les opérateurs financiers se transforment en “chevaliers blancs“, achetant les valeurs des entreprises soutenues par les États et alimentant un commerce qui a pour véritable objectif d’amplifier les volumes pour les effets espérés sur la hausse des prix, et qui sont donc le résultat d’un “bluff” claironnant représentant un “mensonge” sur la situation réelle de l’économie.

On observe d’importantes positions longues sur l’or, l’argent, les métaux précieux en général, les titres et les obligations, principalement en monnaie européenne (après l’accord sur le fonds de relance qui a représenté une Union européenne plus déterminée), et d’importantes positions courtes sur le dollar américain, avec les marchés émergents en “jeu”, mis de côté, étant donné les possibilités réduites, la moindre transparence, les risques accrus (voir Argentine, Turquie, et autres).

La frappe élevée de la monnaie, au seul avantage des opérateurs financiers, et les taux négatifs au niveau mondial ont en effet généré une dévaluation des actifs monétaires (espèces) ; depuis le soutien indirect à l’achat de biens (réels) d’hébergement tels que l’or, les métaux précieux, la terre, l’immobilier, également encouragée par la crainte (plus que légitime) d’un effondrement des bourses.

La situation générale reste confuse avec un maximum d’incertitude sur le contenu des nouvelles politiques économiques et monétaires qui seront mises en place pour contrer la forte récession économique au niveau mondial. Actuellement, le cadre politique mondial semble déstabilisé, en raison des fortes tensions sociales qui se manifestent et qui ne manqueront pas de s’aggraver dans un scénario à court terme ; les politiques budgétaires des États seront affectées par l’effondrement des recettes fiscales et cela sera à la base d’une concurrence accentuée entre les forces politiques opposées, ajoutant le chaos à la confusion déjà existante.

Totalement incontrôlables, les flux migratoires prennent l’apparence d'”exodes bibliques” qui ne sont nullement liés à la nécessité pour les économies plus développées de trouver une main-d’œuvre bon marché, et qui provoqueront de nouvelles tensions sociales et des fractures encore plus fortes entre le “public et le privé”, c’est-à-dire dans la relation entre le citoyen et les institutions.

Une chose est sûre : rien ne sera plus comme avant, mais profondément changé.

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Financial Sector Expert, he has worked in some of the leading Swiss banks in the treasury, metals and derivatives sectors. Expert in professional management of savings on a personalized basis and financial fiduciary, in accordance with Swiss law, he has collaborated with the Universities of Bari and Pescara and is currently working as a global financial analyst. He lives and works in Lugano.

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