Les Forces qui s’opposent à l’existence harmonieuse de la société humaine

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Observant la société moderne avec un minimum de détachement intérieur, on s’étonne du désordre et du non-sens qui sévissent dans tous les contextes.

Certes on peut le caractériser ainsi puisqu’il s’agit en fait de l’absence d’une saine attitude mentale qui dirige les actions des individus !

C’est donc dans les relations familiales, cellule de base de la société, affligée par toutes sortes de maux, qu’elle tire essentiellement son origine de l’incapacité à comprendre l’autre, les prérogatives, les aspirations et les sensibilités entièrement personnelles et uniques, les finalités de la vie qui diffèrent nécessairement de celles des autres individus, en raison de contextes intérieurs totalement différents et exprimés sous forme de caractères et de personnalités sans équivalent.

Les parents manquent souvent à leurs responsabilités naturelles liées au devoir d’éduquer et de soutenir leurs enfants lors du développement de leurs talents potentiels et de la réussite d’un projet de vie unique et personnel. La tentative de transmettre leurs aspirations déçues à leurs enfants est quasiment jamais réussie, car ils oublient que leur vie ne leur appartient mais bien de l’entité manifeste en cet individu.

Un philosophe, artiste et érudit du siècle dernier a déclaré que « … vos enfants… passent par vous mais pas de vous… ne vous appartiennent pas… vous pouvez donner refuge à leur corps mais pas à leur âme… (qui) vivent dans la maison de demain, que vous ne pouvez pas visiter même en rêve. (Gibran Khalil, Le Prophète).

En plus des déceptions dont souffrent déjà les jeunes dans la norme dans l’ambiance familiale, ils sont confrontés à l’expérience scolaire. La condition existentielle devient donc encore plus difficile, parce que les systèmes scolaires et éducatifs modernes manquent des conditions de base pour une formation saine et équilibrée des jeunes. Cette formation totalement déséquilibrée vers la pseudo connaissance mnémonique, est le plus souvent le résultat de la propagande du régime actuel et du contexte politique et culturel de référence, avec de plus le manque important de préparation et l’incapacité pédagogique souvent trouvés chez les « professeurs ».

Rien n’est dit et enseigné sur la nécessité de savoir se rapporter avec tolérance envers autrui, ou de concevoir le bien commun comme le sien, ainsi que le respect des prérogatives d’autrui comme fondement de sa propre existence et source de réel succès personnel.

Il en résulte que les attitudes dominantes à l’égard du prochain prévalent chaque fois que l’occasion “propice” se présente.

Le reste est une conséquence naturelle des lacunes en matière d’éducation dans le milieu familial et scolaire.

Ce n’est certainement pas dans la société de consommation que le jeune peut concevoir une solution équilibrée à ses problèmes existentiels, si ce n’est souvent par le mécanisme de l’illusion, auquel il recourt oubliant ses besoins réels qui proviennent principalement d’une dimension intérieure de son existence.

Le remède à l’insatisfaction latente est donc l’activation d’une véritable activité de réflexion et d’analyse introspective, c.-à.-d la capacité de se prévaloir d’une prérogative particulièrement humaine : la pensée abstraite.

Nous pensons aujourd’hui être des individus intelligents, mais la vérité est que l’esprit est dans la norme exclusivement orienté vers la satisfaction des besoins matériels de l’existence, souvent même incorrectement définis parce que les individus sont souvent lancés dans une poursuite obsessionnelle de possession, sans rapport réel avec des attitudes de rationalité économique et les besoins réels de notre identité (voir Galbraith J. K.).

« …Votre âme est souvent un champ de bataille sur lequel la raison et le jugement se heurtent aux passions et aux appétits », et encore «… (il est nécessaire) d’être un artisan de paix dans votre âme, et de transformer la discorde et la rivalité de vos éléments en une seule harmonie ». (Gibran Khalil, Le Prophète).

Raison et jugement, deux mots qui sont fondamentalement incompréhensibles pour la plupart des gens.

Qu’entendez-vous par raison et par jugement ?

La raison hégélienne, celle qui impose à la pensée le détachement de l’immanent, du contingent, de l’attraction vers le plaisir, de la simple matérialité ; l’attitude prédominante étant au contraire le fruit d’un oubli de l’esprit abstrait et de l’illusion d’être un « corps » sans aucune qualité de transcendance, d’immatériel (métaphysique) jusqu’à concevoir dans un acte suprême de démence le pouvoir de la pensée comme conséquence d’un simple processus de « réaction chimique ».

C’est jusqu’où arrive l’inconscience humaine !

Que faire dans une situation aussi dégénérée et contre nature ?

Il est nécessaire de commencer par une éducation adéquate des jeunes, dans les familles et les écoles, pour effectuer une réorganisation de la structure de la société moderne, en excluant de la vie collective les activités humaines qui sont une dégénérescence de la réalité par rapport à l’ordre naturel des choses.

  • La consommation aveugle d’alcool et de tabac, ainsi que de drogues de toutes sortes ;
  • le recours fréquent et souvent injustifié à l’usage de drogues de synthèse ;
  • la publicité trompeuse et mensongère ;
  • l’exaltation de l’individualisme sous tous ses aspects ;
  • la vogue de la compétitivité qui s’oppose brutalement à la solidarité, véritable prérogative de l’homme vis-à-vis des animaux sauvages ;
  • l’oppression du différent et le rejet du jugement autonome face au conformisme rampant (voir Fusaro D.) ; l’élargissement des domaines de “non-responsabilité” dans les relations sociales ;
  • le “relativisme” rampant.

Tout cela peut et doit être corrigé par l’action et l’autorité éclairées d’un État

  • qui est véritablement éthique,
  • qui aime ses citoyens et
  • qui fonctionne en jouant le rôle du bon « père de famille » corrigeant et dirigeant différemment les excès de ses citoyens et leurs attitudes clairement en contraste avec le bien collectif (donc avec le leur) et avec les règles de la bonne coexistence sociale.

Mais l’État moderne n’a pas pour objectif le bien-être du peuple, mais seulement celui de la classe dirigeante. La poursuite des intérêts de quelques-uns fait donc des ravages dans les sociétés modernes.

Par conséquent, l’imperfection naturelle de l’homme, au lieu d’être corrigée par un système public et privé correctement orienté, est exaltée par l’intérêt des dominateurs qui en raison du désordre dans la vie des masses rend plus facile leur domination.

Ainsi en est-il de la classe politique corrompue et soumise ou de la classe technocrate et bureaucratique, de plus en plus parasitaire et en opposition aux intérêts des nations.

À cet état de choses pervers, concernant l’expérience publique et privée des individus, s’ajoute une oppression économique fondée sur un taux de chômage généralisé et chronique et des politiques de bas salaires, avec d’effroyables inégalités dans la répartition des richesses (voir Piketty T.), sans que l’État-nation ne s’occupe en aucune façon des problèmes liés à la distribution équitable des ressources produites.

La doctrine économique et sociale prédominante est également esclave des dirigeants, répandant de fausses doctrines telles que :

  • celle du libéralisme, qui exclut toute intervention de l’État dans les affaires économiques du pays, ou
  • celui du soi-disant darwinisme social, selon lequel dans la société humaine il y a la loi de la compétition qui fait des méritants et des meilleurs les gagnants.

Mensonges !!! Car à y regarder de plus près, les gagnants sont

  • ceux qui sont les plus violents et habitués au non-respect de la loi naturelle, ou
  • ceux qui ont un avantage par chance.

En vérité, la situation des peuples est guidée depuis plusieurs millénaires par une force planétaire qui aime l’exercice du pouvoir sur la matière et sur le monde, commettant à cette fin toute action contraire à la restauration de l’équilibre et de l’harmonie dans tout contexte social, dans la vie publique et privée des hommes.

Ces actions ont deux objectifs principaux.

  • L’oppression de la vérité et la diffusion du mensonge ;
  • La répartition inégale des richesses en vue de la pauvreté des masses.

Le but ultime de ces objectifs, pour ainsi dire intermédiaires, est de maintenir l’homme dans la « caverne obscure du péché », selon une affirmation contenue dans toute religion monothéiste majeure, c’est-à-dire de mettre l’humanité dans une condition d’absence de « lumière », sachant que celle-ci ne peut dériver que de l’utilisation de l’esprit abstrait, d’étude et de réflexion.

Mais les peuples étant opprimés depuis des milliers d’années dans des conditions de vie économique inférieures à la subsistance, d’où une tension quotidienne continue à « joindre les deux bouts » et à assurer une quantité de nourriture et d’autres produits de première nécessité, pour eux-mêmes et leurs enfants.

Il est clair que dans de telles conditions répandues dans tous les contextes planétaires, l’homme n’a aucune possibilité de réflexion, d’étude, de méditation et de compréhension de la transcendance, puisqu’il n’y a aucune énergie disponible pour activer le mental abstrait.

Il est donc un prisonnier irrévocable du contingent.

La situation d’oppression et d’absence de liberté réelle est accentuée par la dissimulation systématique de la vérité, qui ternit les ailes de la connaissance et de la pensée orientées vers une véritable compréhension de la vie quotidienne (quelqu’un a dit « …la vérité vous rendra libres… »).

La désinformation et la diffusion du mensonge sont donc deux ingrédients toxiques et contraires aux aspirations de la liberté des peuples car,

  • d’une part, il n’existe pas de source appropriée de données, de renseignements et d’informations véridiques qui servent de base à la formation d’un jugement conforme à la réalité ;
  • d’autre part, la dissimulation de la vérité fausse la recherche de la vérité et une véritable orientation spirituelle et intérieure.

Apparaît donc le relativisme tant vanté, selon lequel tout est rendu possible tant que cela coïncide avec l’intérêt des puissants et dans quelques de certains individus. Un véritable poison pour l’existence humaine.

Cette condition de l’humanité actuelle est donc fortement et efficacement opposée à la prévalence de la raison et du jugement.

Y a-t-il un espoir de rédemption ?

C’est ce que nous pensons.

Dans chaque nation, race et ethnie, nombreux sont ceux qui ont saisi ces vérités liées au système du pouvoir et qui s’abstiennent d’alimenter leurs pensées par les canaux d’information officiels, s’appuyant sur des sources plus authentiques déjà largement disponibles aujourd’hui dans chaque bibliothèque et sur les circuits web.

Il faut apprendre à « penser autrement » (Fusaro D.), à analyser le scénario qui se présente à nous d’une manière différente de celle que la mentalité conventionnelle veut nous imposer et nous représenter.

Ainsi, en nourrissant notre esprit de “lumière”, nous pouvons saisir les contours de la vérité cachée et former des jugements correctement orientés.

Par conséquent, l’aspect essentiel pour faire face à la situation actuelle d’oppression est le développement d’une attitude mentale qui va au-delà du contingent, à la recherche de modèles interprétatifs différents de ceux fournis par la propagande du régime.

C’est la prémisse essentielle pour arriver à un discernement selon la « raison hégélienne » et le « jugement » de la matrice « gibranienne » (Gibran Khalil).

About Author

graduated from Harvard University in literature and philosophy of art. Professor of Moral Philosophy at the University of New Delhi, he studies and researches the most current themes of literature and modern art, highlighting its content and its links with the inner and outer life of humanity today.

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